jeudi 31 mai 2012
Avis de dispersion
La dernière fois que j'ai essayé de faire état de la situation, j'ai renoncé, faute de temps.
C'était le sinistre mercredi 23 mai...
"Les avis de dispersion, c'est une nouveauté ce soir, sont accompagnés de souricières à quatre murs de policiers. Près de 700 arrestations. La plus grosse arrestation de masse de l'histoire du Canada. Condition de détention: les prisonniers sont tigh-wrapés pour 6 heures dans des autobus de la ville, sans eau et sans le droit de pisser. Un cardiaque a été laissé sur le carreau sans ses médicaments..."
Pessimiste et moumoune comme je suis, j'étais certain que j'avais assisté à ma dernière manif ce lundi soir en allant jusque devant la demeure du premier ministre Jean Charest.
Mais c'était sans compter sur le peuple québécois qui, dès le lendemain, s'est levé comme un seul homme pour manifester à partir de 20 heures en tapant sur des casseroles, au quatre coins de la province. Les policiers de Montréal ont choisi de baisser la garde complêtement depuis ce temps, se contentant d'empêcher les intrusions des manifs sur les voix rapides et sur le segment de Saint Denis ou sont situés les bars. On touche du bois.
Vendredi, j'ai été joué au hockey sur glace pour la première fois depuis le mois de novembre. Je viens de me remettre d'un genoux amoché en allant faire ma physio dans les marches avec les étudiants, il faut croire. En revenant de ma partie vers vingt heures, je me suis arrété coin Beaubien et St Denis. J'ai assisté à une séance de casseroles. Une centaine de personnes qui marchaient au quatre coins en traversant gentiment au feu vert. Puis une grosse marche qui arrivait de l'est a emporté le flot sur Saint-Denis en direction sud. J'ai croisé Pierre Yves et Julie Jeanne qui tapaient joyeusement sur leur casserole. J'ai marché un coin de rue avec eux et suis retourné à mes devoirs familiaux juste avant que ne tombe une pluie diluvienne. Moumoune je vous dis.
Samedi, en après-midi, j'ai travaillé sur des tracks de voix pour le projet d'Éric McComber et Laure Kalangel. Il s'agit d'un vidéo sur le printemps québécois accompagné d'une traduction faite par Éric d'une chanson célèbre associée aux grèves minières: choisis ton côté. J'ai bien hâte de voir et d'entendre la version finale.
Le soir, mes enfants n'ont pas voulu me suivre aux casseroles, préférant vaquer à leurs activités sociales. J'ai donc rejoint, seul, mon copain Charles, sa femme, son fils et leur voisin du dessus, coin Bordeaux et de Lorimier. Avec les casseroles, on a suivi St Joseph vers l'ouest pour se détourner vers Laurier par Papineau. Au coin de Fabre, y'avait une belle collection de casseroles rassemblant plusieurs dizaines\centaines de manifestants. Le groupe n'a pas pris beaucoup de temps pour se mettre en marche vers l'ouest, et, grossissant rapidement, il s'est gonflé à pas loin du millier quand il est arrivé à Saint-Denis. On a marché un petit bout jusqu'à Despins puis, la copine de Charles s'étant poussée parce qu'elle ne se sentait pas bien, on a finit par retourner à la maison plus vite que prévu. On a discuté un peu sur la terrasse en buvant de l'eau. C'était une belle soirée d'été chaude. Curieux, on allait voir de temps en temps sur Tweeter ou se trouvait l'une des différentes manifestations. La plus grosse, partie du parc Émilie Gamelin, passant sur Mont Royal, on est allé les encourager avec nos casseroles. Puis je suis rentré.
Dimanche, je travaillais en après-midi. Le soir, j'avais décidé de rester chez moi. Mais devant les images de la télé et de CUTV vers 21 heures, la bougeotte m'a pris. Mon fils est venu avec moi pour faire le dodo buissonnier. On est tombé sur un mini restant de manif venu de Rosemont sur Ontario près de St Denis. Puis on a réussit à attraper vers 11 heures, la grosse manif qui arrivait de l'ouest sur René Lévesque à la hauteur de Bleury. On a marché en remontant vers Sainte Catherine et traversé le village Gai.
Cette semaine, j'avais une répète lundi soir et un spectacle de chansons originales mardi. Beaucoup de choses à mettre en place pour un mois de juin professionnellement extrêmement corsé jusqu'au premier juillet.
Aujourd'hui, en cette date fatidique du jeudi 31 mai, le gouvernement a rompu les pourpalers qui venaient de recommencer depuis lundi avec les associations étudiantes. Il continue de jouer sa stratégie de division électoraliste. À la table des négos, les assos, en voulant respecter le cadre budgétaire du gouvernement, ont trouvé l'astuce de transférer les montants des droits de scolarité vers les crédits d'impôts accordés aux étudiants pour les deux premières années, le temps d'une élection ou d'un sommet sur l'éducation, Mais comme les néo-libéraux radicaux doivent absolument implanter leur principe d'utilisateur-payeur à l'université au plus vite, il n'était pas acceptable électoralement pour eux de seulement considérer sans mépris, ce qui a des allures d'un moratoire, même si la proposition étudiante s'effectuait à coup nul.
Les représentants des assos étudiantes étaient encore une fois extrêmement éloquants et dépités.
La crise se corse gravement.
Les manifs de casseroles avaient légérement décliné en milieu de semaine avec les pluies torrentielles records qui se sont abbatues sur la ville. Ce soir elles ont repris de plus belles (les manifs, pas les pluies) Il étaient à nouveau des dizaines de milliers à défier la loi. Heureusement, les policiers sont restés paisibles,.
Côté international, mine de rien, on se dirige vers une invasion de la Syrie. Il ne restera bientôt plus que le Liban en travers du chemin vers l'Iran.
Toujours sur le plan international, outre les manifs de soutien envers les étudiants québécois qui grossissent au Canada, aux États-Unis et en Europe, le groupe Anonymus, ce collectif décentralisé de hackers (mais qui porte parfois la marque des services d'intelligences...) a fait de gros coups cette semaine. Il a paralysé le site du gouvernement Libéral, du ministère de la sécurité publique et de l'éducation. Il a rendu public les infos personnelles de 150 acheteurs de billets du Grand-Prix de formule 1... activité qui se tient la semaine prochaine et qui risque de provoquer un nouveau paroxysme de tension sociale pour ne pas dire de brutalité policière.
Mon action préférée: le groupe a publié, sur youtube, le montage vidéo complet des célébrations entourant l'anniversaire de Jacqueline Desmarais, la femme de l'oncle Paul qui ont eu lieu dans leur magnifique domaine de Sagard.
http://www.youtube.com/watch?v=6cZeJWemM8Y
Sur cette vidéo, on y voit un déluge de personnalités, toutes plus sympathiques les unes que les autres, se donner l'accolade: Brian Mulroney, Jean Chrétien, Lucien Bouchard, Jean Charest et nul autre que le nazi d'entre les nazis: Georges Bush père.
Un festin aux allure d'orgies décadentes du X1Xème siècle dans le décor féérique de domaine Sagard dans Charlevoix. Un spectacle lyrique avec un big-band de la mort et des pointures en musique classique comme Yannick Nézet Séguin ou Marc Hervieux. Des numéros avec des chanteurs lyriques retraçant avec humour et bonhommie les bons coups du couple impérial.
Parmi mes moments préférés: le choix de Satisfaction des Rolling Stones (chanter par des voix classiques, ouille) pour présenter la fondation du fleuron de Paul Desmarais, la compagnie Power Corporation. Les tounes de Plamondon remaniés pour l'occasion en présence du célébrissime auteur sacrilège de l'opérette Notre-Dame de Paris. Et la cerise sur le sundae: Robert Charlebois qui joue une toune au piano pour Jackie à l'heure du brunch du dimanche matin et qui se trémousse sur Celebration en habit blanc et collier hawaïen.
Décidément, il ne manquait que Jean-Pierre Ferland.
Ubuesque.
C'est le Québec en ce printemps 2012.
lundi 28 mai 2012
mardi 22 mai 2012
Manif du 22 mai et centième jour de grève: No pasaran
Et pourtant...
À ma dernière manif du vendredi soir à Montréal, comme j'ai déjà raconté, j'ai été pris en souricière avec une grosse gagne de monde sur Peel. Poivre de cayenne et bombe assourdissante. Cocktail molotov et la frousse de ma vie. Je suis un néophyte en la matière. J'ai assisté à un tir de fusil à balle de caoutchouc à quelques mètres de moi. Je suis parti pour la campagne samedi. J'ai assisté en direct à CUTV le samedi soir à la manif qui a viré en chaos et à celle du dimanche ou la SQ a commencé à intervenir plus massivement. Utilisation des chevaux et des motos. Arrestations massives. Blessé grave. L'équipe de CUTV s'est fait attaquer par la SQ à plusieurs reprise. Le technicien était rendu seul à la fin avec la caméra. Puis la caméra s'est coupée, pour le reste de la soirée.
Lundi soir, à peine revenu de la campagne , je suis allé rejoindre mon copain Charles à la hauteur de Peel. La manif avait été survoltée mais sans casse. Il était 23h et on est monté jusqu'à la maison de Charest. Ce soir-là, pas de policiers, pas de black bloc, pas de violence. Un estie d'Anglo de Westmount, quasiment en bobette, est venu nous faire des fuck-you du haut de son terre-plein. Une autre, ulcérée que l'on se soit emparé de son boyau d'arrosage, est venu arraché le dit boyau des mains de manifestants assoiffés. On est un peuple tellement habitué à endurer l'humiliation, qu'on a laissé faire, comme d'habitude car notre seule arme depuis toujours, contre cette racaille d'anglo de Westmount, c'est la solidarité, pacifique ou non.
Néenmoins, je suis rentré chez moi très inquiet de voir ce retrait soudain des forces policières.
Aujourd'hui vers 14h, nous étions entre 200 et 400 milles regroupés autour de la place des Arts. Quelques dizaines de milliers nous a dit RDI, entre deux reportages sur la venue du Prince Charles à Ottawa et les élections en Égypte. Quelques speechs enterrés par une immense clameur ont été adressés dans de minuscules haut-parleurs de gymnase. La manif est parti dans trois directions. La FEUQ et la FECQ ont pris vers l'est je crois et les syndicats, aussi. Nous avons suivi la principale manif, leadée par la CLASSE, qui est partie par Bleury vers le Nord jusqu'à Sherbrooke vers l'ouest, puis viré au sud à Peel pour revenir vers l'Est par René-Lévesque. Là nous avons croisé une petite manif d'une poignée de hard-cores habillés en rouge et noir avec un bon contingent de Black Bloc. Ceux-ci venaient d'avoir mené du grabuge dans le quartier des affaires. Ensuite de Berri, on a remonté au nord jusqu'à Cherrier pour se rendre au Parc Lafontaine. Tous s'étaient donc entendus pour ne pas respecter l'itinéraire envoyé aux policiers (sauf les syndicats peut-être) afin de prouver, par la dérision, l'absurdité de l'infâme loi 78. C'était donc le joyeux bordel qui n'a résulté en fait de casse qu'en deux ou trois fenêtres de tour à bureau fracassées. Information relayée prestement par nos braves journalistes des réseaux objectifs. J'étais avec mes deux ados. Et je me disais, d'après-moi, c'est ma dernière.
À ma dernière manif du vendredi soir à Montréal, comme j'ai déjà raconté, j'ai été pris en souricière avec une grosse gagne de monde sur Peel. Poivre de cayenne et bombe assourdissante. Cocktail molotov et la frousse de ma vie. Je suis un néophyte en la matière. J'ai assisté à un tir de fusil à balle de caoutchouc à quelques mètres de moi. Je suis parti pour la campagne samedi. J'ai assisté en direct à CUTV le samedi soir à la manif qui a viré en chaos et à celle du dimanche ou la SQ a commencé à intervenir plus massivement. Utilisation des chevaux et des motos. Arrestations massives. Blessé grave. L'équipe de CUTV s'est fait attaquer par la SQ à plusieurs reprise. Le technicien était rendu seul à la fin avec la caméra. Puis la caméra s'est coupée, pour le reste de la soirée.
Lundi soir, à peine revenu de la campagne , je suis allé rejoindre mon copain Charles à la hauteur de Peel. La manif avait été survoltée mais sans casse. Il était 23h et on est monté jusqu'à la maison de Charest. Ce soir-là, pas de policiers, pas de black bloc, pas de violence. Un estie d'Anglo de Westmount, quasiment en bobette, est venu nous faire des fuck-you du haut de son terre-plein. Une autre, ulcérée que l'on se soit emparé de son boyau d'arrosage, est venu arraché le dit boyau des mains de manifestants assoiffés. On est un peuple tellement habitué à endurer l'humiliation, qu'on a laissé faire, comme d'habitude car notre seule arme depuis toujours, contre cette racaille d'anglo de Westmount, c'est la solidarité, pacifique ou non.
Néenmoins, je suis rentré chez moi très inquiet de voir ce retrait soudain des forces policières.
Aujourd'hui vers 14h, nous étions entre 200 et 400 milles regroupés autour de la place des Arts. Quelques dizaines de milliers nous a dit RDI, entre deux reportages sur la venue du Prince Charles à Ottawa et les élections en Égypte. Quelques speechs enterrés par une immense clameur ont été adressés dans de minuscules haut-parleurs de gymnase. La manif est parti dans trois directions. La FEUQ et la FECQ ont pris vers l'est je crois et les syndicats, aussi. Nous avons suivi la principale manif, leadée par la CLASSE, qui est partie par Bleury vers le Nord jusqu'à Sherbrooke vers l'ouest, puis viré au sud à Peel pour revenir vers l'Est par René-Lévesque. Là nous avons croisé une petite manif d'une poignée de hard-cores habillés en rouge et noir avec un bon contingent de Black Bloc. Ceux-ci venaient d'avoir mené du grabuge dans le quartier des affaires. Ensuite de Berri, on a remonté au nord jusqu'à Cherrier pour se rendre au Parc Lafontaine. Tous s'étaient donc entendus pour ne pas respecter l'itinéraire envoyé aux policiers (sauf les syndicats peut-être) afin de prouver, par la dérision, l'absurdité de l'infâme loi 78. C'était donc le joyeux bordel qui n'a résulté en fait de casse qu'en deux ou trois fenêtres de tour à bureau fracassées. Information relayée prestement par nos braves journalistes des réseaux objectifs. J'étais avec mes deux ados. Et je me disais, d'après-moi, c'est ma dernière.
On est rentré fourbu pour souper.
Vers 8h, dans les quartiers résidentiels (principalement du centre) de Montréal, les gens ont sortis leur casseroles et fait un tintamarre du diable. Comme les chiliens sous Pinochet. Mais d'après des témoignages sur CUTV, certains manifestants à casseroles ont été "interpellé" par de policiers puis sommé de circuler.
Ce soir, une fois qu'il ne reste plus que les plus irréductibles, la police anti-émeute fait le grand ménage. Ils ont commencé dans l'ouest. Là c'est l'affrontement près de l'Uqam . CUTV est revenu enfin en ligne...Ce soir, la stratégie est différente. La SQ garde la ligne dans la rue et le SPVM fait les arrestations. Musclées il va sans dire.
***************************
J'entends beaucoup de commentaires de gens qui doutent fortement que Charest n'appelle l'armée.
Moi, je crois que le plan Nord et le gaz de shiste sont des dossiers prioritaires bien plus importants que les frais de scolarité. Et que rien ne les fera reculer. Les sociaux-démocrates ont-ils regardé la nuit de l'adoption du projet de loi?
lundi 21 mai 2012
MANIFESTATION JUSQU'AU 1ER JUILLET 2013
18 mai, à 01:30 – 1 juillet, à 23:55
8 HEURES après l'adoption de la loi spéciale par Québec, Une manifestation partira du Parc Émilie-Gamelin pour emprunter l'ensemble des rues, routes, chemins, rangs, boulevards, avenues, autoroutes de la province de Québec dans un ordre alphabético-géographique (c'est-à-dire rue par rue en ordre alphabétique, point cardinal par point cardinal (nord, puis est, puis sud, puis ouest, dans la mesure du possible) en respectant les contraintes géographiques, spatiales et urbanistiques des lieux.
LA PRÉSENTE MANIFESTATION RESPECTERA LA LOI 78 ET LES ORGANISATEURS ET ORGANISATRICES INCITENT TOUTE PERSONNE VOULANT PARTICIPER À CETTE MANIFESTATION À RESPECTER L'ENSEMBLE DES DISPOSITIONS PRÉVUES PAR LA LOI 78. VOICI LES INFORMATIONS RELATIVES À LA MANIFESTATION, QUE LES ORGANISATEURS ET ORGANISATRICES SONT EXIGÉS DE FOURNIR ET DE FAIRE RESPECTER: Le trajet: http:// C'est-à-dire l'ensemble du réseau routier québécois. Le lieu de départ: Parc Émilie-Gamelin, coin nord-est (pour respecter les 50 mètres de l'UQAM) La durée de la manifestation: du 18 mai 2012 à 20h30 au 1er juillet 2013 à 23h59. Les moyens de transport utilisé lors de cette manifestation seront les suivants: à pied, à vélo, en voiture, en autobus, en métro, à cheval, en poney, en bateau, en avion, en train, en hélicoptère, en hydroglisseur, tout autre véhicule motorisé, tout autre moyen de transport non-motorisé, tout véhicule qui n'existe pas encore, mais qui pourrait être inventé et commercialisé (ou non) d'ici juillet 2013. La présente sera adressée à tous les corps de police desservant un territoire touché par la manifestation dans la province de Québec. |
dimanche 20 mai 2012
Loi de la matraque: génocide culturel
C'est pas étonnant de constater que le fascisme s'attaque en général invariablement d'abord aux lieux de savoir. Car en travestissant le sens des mots, c'est ainsi qu'on travesti la réalité. Chossudovky utilise souvent l'expression "the world is turned upside-down"
Un exemple ici dans cet article de Stéphane Aubin, de la pravda de Montréal:
The worls is turned upside down. Le décervelage complet du lectorat du journal de Montréal est à son point de non-retour.
Un exemple ici dans cet article de Stéphane Aubin, de la pravda de Montréal:
Mais, la gauche bon genre qui décrie cette « loi-matraque qui brime un droit fondamental » ne disait rien quand des fasci d’étudiants masqués bloquaient les cégeps et vidaient les facultés. Ni contre les casseurs qui mettaient de l’ambiance certains soirs.
Aubin nous explique que les casseurs dans les manifs étudiantes sont des fasci. (faisceaux italiens de combat) Supposons que les casseurs du black bloc dans les manifs sont des provocateurs de la police, on ne pourraient pas les identifier comme tel publiquement et donc ils ne jouiraient pas de l'effet désiré de se présenter en justicier des petites gens contre l'extrême-gauche, en garant de l'ordre plus efficace que les forces de l'ordre conventionnel. Supposons qu'ils sont réellement des anarchistes d'extrême-gauche sans aucun commandement centralisé, comment peut-on les qualifier de fasci? Mais en plus, il nous spécifie que ce sont des étudianst masqués qui bloquaient les portes des CÉGEPS et vidaient les facultés....Dans le cas du blocage de portes et de vidage de cours, à 99%, ce sont des étudiants qui se connaissent entre eux. Les "masques" sont à 99% des foulards pour se protéger du poivre de cayenne ou des lacrymos.
The worls is turned upside down. Le décervelage complet du lectorat du journal de Montréal est à son point de non-retour.
Loi spéciale: c 'est parti mon kiki
J'ai participé à ma première manifestation en soutien aux étudiants québécois, le lundi du 6 mai. La veille, la "gentille" ministre Beauchamp s'était empressée de dénigrer la pseudo-entente à peine signée avec les étudiants. Depuis, j'ai participé à trois autres manifs. C'est mieux que rien comme on dit. La première, le dimanche soir suivant, le 13, fut la plus petite des vingt-cinq nocturnes. J'avais pris le risque d'emmener mes ados car j'avais le feeling qu'on était dans le creux de la vague et qu'il ne se passerait pas grand chose mais que notre modeste présence allait encourager les troupes. J'étais avec mon copain Charles et son fils. Nous n'étions donc que deux cent cinquante au maximum.
Le mercredi suivant le 16, nous étions dans les dix milles personnes. Les douch bags de crescent ont fait des fuck you aux manifestant, ce qui a permis au SPVM de faire une souricière pour casser la manif en deux comme ils font à tout bout de champs. Il faut dire que cette sorte d'anglos, très peu pour eux ces histoires de modèle québécois à défendre. Le droit d'association est un concept inexistant sauf celui de corps policier.
Devant le Holiday Inn, coin René Lévesque, dans cette vidéo à partir de 6 minutes, on voit les policiers qui font une arrestation mais qui finissent par fuir devant les manifestants:
http://www.youtube.com/watch?v=SuQgVdrC_V0
Je me trouve à quelques mètres de là, exactement de l'autre côté de la rue. Un jeune à foulard noir se fait shooter à balle de plastique et passe à deux pouces de moi en ce tenant le ventre À ce moment étrangement, je suis tout à fait calme. Et je ne suis pas de ceux qui poursuivent la police.
Un petit bout de la même scène dans la presse, à une minute:
http://www.lapresse.ca/actualites/dossiers/conflit-etudiant/201205/18/01-4526839-manif-nocturne-10-000-personnes-denoncent-la-loi-speciale.php
Pout ce qui est de la loi spéciale, à radio-canada, on demande du bout des lèvres si l'on est pas aller trop loin. Un blooper circule sur le net où l'on voit l'intervieweuse Anne-Marie Dussaut qui, après s'être fait répondre par le ministre de Finances Raymond Bachand, "ça me fait plaisir d'abuser avec vous" part dans un fou rire hystérique de nervosité extrême.
Ce soir, je regarde le tout sur CUTV.
Vous me direz que c'est une petite émeute comme on en voit souvent dans les banlieux de Paris. Mais il faut remarquer qu'elle arrive au bout de cent jours de grèves étudiantes, dont 25 marche nocturnes consécutives, cette gentillette loi matraque qui tombe sur la gueule des manifestants québécois. D'après des témoins, sur cette scène, les pompiers sont parti supposément parcequ'ils auraient reçu des projectiles. Hors la camera-live de CUTV prouve le contraire. On se demande aussi si les policiers ont des subtances pour amplifier les feux.
Je sais pas si ils vont en parler demain matin à RDI santé.
Ensuite ils ont poivré les clients de la terrasse du Star Buck et shooté aléatoirement à la balle de cahoutchouc à l'intérieur. Quand on a demandé de quitter les lieux, il n'ya avait aucune issue: Devant les bleus de la SPVM et derrière les verts de la SQ fraichement invité à Montréal pour la première fois.
Pris en souricière. Conseil d'un manifestant: Parler moins. Agir plus.
Richard Martineau, lui, il se dit content de savoir qu'il va bientôt rentrer chez lui en sécurité même si il admet (un peu) que la loi est une attaque dangereuse pour les libertés fondementales.
On s'est fait assommer pendant des semaines sur le printemps arabe live sur Al Jazzera 24 heures sur 24. Ici, à part CUTV la station de l'université de concordia sur le net, le réseaux ont tout lessivée. C'est bien pour prouver à quel point ce printemps arabe en Égypte était totalement monitoré dans les grands médias par la CIA pour boutter Moubarak. Ici, au contraire le footage est passé au tamis et les grands médias ne changent pas leur programmation habituelle.
Il faut dire que les québécois comme le chanteur Jean-Pierre Ferland sont bin tannés. Ils ont hâte que tout rentre dans l'ordre avant le grand prix de Montréal, la St Jean Baptiste, les Francofolies et le festival de Jazz. J'ai bien hâte de voir qu'est-ce qu'il va bien pouvoir trouver à dire d'intéressant Ferland, à la fête nationale. Surtout qu'il va partager la scène avec Ariane Moffat et sa chanson: loi spéciale. Encore faudra-t-il voir si on permettra à la chanteuse de chanter sa chanson et porter le carré rouge. Quand à Ferland, je trouve que tant qu'à s'inquiéter de notre image de marque à Toronto, il pourrait peut-être interpréter In the flesh de Pink Floyd avec le même costume de nazi que porte Bob Geldof dans le film.
En tout cas, peu importe comment finira sa carrière politique, Jean Charest, le mini-dictateur tel que décrit dans les médias français, pourra dire à son grand boss Paul Desmarais: mission accompli. La rumeur court, que sa job à l'emploi de Total-Elf-Fina est assurée. Il pourra peut-être y rejoindre un autre exécuteur de l'empire Power corporation récement sans travail: Nicolas Sarkozy.
Mardi, ce sera le 22 mai, il y aura une autre manifestation populaire de grande ampleur comme celles du 22 mars et du 22 avril qui ont mobilisée plus de 200 000 personnes. Les étudiants seront appuyés cette fois par les syndicats. À moins que cette manif-là aussi ne soit déclarée illégale.
Reste donc à savoir combien de policier ça va prendre pour mater le soulèvement. Car à dix, vingt-milles personnes par jour, mon petit doigt me dit que la loi n'est pas aller assez vite et assez loin. Jean Charest aurait dû écouter François Legault et faire venir l'armée. Le grand-prix arrive à grand pas. Ça fera pas thripper Bernie Ecclestone de voir toute cette saleté sur la belle rue Crescent. C'est la chambre de commerce qui doit s'inquiéter, la pauvre.
vendredi 18 mai 2012
Loi matraque IV
D'après la ministre Courchesnes, si un citoyen va twitter pour proposer une manifestation spontanée, qu'il y'a de la casse, que la manif et déclarée illégale, le citoyen qui a twitter le premier twit est passible de la peine correspondante à celle applicable à un chef d'association, j'ai pas compris combien exactement, mais ça tourne entre 7 000 $ et 35 000 $ ou à tout le moins applicable au minimum entre 1000$ et 5000 $.
Elle dit textuellement que ce sera aux corps policiers de déterminer si il doit remonter le premier twitt. Elle nous rassure: la nature et le contenu du message sera pris en considération
Elle dit textuellement que ce sera aux corps policiers de déterminer si il doit remonter le premier twitt. Elle nous rassure: la nature et le contenu du message sera pris en considération
Loi matraque III
La loi 78
Je crois vraiment que la population du Québec aurait eu le devoir de regarder en direct la nuit à l'assemblée nationale où les proto-fascistes de Jean Charest passe au bâillon leur infâme loi.
Mais c'est une déclaration de guerre
1000$ d'amende par personnes,
35 000 $ d'amendes pour les chefs
125 000 $ d'amendes pour les organisations
Renversement de la preuve !!!!!!!!!
Obligation de donner l'inténéraire 8 h à l'avance pout tout attroupement de plus de dix personnes.(finalement, avec les amendements, ce sera 50)
Ça va si loin que le carré rouge pourrait- être invoqué pour pénaliser une mère qui ne dit pas à son fils de ne pas aller à la manif.
Les juristes vont la tailler en pièce parceque ça attaque fondementalement les droits fondementaux, mais ça prendra tellement de temps, que la loi sera caduque dici ce temps.
Charest est absent. Il ne vote que deux fois et retourne se coucher.
Pauline Marois a été solennelle.
Courchesnes s'en va tout de suite après le vote et ne le défendra que le lendemain matin.
Courchesnes s'en va tout de suite après le vote et ne le défendra que le lendemain matin.
Véronique Hivon député de Joliette porte-parole de la justice a été d'un justesse lapidaire époustoufflante .
Alexandre Cloutier de Chicoutimi, a été particulièrement fort pour démontrer l'invalidité légale de certains articles de la loi qui donne à l'exécutif le pouvoir de changer la loi à sa guise n'importe où dans n'importe quelle circonstance.
Le plaidoyer de Marie Malavoy a été le plus long, le plus profond et émouvant. J'ai pleuré toute les larmes de mon corps vers 3 heures du matin.
Le plaidoyer de Marie Malavoy a été le plus long, le plus profond et émouvant. J'ai pleuré toute les larmes de mon corps vers 3 heures du matin.
Amyr Khadir a félicité les leaders étudiants et attaquer le parti libéral sur leur profonde corruption. Il s'est interrogé sur la necessité d'en appeler à la désobéissance civile.
Curzi a présenté l'arrière plan néo-libéral, l'idéologie de l'utilisateur payeur appliqué à l'université, avec un détachement ou transparaissait un légitme mépris.
Curzi a présenté l'arrière plan néo-libéral, l'idéologie de l'utilisateur payeur appliqué à l'université, avec un détachement ou transparaissait un légitme mépris.
C'est l'ignoble Beauceron Robert Dutil qui a défendu le projet de loi en insistant sur l'importance d'instaurer le vote secret en insistant sur la force de la loi et les valeurs de sécurité et de liberté individuelle.
Là c'est Jean D'amour de rivière-du-loup du PLQ.
Jean D'amour !!!!! Incroyable que cet homme aussi corrompu soit encore en poste!!!
Éric Caire
Les pauvres verts qui veulent préparer leur avenir de façon normale.
Les pauvres citoyens pris dans leur char.
La désobéissance civile ne peut pas faire progresser la société.
Ma liberté s'arrête là ou celle des autres commence.
Il faullait intervenir pour sauver la session.
Là c'est Michel Pigeon du PLQ.
L'adjoint parlementaire qui remplace Courchesnes.
Lui y parle de fumigène terroriste
La primauté du droit dans notre société
C'est extrêmement fondemental.
Il cite Platon. Le début de la tyrannie. !!!
L'Importance de l'éducation.
Le diplôme québécois doit être compétitif.
Mais aussi les technologies c'est important.
Chaque jeune développe son plein potentiel.
Les plus hautes normes internationales
Sylvain Gaudreault Jonquière
Le problème s'est déplacé de la hausse des frais de scolarité
Vers la défense des droits civiques
On parle de nous dans le china post
Monique Richard, PQ, la syndicaliste senior
Elle est en furie !
Ça a pris 50 jours à la ministre de l'éducation pour s'asseoir avec les étudiants.
En 98 jours, Charest n'a pas pris cinq minutes avec eux.
Un recul inacceptable sur le droit d'association.
Guy Ouelettte PLQ Chomedey
Le ton de l'infâmie. le prototype de la chemise brune
Monique Richard, PQ, la syndicaliste senior
Elle est en furie !
Ça a pris 50 jours à la ministre de l'éducation pour s'asseoir avec les étudiants.
En 98 jours, Charest n'a pas pris cinq minutes avec eux.
Un recul inacceptable sur le droit d'association.
Guy Ouelettte PLQ Chomedey
Le ton de l'infâmie. le prototype de la chemise brune
Le 2012-05-18 à 02:33, Éric McComber a écrit :
jeudi 17 mai 2012
Loi de la matraque bis
La loi prévoit même des dispositions punitives majeures pour les "associations de salariés".
J'espère sincèrement que les syndicats vont se mettre en grève générale dès demain matin.
J'espère sincèrement que les syndicats vont se mettre en grève générale dès demain matin.
La loi de matraque
Devant cette loi infâme que la parti libéral s'apprête à passer en cette nuit du 12 mai 2012, je ne sais comment partager mon désarroi.
Ce qui transparait à date, c'est que non contente de nier le droit de grève des étudiants, la loi matraque obligera toute manifestation regroupant plus de dix personnes pour être légale, d'être rapporté huit heures à l'avance selon un trajet approuvé par la police. Toute dérogation entrainera de lourdes peines.
La seule chose absurde qui me viennent en tête, c'est de m'imaginer, que, dans un sursaut de dignité, les ordures qui s'arrogent le titre de recteurs d'universités démissionnent en bloc.
Ce qui transparait à date, c'est que non contente de nier le droit de grève des étudiants, la loi matraque obligera toute manifestation regroupant plus de dix personnes pour être légale, d'être rapporté huit heures à l'avance selon un trajet approuvé par la police. Toute dérogation entrainera de lourdes peines.
La seule chose absurde qui me viennent en tête, c'est de m'imaginer, que, dans un sursaut de dignité, les ordures qui s'arrogent le titre de recteurs d'universités démissionnent en bloc.
mercredi 16 mai 2012
Jean-Pierre Ferland : un p’tit tour dans un coffre de
char ?
La grève étudiante
en est à son troisième mois. La ministre de l’éducation, Lyne Beauchamp
vient de démissionner lundi dernier. Le gouvernement dès le début de ce conflit a décidé de laisser les étudiants
se débattre tout seul sans dialoguer, afin de les pousser dans les cables.
Gazés, poivrés, battus à la matraque, déniés du droit de grève , contrés par
les injonctions juridiques qui se mutiplient, les étudiants sont encore dans la
rue à protester avec la dernière énergie. L’opinion publique ayant été matraqué
par le point de vue du patronat dans les grands médias depuis tout ce temps,
elle se range d’avance derrière la loi spéciale que va balancer le gouvernement
pour forcer le retour en classe.
Dans ce contexte,
il n’y a rien d’étonnant de constater que la majeure partie des
baby-boomers, cette génération
d’égoïstes patentés, se
range derrière la matraque de Jean Charest. Mais quel ne fut pas mon étonnement en entendant ce matin
les propos de Jean-Pierre Ferland sur le sujet ! La Star des retraités
de la belle province, invité à la conférence de presse du grand spectacle de la St Jean Baptiste,
exprimait sa « révolte » envers le mouvement étudiant, tout en envoyant des fleurs à
l’ex-ministre Lyne Beauchamp. Si le grand séducteur de ces dames en est rendu à
courtiser les mafieuses du parti libéral, on peut mesurer l’ampleur de la
déchéance du personnage.
« Je l’aimais bien cette femme là. Je la trouvais très
sensible. Là on est vraiment tanné. Chu vraiment tanné. Chu tanné des power thripp.
Parce que c’est un power thripp. De la part de qui ? Bin voyons d’la CLASSE (l'association étudiante).
C’est très difficile de supporter ça. J’veux dire... notre réputation vient d’en
prendre un coup. Les gens de Toronto doivent rire de nous aut hein. R’garde les
épais d’québécois! C’est tout c’qu’y méritent! Pi y veulent êt lib! Wow ! Good
luck man ! »
On dit que c’est en temps de crise que les êtres se
révèlent.
Jean Pierre Ferland, le créateur de God is an American, ce baby-boomer subventionné grassement durant toute sa carrière par l'état québécois, lui, au moment ou une génération toute entière se lève debout pour s'opposer à la marchandisation du savoir et se fait tabasser tous les jours par la police anti-émeute , il se préoccupe de ce que le gens de Toronto pensent du peuple québécois. À une certaine époque, on a mis une ordure dans un coffre de char pour moins que ça.
Jean Pierre Ferland, le créateur de God is an American, ce baby-boomer subventionné grassement durant toute sa carrière par l'état québécois, lui, au moment ou une génération toute entière se lève debout pour s'opposer à la marchandisation du savoir et se fait tabasser tous les jours par la police anti-émeute , il se préoccupe de ce que le gens de Toronto pensent du peuple québécois. À une certaine époque, on a mis une ordure dans un coffre de char pour moins que ça.
Libellés :
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Jean-Pierre Ferland
dimanche 13 mai 2012
Printemps érable
Depuis quelques semaines, je
n’ai pas beaucoup écris en général et donc pas beaucoup écris sur les étudiants
québécois du printemps érable en particulier. J’ai travaillé comme un malade
au mois de mars pour le temps des sucres et manqué la manif du 22 ainsi que
toutes les autres d’ailleurs pendant les sucres. Ensuite je suis parti en
France voir deux cousins, deux tantes, mon pote Éric et passé un peu de temps
avec ma blonde.
L’entente cette semaine doit être entérinée en assemblée
générale par les associations étudiantes.
Dans le Nord, en Normandie,
aux deux endroits où j’ai habité, ça votait Sarkozy. Dans ma famille
auvergnate, ça votait Hollande ou Mélenchon. À Sauve, chez Éric, le village
avait voté Mélanchon mais le département a fait rentrer Marine Lepen. Bref, polarisation
du débat assez impressionnant mais un taux de participation au processus
électoral de plus de 80 %. Hollande n’y
pourra rien mais il prétend dans son programme électoral, envisager sortir de
l’OTAN et réformer en profondeur la banque centrale Européenne pour qu’elle prête directement aux
États sans passer par les banques privées. Ces banques privées qui déversent
leurs produits toxiques dans les budgets des états. Ces cancers qui détruisent
les programmes sociaux uniformément dans tous les pays où ils apparaissent.
Hollande a été élu dimanche.
La Grèce est sur le bord de quitter l’Euro. Pour ceux qui douterait que la crise
ne fait que commencer, bonne chance…
De retour au Québec le vendredi
le 6 mai, je suis plongé dans un nouveau crescendo social.
Lundi matin, la grève a pris
un nouveau tournant historique. Voici mes notes de cette journée :
Nous sommes lundi le 8 mai
du printemps érable. La grève des étudiants du Québec entre dans sa phase
décisive.
Après plus de trois mois de
grève, de grabuge et de répression
policière extrêmement violente, et
de matraquage médiatique de Power et Quebecor digne de Joseph Goebell, Jean
Charest a désormais l’opinion publique dans sa poche. Devant la gravité que
représente l’annulation imminente de tous les cours universitaires, les leaders
étudiants sont enfin invités à la table des négociations, après 88 jours de
conflits, au moment ou la possibilité d’éviter une session prolongée à
l’université arrive à son termes. En fin de semaine un sprint de 22 heures, en présence
de trois leaders syndicaux a permis d’accoucher d’une entente de principe entre le gouvernement et les trois associations étudiantes.
Une entente qui soumet les comptes de dépenses des universités à un examen
rigoureux d’un conseil incluant les étudiants. Toutes les économies dégagées
seraient récupérée par les étudiants pour réduire ou même abolir leurs frais afférents. Une entente modeste et
pas de moratoire. L’entente à peine signée, l’ineffable ministre de l’éducation
Lyne Beauchamp s’empresse d’insister dans les points de presse que rien n’est
garanti. On entends presque les conseillers de Charest ricaner à propos de
cette entente bidon.
.
Les premiers résultats annoncent un appui massif des étudiants
à la grève illimitée.
L’entente ne passe pas du
tout.
Les militants sont en
colère.
Je suis complêtement
estomaqué de voir que cette génération qu’on disait si apolitique est en train
de tenir tête au pouvoir d’une manière aussi totalement radicale…Il est plus que temps que j'aille marcher moi aussi.
Lundi soir
Je marche sur Ste Catherine
avec mon chum Charles qui traine son bécique. Lui, son fils est en grève solide
depuis quatre- vint jours. Charles il prend ça bien au sérieux l’arrogance de
Charest dans cette affaire, les droits démocratiques bafoués, le niveau, désinformation, et de violence qui augmente dont il a été témoin
et qu’il a même subit. Il en est à une dizaine de marches.
Nous partons du parc Émilie
Gamelin.La température est relativement clémente. Nous ne sommes pas nombreux
mais au fur et à mesure que la foule avance, elle grossit. Nous sommes
finalement bientôt un bon millier qui tentons d’aller vers l’ouest mais les policiers nous empêchent de
passer à la hauteur de Lorimier pour cause de carrés verts manifestants de
l’autre côté. La marche se porte jusqu’à la prison Parthenais et remonte le
quartier pauvre jusqu’à Hochelaga avant de rentrer de nouveau vers les metro
Berri. Tout du long, de la musique, de la bonne humeur, on entend des slogans
du style, «Charest dehors, va te trouver
une job dans le Nord» et «Crions plus fort pour que personne ne nous ignore» ou des
comptines auto-gestionnaires et anarchistes. Pas de violence, mais une
obstination ferme et pacifique dans la durée et dans l’engagement.
J’ai un genoux d’amocher qui
m’empêche de continuer.
Charles continuera avec la
foule encore probablement soit vers l’ouest ou vers le Nord vers le plateau
Mont-Royal où il habite.
Je suis troublé.
Toute cette énergie calme et
déterminée. Comme si cette génération avait integré dans son ADN, le gêne de la
contestation pacifique. La seule arme bactériologique contre le cancer du
néo-libéralisme. Un foisonnement de manifestations artistiques d’actions
spontannées.Deux manifs de deux cent milles et plus. Et des marches à tous les
jours et des provocations de la police qui restent en général relativement
lettres mortes.
Et ils
répondent à l’infâmie fasciste par le grand guignol du carnaval de la rue, ce
véritable art du peuple. Et c’est d’ailleurs celui que l’administration
Tremblay et le parti conservateur s’apprêtent à décapiter avec l’infâme lois contre les masques.
Le
plus probable est que le conflit ne s’envenime d’avantage.Et que Charest proclame une quasi-loi martiales d’injonction et de retour en classe pour casser définitivement le mouvement.
Mais les étudiants
continuent à défier l’inconnu. À faire les manchettes dans le monde entier, à
déjouer temporairement le plan de match des faiseux de la nouvelle union
nationale des patrons du Québec.
Mais dans tout cela,
l’amérique du nord apprend à connaître un peuple qu’elle avait encore une fois
sous-estimée : le peuple québécois.
C'est rare que ça m'arrive, mais pour une fois je suis fier de faire parti de ce peuple.
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