Au Sud, comme par un effet de miroir, bien d’autres gens s’inquiètent aussi de voir leur identité se dissoudre dans le projet occidental, et font tout pour s’en prémunir en s’en isolant.
Il va de soi, bien sûr, que, d'un côté cette posture isolationniste est condamnable et qu'ensuite "bien d'autres gens" ont le "choix" de cette posture et qu'enfin, cet isolement n'a jamais été encouragé par des institutions politiques (pour ne pas dire de propagande) occidentales à travers des organisations religieuses extremistes financées massivement par celles-ci.
Pourtant, au Nord comme au Sud, bien des gens ne se contenteront pas longtemps d’avoir pour projet la préservation de leurs acquis: ils les savent menacés par la crise financière, qui ne fait que commencer, par le déclassement qui en découle, par le déferlement de concurrents et de valeurs venues d’ailleurs, ou par la destruction de la nature. Ils voudront un idéal plus grand.
Certains d’entre eux trouveront cet idéal nouveau dans le simple prolongement de leur égoïsme, qu’ils poussent, et pousseront de plus en plus, jusqu’à la démesure, la violence, la haine des autres. Une nouvelle forme d’idéologie totalitaire se constituera alors, revendiquant l’autisme comme une politique.
Personnellement , je comprend parfaitement qu'un tel mécanisme de défense pathologique s'installe chez "bien des gens" , "dans le prolongement de leur égoïsme", quand on entend de telles balivernes. Pour moi, l'autiste c'est Jacques Attali.
Pour d’autres, cet idéal sera au contraire dans la négation de l’égoïsme, et dans le développement d’un altruisme, qui leur permettra de rechercher leur bonheur dans celui des autres. Cette nouvelle forme d’idéologie s’exprimera dans un optimisme internationaliste, soucieux d’apprendre en partageant.
C'est à dire, qu'au nom de cet "optimisme internationaliste", "soucieux d'apprendre en partageant", le prérequis sera de cautionner toute intervention "humanitaire" impérialiste comme les bombardements de l'OTAN en Libye, ou, si non, de voir ses enfants massacrés à la mitraillette. La boucle est bouclée.
Telle est la principale leçon de la tragédie norvégienne : un pays ne peut rester durablement sans un projet politique, lui donnant un sens dépassant sa réalité matérielle, l’inscrivant dans l’Histoire. Et si les hommes politiques sont incapables d’en proposer un, exaltant, des fous s’en chargeront.
En attendant de me plonger avec exaltation dans le projet politique de Jacques Attali et de la gauche occidentale, j'aimerais terminer avec bref survol des enjeux que ce nouvel attentat met en lumière à travers le prisme du manifeste de Behring Breivik.J'ai bien retenu la leçon: tout ça, c'est de ma faute.









