Si, à tout l’moins, sous les ordres d’un poltron
Vous ne traitiez de négationnistes
Tous les sceptiques du grand bobard
Si , dans vos colloques socio-bidons
On parlait moins des créationnistes
Que des acteurs clés de l’histoire
Les actionnaires du 10 septembre
Standard Oil ou Goldman Sachs
Zbigniew et ses pays membres
Ou la faction du camp d’en face
Si au moins on n’avait pas cette détestable impression
Que vous ne trembliez pas tant pour votre pauvre job de serf à stylo
Ou à micro, selon le budget
Que vous ne trembliez pas tant pour votre belle bibliothèque
Remplie de romans à l’eau de patates
Et d’ouvrages de philo reliés en peau de néant comme dirait le grand Boris
On aurait l'indulgence de se dire :
Vous y croyiez vraiment à ce boulevard de bas-étage ?
Vous seriez mûr pour le construire vous-même votre camp de toutes les concentrations ?
Oh je peux bien être diffamé
Pour fatal délit d’opinion
Je serai pas dur à réformer
Devant la strap et le bâton
En attendant, je vous observe
Et si, à la moindre objection,
On n’vous voyait festoyer à l’uranium
À grand coup d’crosse de canon
En invoquant les droits de l’homme
Et en traitant de criminel
Les rares poseurs de questions
Militant sans parti pris pour les rebelles
Ou commandant d’un escadron
Auteur génial et prix Nobel
Ou encore simple chef de nation
Où se trouve-t-elle la patrie d’Habermas de mes deux ?
La patrie constitutionnelle ?
Celle qui doit remplacer l’état souverain ?
Mais qui n’ose même pas l’anarchie ?
Dans la déclaration universelle du conseil de sécurité ?
Dans le Patriot Act sans frontière qui suspend tout sens commun?
Dans l’anus purulent des courtisans de la cour pénale internationale ?
Combien de débats houleux de l’histoire
Sont menés par ces molosses
Ces grands gardiens du grimoire
Qui dépècent le réel jusqu’à l’os ?
Ces gardiens de la vieille morale du goupillon
Ces pleureuses de vessies de la gauche larmoyante
Ces travestis de justice de pacotille
Ces grands prêtres du théâtre de psycho-pop à deux sous
Avec leur show de glace sèche, leurs écrans trois-dimensions
Pour grand-guignol caritatif
Ils prèchent le Ghandisme
À grand coup de menaces et démesure
Sur le dos d’un futur vassal déchu
Ils militent pour la terreur de l’Empire
Au nom du dieu démocratie
Au nom du dieu constitution
Au nom du théorème de la pâte à crêpe
Qui ferait bien marrer Newton
Ou de la valse de la balle magique
Qui f'rait saliver les Daltons
Au nom des passeports de papier
Des Boeing volatilisés
Des cellulaires inatteignables
Et des cuters indétectables
Aux radars assourdis du capital
Ils prêchent la solidarité du nœud coulant
Au nom du sosie du grand Sadam
S’là coulant douce aux Philippines
Peut-être bien
Ou du fantôme de Ben Laden
Mort dix milles fois à la une
Au nom du Charnier de Ceausecu
Et de la traque de Noriega
Au nom de la belle Nayrah,
La fille de pute Koweitienne
Ses fausses larmes de diamants
Ses faux poupons, ses faux martyrs
Et sa vraie grosse guerre de pétro-sang
Au nom de l’assassinat d’Arbenz au portes du Guatemala
Au nom de celui de Lumumba qui retentit toujours au Congo
Et de celui d’Allende et de celui de Khadaffi
Au nom du golf de Tonkin
Des marines de Pearl Harbour
Au nom des fils de Kaboul
De Fallujah, d’Hiroshima
Ou de Phnom Pehn
Combien de crimes d’humanité
Le Pentagone perpétrera
Pour être enfin considéré
Sur le même pieds que la Shoah ?
Combien de chaire d’études à gages ?
Combien d’universitaires complices ?
Combien d’écrivains du dimanches ?
Combien d’humoristes à gogo ?
Combien de scientistes à pilules ?
Combien de star atomisées,
De diplômés des vendettas
Pour bâillonner les cris d’alarmes
Les cris du cœur de l’espèce
Pour mettre la camisole de force
Aux indignés du grand cartel ?
Faut-il encore répéter la question ?
Combien de crimes d’humanité
Le Pentagone perpetrera
Pour être enfin considéré
Sur le même pieds que la Shoah ?
Au minimum
Non je ne préfère pas les Talibans
Leurs crimes odieux et leurs supplices
Mais je comprends leur attachement à leurs montagnes
Et au moins ce qu’ils obtiennent, ils le gagnent
À la force du poignet et du tire-poids
Et je sais que, pour peu que je terrasse mes propres drones
Les jeunes filles en fleurs de Kandahar
Leurs décapiteront la tête à tout jamais

