lundi 28 novembre 2011

Négationniste

Si, à tout l’moins, sous les ordres d’un poltron
Vous ne traitiez de négationnistes
Tous les sceptiques du grand bobard
Si , dans vos colloques socio-bidons
On parlait moins des créationnistes
Que des acteurs clés de l’histoire

Les actionnaires du 10 septembre
Standard Oil ou Goldman Sachs
Zbigniew et ses pays membres
Ou la faction du camp d’en face

Si au moins on n’avait pas cette détestable impression
Que vous ne trembliez pas tant pour votre pauvre job de serf à stylo
Ou à micro, selon le budget
Que vous ne trembliez pas tant pour votre belle bibliothèque
Remplie de romans à l’eau de patates
Et d’ouvrages de philo reliés en peau de néant comme dirait le grand Boris

On aurait l'indulgence de se dire :
Vous y croyiez vraiment à ce boulevard de bas-étage ?
Vous seriez mûr pour le construire vous-même votre camp de toutes les concentrations ?

Oh je peux bien être diffamé
Pour fatal délit d’opinion
Je serai pas dur à réformer
Devant la strap et le bâton

En attendant, je vous observe

Et si, à la moindre objection,
On n’vous voyait festoyer à l’uranium
À grand coup d’crosse de canon
En invoquant les droits de l’homme
Et en traitant de criminel
Les rares poseurs de questions
Militant sans parti pris pour les rebelles
Ou commandant d’un escadron
Auteur génial et prix Nobel
Ou encore simple chef de nation

Où se trouve-t-elle la patrie d’Habermas de mes deux ?
La patrie constitutionnelle ?
Celle qui doit remplacer l’état souverain ?
Mais qui n’ose même pas l’anarchie ?

Dans la déclaration universelle du conseil de sécurité ?
Dans le Patriot Act sans frontière qui suspend tout sens commun?
Dans l’anus purulent des courtisans de la cour pénale internationale ?

Combien de débats houleux de l’histoire
Sont menés par ces molosses
Ces grands gardiens du grimoire
Qui dépècent le réel jusqu’à l’os ?

Ces gardiens de la vieille morale du goupillon
Ces pleureuses de vessies de la gauche larmoyante
Ces travestis de justice de pacotille
Ces grands prêtres du théâtre de psycho-pop à deux sous
Avec leur show de glace sèche, leurs écrans trois-dimensions
Pour grand-guignol caritatif

Ils prèchent le Ghandisme
À grand coup de menaces et démesure
Sur le dos d’un futur vassal déchu
Ils militent pour la terreur de l’Empire
Au nom du dieu démocratie
Au nom du dieu constitution
Au nom du théorème de la pâte à crêpe
Qui ferait bien marrer Newton
Ou de la valse de la balle magique
Qui f'rait saliver les Daltons
Au nom des passeports de papier
Des Boeing volatilisés
Des cellulaires inatteignables
Et des cuters indétectables
Aux radars assourdis du capital

Ils prêchent la solidarité du nœud coulant
Au nom du sosie du grand Sadam
S’là coulant douce aux Philippines
Peut-être bien
Ou du fantôme de Ben Laden
Mort dix milles fois à la une
Au nom du Charnier de Ceausecu
Et de la traque de Noriega
Au nom de la belle Nayrah,
La fille de pute Koweitienne
Ses fausses larmes de diamants
Ses faux poupons, ses faux martyrs
Et sa vraie grosse guerre de pétro-sang

Au nom de l’assassinat d’Arbenz au portes du Guatemala
Au nom de celui de Lumumba qui retentit toujours au Congo
Et de celui d’Allende et de celui de Khadaffi
Au nom du golf de Tonkin
Des marines de Pearl Harbour
Au nom des fils de Kaboul
De Fallujah, d’Hiroshima
Ou de Phnom Pehn

Combien de crimes d’humanité
Le Pentagone perpétrera
Pour être enfin considéré
Sur le même pieds que la Shoah ?

Combien de chaire d’études à gages ?
Combien d’universitaires complices ?
Combien d’écrivains du dimanches ?
Combien d’humoristes à gogo ?
Combien de scientistes à pilules ?
Combien de star atomisées,
De diplômés des vendettas
Pour bâillonner les cris d’alarmes
Les cris du cœur de l’espèce
Pour mettre la camisole de force
Aux indignés du grand cartel ?

Faut-il encore répéter la question ?

Combien de crimes d’humanité
Le Pentagone perpetrera
Pour être enfin considéré
Sur le même pieds que la Shoah ?

Au minimum

Non je ne préfère pas les Talibans
Leurs crimes odieux et leurs supplices
Mais je comprends leur attachement à leurs montagnes
Et au moins ce qu’ils obtiennent, ils le gagnent
À la force du poignet et du tire-poids
Et je sais que, pour peu que je terrasse mes propres drones
Les jeunes filles en fleurs de Kandahar
Leurs décapiteront la tête à tout jamais

Citation du jour


"Quiconque n'est pas misanthrope à quarante ans n'a jamais aimé les hommes."

Nicolas de Chamfort

vendredi 25 novembre 2011

Maze, Claude Marotte et le métissage

Quand j'étais jeune, y'avait un critique dans le Voir, un critique de musique pop qui, notoirement, n'avait aucun sens du rythme et étalait son inculture à pleines pages. Chaque semaine, je prenais un plaisir morbide à le lire en maugréant. Décidemment, je préférais mille fois la savante mauvaise foi d'un Robert Lévesque en littérature ou la docte acidité injustifiée d'un Claude Gingras en musique classique. Au moins, avec eux, j'apprenais toujours quelques choses. Et puis un jour, Morron Sauté est enfin parti. Il est allé faire de plus grands dommages à la programmation des francofolies.

Comme je ne regardais que très peu Musique Plus à l'époque, n'ayant pas le câble, je ne m'étais jamais sérieusement penché sur le cas de Claude Marotte. Quand bien même je pouvais détester l'homme et encore plus ses goûts, je me sentais toujours un peu obligé de reconnaître chez lui, un certain souci du détail, de la mise en contexte minimum et même, parfois, du choix de vocabulaire, ce qui tranchait avec le reste de la profession de critique de musique pop.

Mais aujourd'hui, patatras !!! Pendant que je prends mes mails, ma fille écoute Musique Plus où Marotte reprend du service après s'être fait remercier de Radio-Cadenas. Et c'est là que je réalise à quel point je suis dans le champ sur son compte.

Il présente, parmi d'autres, un groupe québécois: Maze. Il nous met en garde: c'est du Trad québécois, un genre de musique qui lui fait dresser les poils sur les bras en temps normal. Mais pas Maze parce que son leader, étant d'origine Syrienne, et ayant des influences provenant entre autres du jazz, de John Zorn ou de Bella Fleck, Marotte trouve intéressant le métissage en cours.

La mâchoire m'en tombe.

Je connais le leader, Marc Maziade, de son vrai nom. Son grand-père était Syrien d'origine, certes, mais établi au Saguenay dans les années trente. Marc a grandi à Montréal. Je connais très bien l'un des co-concepteurs de l'album. Pour l'influence syrienne euh....bon, j'avoue que moi j'ai rien perçu. Oui, on peut reconnaître l'influence de Bella Fleck, un maître du banjo américain. Mais personnellement, je trouve ce disque bien meilleur que du Bella Fleck.

Que Marotte, dans sa grande mansuétude et ouverture d’esprit, appuie la démarche de Maze, c'est très bien. Qu'il se sente obligé de se distancier a priori du Trad québécois, c'est son droit le plus strict. On pourrait toujours arguer que tous les goûts sont dans la nature, encore que je doute fort de pouvoir jamais recenser un seul critique de musique à Cuba, à Tel Aviv ou à la Nouvelle-Orléans qui oserait afficher un tel a priori négatif envers les racines de sa propre culture. Par contre, pour la fiabilité de la mise en contexte, c'est double zéro. Et comme mentalité de colonisé multi-culturel à marde, on ne fait pas mieux.

Ça n'est pas nouveau, ce pauvre peuple québécois est depuis longtemps dominé par une élite de morrons finis prêts à l'enterrer vivant. Emmenez-en de l'altérité factice subventionnée par la feuille d'érable !!!!

TABARNAK !

PS: Pour être bien clair:

Les critiques: Laurent Saulnier et Claude Rajotte

L'artiste: Marc Maziade

Son groupe: Maze

Le disque: Téléscope

L'un des co-concepteur: Robin Bouliane

mercredi 16 novembre 2011

Salon du livre

Je suis au salon du livre de Montréal sur l'étage principal. Je viens de laisser, à l'étage d'en dessous, mon copain Éric McComber qui, pour la promotion de son nouveau roman, la Solde, joue du blues avec son trio dans l'espace réservé de la maison d'édition la courte échelle. J'entends, dans ma tête, la voix de Pierre-Yves Thiran qui en lit des extraits avec brio.

Ma blonde et mes deux ados sont partis chacun de leur côté. Aux dernières nouvelles, Orane feuilletait une BD des Nombrils. Félix faisait la moue sur le dernier Kid Paddle et trainait à la main un Edgar Poe tiré de ma bibliothèque, comme pour me signifier qu'il voudrait tellement que je sois fier de lui...

Comme je vais crever mes budgets avec les livres pour mes enfants, le transport, le prix d'entrée et l'achat de deux Soldes pour donner en cadeau, je passe rapidement sur la biographie de Miron par Pierre Nepveu en me disant que je tenterai de la trouver en bibliothèque. Dans ce coin là, j'accroches sur quelques rééditions de Falardeau mais comme j'ai tout lu anyway... J'aurais bien aimé serrer la main à Raymond Archambault qui passe en coup de vent avec ses cheveux blancs mais comme il ne semble pas trop dans le mood et que moi aussi finalement....

En voyant cette immense foire aux livres, je suis pris de nausée. Je vois bien que je n'aurai jamais le temps de tout explorer pour me faire une idée. Je pense aux indignés du Square Victoria qui se trouvent dans leur tente à quelques mètres de la Place Bonaventure. Je me demande où les gens trouvent les budgets et le temps pour consommer toute cette foisonnante production. Et tout à coup, je me trouve si mauvais lecteur, moi qui n'ai pas repris Stirner downloadé sur mon laptop et laissé en plan depuis deux mois après les soixante premières pages. Que dire de Quigley avec son Tragedy and hope ? Encore cent pages d'entamées et laissées en plan....

Bon. C'est vrai que j'ai lu jusqu'à plus soif tout ce qui se disait d'alternatif sur la Libye entre avril et septembre. Que j'ai erré un peu en cherchant dans Omfray quelques réponses à ma colère anti-Freudienne. Que j'ai été tétanisé par le Carnages de Pierre Péan sur l'Afrique. Que je ne trouverai sûrement pas ici mes prochains sur la liste: Transfer Agreement d'Edward Black et l'Industrie de l'holocauste de Finkelstein. Oui je sais... Je suis un monomaniaque, conspirationniste, négationniste et pas loin de l'anti-sémitisme aussi. Mais merde, j'ai vraiment la nausée.

Je m'assois sur le banc près de la sortie, lieu convenu pour le ralliement de ma troupe, en espérant redescendre à temps pour la fin du set de mon copain. J'ai devant moi le poster souriant de Denise Bombardier et Françoise Laborde, sa copine, une speakerine française à ce qu'y paraît. Le bouquin s'appelle: Ne vous taisez plus ! Je feuillette. Soupir.

Dans la Presse, Marie-Claude Lortie en dit ceci: La plaquette a 78 pages. C'est court. C'est vif. On le lit d'une traite, comme on boit un grand verre d'eau quand on est assoiffé.

Au moins, c'est pas trop cher. Moins de dix piasses. Les auteures se sont sûrement gardées une petite gêne côté prix pour accoter la minceur de l'argumentation, le scandaleux surfage sur l'actualité et le moralisme pseudo-féministe. J'arrives même pas à haïr ça comme je devrais. Des lieux communs éculés sur la violence faites aux femmes, sur la machisme français. Le truc va de clichés en clichés et passe évidemment complêtement à côté de la question du pourquoi de ce guet apens de la CIA sur Dominique Strauss Khan, tout aussi pitoyable harceleur de femmes ou privatiseur de bien public qu'il soit.

J'oubliais, je suis mysogyne aussi.

Moi, j'aurais beau vouloir ne pas me taire, le sourire de la Bombardier sur son poster fait cent milles fois plus de tapage que mon indignation résignée.

Pendant ce temps, les courageux du Square Victoria vont bientôt se faire remballer. Question de jours ou de semaines. À l'étage du bas, je ne sais pas si mon copain Éric chante Hobo's Lullaby de Woody Guthrie ou une toune de The Band. Je ne sais pas que le public de passage s'est effarouché de sa prose truculente.

Mes enfants reviennent. Félix avec deux tomes des histoires d'Assassins Creed. Bon, au moins, ça se passe à Florence sous les Médicis, me dis-je en essayant de me convaincre...Ma fille avec un livre sur les problèmes d'ados traumatisés par ses parents dans le style Aurélie Laflamme....Soupir.

Merde, j'ai manqué la fin du set.


lundi 7 novembre 2011

La solde d'Éric Mc Comber


Éric McComber


La Solde




Comme vous le savez, mes innombrables lecteurs, je n'ai aucune prétention à l'objectivité sur ce blogue. Aussi je prends quelques minutes pour y aller d'une dithyrambe à propos du dernier roman de mon copain Éric McComber.


La solde raconte l'histoire d'un aspirant-écrivain trentenaire, Émile Duncan, qui travaille dans une imprimerie déglinguée, à la révision de calendriers scolaires destinés au marché américain. Ses compagnons d'infortunes: "Échoués-là: au salaire minimum, un ingénieur , une anthropologue, une écrivaine, une docteure en histoire de l'art" (p45). Dans le décor à la fois magnifié et enlaidi du plateau mont-royal, il erre d'aventures féminines truculentes, en scènes familiales cocasses, tout en évoquant les petits désespoirs quotidiens en ce début absurde de nouveau millénaire.


Deux petits extraits :


""Pas capable les chiens ! ….Ça bave, ça salive, les poils drus, dégoûtants, la truffe fouineuse, l'odeur, l'attitude soumise, stupide, dépendante…Ça me rappelle trop les musiciens. Ça me rappelle trop moi…"(p.97)


" J'inventorie le bonhomme…(…)Une libellule de gras…Comme je me reconnais. Cet homme est l'avenir de l'occident. Je contemple notre monstrueux destin collectif.(..) Le frère de Josée a fait deux crises cardiaques après six ans de ce régime. Yes we can. Il a fallu ouvrir la toiture de sa maison suphypotquée pour l'extraire au treuil. Moi j'aime ! Il vit maintenant dans un hôpital spécial pour monstres. Just do it ! Là sont parqués, loin des regards, les explosé du rêve américain, les anomalies, pelures, raclures, épluchures, cendres calcinés dans le tiroir à merde au fond de la machine. Faites vous plaisir ! La mécanique met tant d'effort à convaincre le citoyen normal de se gaver comme une truie… Laissez voyager vos sens ! Ceux qui ne résistent pas, qui sont en passe de faiblesse, qui sont roulés en boule au fond d'eux-mêmes par les circonstances, l'isolement, la défaite, l'humiliation, la terreur, ceux-là se prennent les ordres de plein fouet et…obéissent. Enjoy ! (p. 149)


Jubilatoire. Excellent rythme. Grande concision.


Vous aurez l'occasion d'en entendre des extraits lors des cinq à sept


mardi 8 novembre à L'escalier : 522 Rue Sainte-Catherine Est (514) 670-5812

lundi 14 novembre : au Pas Sages 951 Rachel est Tel: (514) 522-9773


J'y pousserai la chansonnette en bonne compagnie.


Le site de l'auteur: Roule ! Rosie Roule !