lundi 15 novembre 2010

Je suis un chien

Mon chien n’est pas très intelligent.

Et foncièrement, je ne vaux guère mieux. Ce n’est pas de la fausse modestie, c’est tout à fait sincère. Je me dis même que c’est quasiment insultant pour mon chien d’oser la comparaison.

Objectivement, je me considère comme un être frustre et dépourvu des qualités que l’on doit avoir pour faire un quelconque travail intellectuel. Pour tout dire, je trouve le travail d’écriture fastidieux et souffrant. Et j’aimerais me passer de ce travail comme j’aimerais me passer du travail tout court. En fait, j’aimerais jouer de la guitare, chanter des tounes thrippantes, baiser avec ma blonde, jouer avec mes enfants pi m’chrisser de toutte comme bin du monde. Mais j’entends tant de conneries, je suis submergé par tant de misère issue de désert intellectuel dans lequel je vis, que je me dis qu’il me faut faire quelques choses. Et chaque fois, c’est le chemin de croix.

Malgré tout, je me considère comme un gros travaillant. Comme au hockey. Un gars sans talent qui travaille fort dans les coins pour emmerder la grande vedette plein de style, un peu imbue d’elle-même, celle qui frustre quand on l’empêche de faire des sparages et compter des buts et qui, parfois, par son arrogance, fait perdre son équipe. En tant que spectateur, j’ai toujours apprécié ces deux sortes de joueurs avec la même intensité et j’ai toujours considéré le travail de Bob Gainey aussi important que celui de Guy Lafleur.

Intellectuellement, donc, je me considère comme un genre de sous-Bob Gainey et je me sens pas si loin de mon chien. Et il est vrai que je me dis souvent que, spirituellement, mon chien a quelque chose de plus que je n’ai pas. Une honnêteté de chien qui, à la longue, finit par forcer mon admiration. Surtout quand je me rends compte à quel point je parle pour ne rien dire. À quel point je gaspille ma salive. À quel point je m’illusionne sur la nécessité du « débat » avec mes contemporains.

Wouaf Wouaf ! Ostie de chien du voisin ! dit mon chien. Vas-t-en ! T’es sur mon territoire. M’as te mordre, mon maudit, si jamais j’ai une chance de m’échapper !!!

Mais, y’a rien à faire, j’arrive pas encore, après toutes ces années d’errances intellectuelles, à avoir la sagesse honnête de mon chien. Mais parfois, je sens que je suis sur le bord d’y arriver. Surtout quand je ressens, jusqu’au fond de mon être, l’absurdité des paramètres du consensus dans lequel nous baignons, tous et chacun autant que nous sommes, pour interagir en société, y compris entre membres d’une même famille qui essaient de s’aimer inconditionnellement, en ces temps de grande dépression qui n’ose même pas dire son nom.

Ces maudits paramètres de consensus terribles devant lesquels on doit se plier si l’on veut survivre sur le plan affectif, pour être aimé et se sentir accepté par nos proches, nos amis, nos voisins, nos collègues et même pour se survivre à soi-même dans les paradoxes de notre culture.

Parfois, il me faut assister, avec des proches ou des collègues, à une conversation qui tourne autour de certains sujets litigieux et, malgré que mes oreilles bourdonnent, j’essaie de protester modérément pour ne pas froisser les gens, pour ne pas que tout tourne en eau de boudin. Et j’entends à travers les tampons, tous les discours fielleux de la droite et ceux, plus pervers, de la pseudo-gauche qui pénètrent les esprits jours après jours, petit à petit. En voici quelques exemples :

-Barback Obrama est un grand intellectuel, c’est pour cela que les gens ne l’aiment pas. Le peuple rejette ses réformes à cause de sa trop grande stature et non pas parce que c’est un véritable mange-merde, un pseudo-joueur de basketball préparé par la CIA depuis des années à remplir sa fonction de trou du cul exterminateur de peuples et profanateur de vie.

-Amyr Khadir est un homme pragmatique dont l'action va mener, à force d’éducation populaire, à des réformes appropriées pour sortir le Québec de l’impasse et non la marionnette inconsciente de Paul Desmarais pour écrabouiller le Parti Québécois. Et fuck les leçons de Machiavel, les sacrifices de Bourgault, les remontrances de Falardeau! Over their dead bodies ! Il faut bien vivre pour les vivants n’est-ce pas ? Et même pour les peuples morts-vivants… Et faire taire les revanchards passéistes empêcheur de faire semblant d’espérer en rond.

- La bourse du carbone est une chose rationnelle qui va améliorer le bilan énergétique de la planète et non pas une arme de plus pour les Rockfeller de ce monde pour faire encore plus de fric en transformant la biosphère en dépotoir pétrolifère irrémédiablement souillée. La fermeture de la bourse actionnariale, d’un autre côté, c’est absolument impossible de l’envisager sérieusement.

-Les parents se crissent de l’école parce qu’ils sont égocentriques, consuméristes et irresponsables. Ça n’a ABSOLUMENT rien avoir avec le démantèlement de l’état, la délocalisation des entreprises, l’équarrissage de la classe-ouvrière-qui-n’existe-plus ou le décervelage de la classe moyenne. Ce n’est pas du tout un problème collectif mais d’abord, un problème de responsabilité individuelle.

Et puis autour de tous ces tampons bien intégrés désormais chez tout ces gens sincères, besogneux, honnêtes, il y’aussi, bien sûr, en toile de fond, l’éternelle propagande lancinante, la pure et dure: Lénine et Guevarra, dans le même sac. Les olympiques de Pékin de 2008 renvoyés dos à dos à ceux de Berlin de 1936. La liberté d’expression en Iran, les femmes voilées d’Afghanistan, la démocratie en Irak, la révolution des roses de Géorgie, la révolution orange en Ukraine, la révolution des tulipes au Kyrgyzstan. Ne manque que la révolution arc-en-ciel des lesbiennes handicapées de Papouasie du sud-est

Y’au aussi les livres noirs. Le livre noir du communisme, de l’islamisme, du terrorisme, du complotisme, du onze-septembrisme. On dirait que tout ce bruit assourdissant est présent dans la conversation, en filigrane, comme une menace…

Et là, au bout d’un certain temps, je me sens partir loin. Je me vois flottant au-dessus de la pièce avec une voix off intérieure qui commenterait, comme dans un genre de mauvais rêve :

-Non mais vraiment ? Vous êtes en train de me dire ça à moi, ici, maintenant, en 2010 ? Vous vous croyez ou vous faites semblant ? Vous avez lu Huxley et Orwell et vous dites que ce ne sont que des romanciers ? Ou alors, vous dites qu’ils décrivent la réalité, alors qu’en même temps, on dirait que vous ne les avez pas lus ?

Et je me vois, moi aussi, en train de dire plein de trucs imbéciles comme si je ne les avais pas lus ces auteurs. Pour fitter un minimum dans les paramètres. Parce que, malgré toute ma vigilance, je suis, moi-aussi, un haut-parleur à tampon, un adepte de la pensée-double. Merde ! Je suis dans 1984 !!!!

Mais malheureusement, je ne me réveille pas.

Et la discussion peut continuer comme ça avec des nuances variables mais qui conduisent invariablement vers des culs-de-sac de plus en plus désespérants.

Si je m’oppose au tampon du progrès, on me rétorque que le progrès de l’humanité est indéniable parce que, statistiquement, l’individu vit plus longtemps, ou que la santé gratuite est un progrès «civilisationnel» irréfutable. Si le délire pousse plus loin, un tel me dira qu’il n’échangerait sa place pour rien au monde avec ces différents ancêtres, que c’est mathématiquement erroné, un délire paranoïaque, d’oser affirmer que, qualitativement, l’humanité, à partir de la deuxième guerre mondiale, a régressé sur tous les plans et particulièrement sur celui de la dignité.

Et pourtant, il y’a plus de cent ans, déjà, que Zola, après une vie entière dédiée à la cause de la classe ouvrière dans la foulée des grands espoirs engendrés par les progrès techniques qui promettaient de la soulager de la misère, admettait, sur son lit de mort, qu’il avait fait fausse route sur toute la ligne. Aujourd’hui qui se soucie de Zola ? Tout le monde s’en contre-chrissent de Zola et « tout le monde » a probablement raison. Il vaut peut-être mieux revenir à la prière finalement, tant qu’à faire du sur-place aussi pathétique.

Si on est un jeune écologiste, on essaiera peut-être de me vendre encore une fois l’argument de la bourse du carbone digne d’une sinistre farce ubuesque qui mérite à peine une ligne dans une comédie de Gilbert Rozon. Si on me connaît bien, on évitera plus stratégiquement le sujet.

Alors je me dis : bravo à vous, les intellectuels de la gauche!!! Quel beau travail d’éducation populaire vous avez fait ! Êtes vous des putes ou des imbéciles ? Vous avez fait croire à tout un chacun que vous alliez sauver les meubles de la sociale-démocratie et sauver le petit peuple de ses errances en le responsabilisant ! Vraiment, quelle éclatante victoire. ! Et vous n’avez rien trouvé de mieux à faire ? Vraiment ? Rien de plus urgent que de vendre des agents de la CIA comme des sauveurs de l’humanité ? Que de jouer dans les plates-bandes de la droite dans des pseudos-débats pour vous sentir utile? La classe moyenne se conforte ainsi dans vos injonctions éthiques de pacotilles dignes du Pinocchio de Walt Disney. Et la classe-ouvrière-qui-n’existe-plus, elle, réagit violemment en Bougon qui se respecte, en s’en côlissant bin raide ou en écoutant les chants des sirènes de l’extrême-droite qui chient, à pleine page et à coeur de jour dans les médias de PKP, des relents de déjà-vu putrides. Et vous vous étonnez de la progression fulgurante des gagnes de rues !!!!

Je ne fais pas exprès. Ça ne me fait pas plaisir. Je ne joue pas au radical qui se complait dans l'idiosyncrasie et le désespoir romantique. Je ressens le désespoir jusque dans les tréfonds de mon être, du réveil au coucher, en essayant de confronter le peu de culture que j’ai essayé d’absorber au cour de ma vie, à la réalité vécue quotidiennement à travers les paramètres du pseudo-débat social et du comportement de tout un chacun, y compris du mien.

Tout ce chemin pour ça ? De l’âge des cavernes à Einstein pour en arriver à soutenir, sans rire, que Barrack Obama est un grand intellectuel réformateur ?

Moi, je préfère encore l’âge de pierre. Je préfère encore la massue. Sans artifice. Brutale, simple et directe. Sans université pour enrober le débat fondamental de l’oppression. Et surtout sans osties de bombes nucléaires et de doctrines hallucinées du pseudo-équilibre de la terreur. Plutôt mourir entre les dents d’un loup, d’un lion ou sous les machettes des «barbares ». Plutôt brûler les bibliothèques, éviscérer la Kulture. J’aurais préféré mille fois cette brutale bestialité franche que la psycho-pathologie de la culture occidentale du XXIème siècle.

Du point de vue du futur de la vie sur terre, l’inquisition du moyen-âge, la conquête espagnole, la civilisation industrielle, n’auront été que des petites fièvres bénignes en comparaison des métastases cancéreuses qui prolifèrent sous le vernis des discours des partis républicains ou démocrates, des publicités de Wall-Mart, des tounes de Céline Dion, des émissions de Julie Sneider ou du sôvage de meuble de la pseudo-gauche efficace avec son humanitarisme larmoyant. Le progrès ? Quel progrès?

Finalement, pour la première fois, j’ai l’impression de comprendre Léo Ferré dans « il n’y a plus rien », au lieu de seulement ressentir sa révolte.

Je suis un chien !!!

Finalement. Je comprend mon chien. Profondément. Je comprends son flair pour détecter la merde. Finalement, je comprends qu’il est impossible de résoudre la quadrature du cercle et de se faire accroire que le dialogue est possible à l’intérieur des paramètres de cet esclavage mental complètement halluciné qui nous terrorise, nous conforte ou nous révolte.

Je suis un chien.

Comme il disait, le vieux Ferré.

Attention, parfois je mords.

Mais parfois, aussi, je remue la queue. Je donne la papatte et je peux même vous lécher la joue…si on arrête de parler et qu’on écoute ensemble quelques minutes le chant des étoiles.

Peut-être que finalement, vous vous rendrez compte, que, comme mon chien, je ne suis pas très intelligent. Mais qu’au fond, comme lui, je ne suis pas bien méchant…

Chut….

Écoutez !

(....)

Les étoiles…

(...)


Elles parlent...


le même langage que les chiens…


Jean-François Thibaud

Lundi 16 novembre 2010

dimanche 14 novembre 2010

Foglia sort de sa réserve

Tabarnak de texte !!!!! Pour un peu, Foglia me convaincrait de redonner une chance à Québec Solidaire.

Le plateau

Cela fait plus de 30 ans que je n'habite pas à Montréal. N'empêche que le Plateau, c'est moi. Pas juste moi. Mais j'en suis, je crois, un insigne représentant. Par l'esprit comme par le coeur. Je l'ai toujours assumé. À une époque, plus difficilement qu'aujourd'hui. À une époque, il y a 20 ou 30 ans, c'était vrai qu'ont était une clique. J'aime bien la définition musicale de «clique»: ensemble des clairons et des tambours d'une musique militaire. C'est vrai qu'on jouait fort du clairon et du tambour, qu'on faisait marcher le Québec au pas de la social-démocratie et de la culture subventionnée.

Ça fait longtemps que c'est fini. Si vous avec lu Le Meilleur des mondes, le Plateau, c'est la réserve des Sauvages, un vestige de société ancienne. Une curiosité anthropologique.

C'est moi aujourd'hui: une curiosité journalistique. Influence zéro. Et c'est très bien. Sauf que j'entends dire, avec stupéfaction, que ma clique et moi - Homier-Roy, Charette, Lagacé, Guy A. -, nous faisons toujours la pluie et le beau temps de l'information, nous faisons la culture, l'humour, l'économie, les modes. La gogauche comme avant, quoi.

N'importe quoi! Charette, gogauche? Faudrait d'abord qu'elle reconnaisse sa gauche de sa droite. Jeudi, sur ce même sujet - la clique du Plateau -, ce n'était pas évident. Elle était juste contente d'avoir un débat comme Bazzo, sans se rendre compte qu'il y avait un imbécile dans le lot - le chroniqueur du Journal de Québec - qui plombait son débat. Pas parce qu'il était de droite. Parce qu'il est imbécile.

C'est pourtant pas compliqué. La droite est au pouvoir partout dans le monde sauf au Brésil, au Venezuela, à Cuba, au Manitoba et en Nouvelle-Écosse - deux provinces affligées d'un gouvernement NPD -, en Corée du Nord et sur le Plateau, qui a élu Amir.

Le débat politique, social et culturel ne se fait plus entre la droite et la gauche, mais entre la droite et la droite plus ultra. Ainsi, Facal, qui incarne toute l'arrogance, toute l'autorité de la science économique, Facal est devenu le Plateau. Y a au moins ça de comique. Pour la droite libertarienne, ou la droite populiste du grand Québec, Facal, c'est la nouvelle gogauche.

Le Plateau n'est plus qu'un quartier, alors que la droite, c'est le fond de l'air, la trame de toute la province. La religion officielle. La religion du salut de l'humanité. Déréglementer, réduire la taille de l'État, privatiser, plutôt le chômage que l'inflation, désocialiser l'économie, tout cela a déjà été affaire d'opinion. C'est fini. C'est maintenant de la science. On ne peut pas aller contre la science.

Mais, madame David, pour distribuer la richesse, il faut d'abord en créer...

Aussitôt, 7 millions de Québécois hochent la tête en disant: Mais c'est vrai, ça! La conne, elle n'y avait même pas pensé.

Vous rappelez-vous comment finit le bon Sauvage de Huxley dans Le meilleur des mondes? L'ultime appel qu'il reçoit de la science...

Imbécile, ignare! lui cria le Moniteur de la Science Fordienne, pourquoi ne prenez-vous pas de soma?

Une petite anecdote révélatrice. Au printemps 2009, une jeune collègue de La Presse fait la critique d'un documentaire remarquable: L'encerclement, la démocratie dans les rets du néolibéralisme, de Richard Brouillette, documentaire dont on a très peu parlé ici, devinez pourquoi. Primé au festival de Berlin et signalé - très élogieusement - dans Le Monde, Vanity Fair, le New York Times. Une oeuvre pédagogique de presque trois heures en noir et blanc, la pensée néolibérale depuis ses tout premiers think tanks financés par les multinationales jusqu'à aujourd'hui.

À la suite de sa critique, modérément favorable, ma collègue reçoit un courriel d'un prof de philo de Baie-Comeau qui la traite d'ignorante en matière d'économie. Jusque-là, c'est correct. Mais il ajoute ceci: Vous ne me semblez pas - idéologiquement parlant - à votre place à La Presse, mademoiselle!!!

On peut rêver de ce qui arrivera si celui-là lâche la philosophie pour la direction de l'information deLa Presse. Plus loin, il passe aux menaces: j'espère encore lire La Presse malgré votre étonnante participation, mais s'il m'est donné de lire sous votre plume d'autres balivernes de gauche, vous me placerez dans l'obligation d'adresser une note à qui de droit...

À qui de droit? M. Desmarais? M. Crevier? M. Pratte? Il termine en conseillant à ma collègue d'aller parfaire son éducation «dans les nombreuses pages libertariennes du web».

Imaginez le même courriel d'un prof de gauche qui conseillerait à ma collègue d'aller lire Chomsky, Chossudovsky, Susan George, Marx, dans le même but de s'abreuver au bon catéchisme. Imaginez ce que les radios-poubelles de Québec pourraient faire d'un tel courriel.

La droite a pris le plancher partout, dans les pépinières même de la gauche de jadis. Mais cela ne lui suffit pas d'avoir tout le plancher. Ces jours-ci, elle s'énerve énormément contre l'irréductible Plateau, qu'elle aimerait bien raser. Elle pointe particulièrement les journalistes. Selon ses statistiques, les quatre cinquièmes des journalistes de la province viennent du Plateau. Tous de gauche. Tous unis pour sauver la social-démocratie. Complotant pour empêcher la privatisation de la santé. La hausse des frais de scolarité. La baisse des impôts. L'exploitation du gaz de schiste.

La caricature est grossière. Mais il n'est peut-être pas tout à fait faux qu'une majorité de journalistes aient toujours le coeur à gauche.

Étant donné les ruines du Plateau et ce que sont devenus les profs de philo, je trouve que c'est plutôt une bonne nouvelle pour la démocratie.

mercredi 10 novembre 2010

La boucle est bouclée


J'ouvre la radio hier midi. J'ai eu le temps d'entendre 30 secondes avant de refermer.

Ça disait à peu près ceci:

"Nicolas Sarkozy a décidé de réactiver une tradition interrompue en 1999 et qui consistait à aller se recueillir sur la tombe du général de Gaulle pour commémorer sa mort". Le speaker ajoutait que "les jeunes générations pourraient se familiariser avec l'histoire de ce grand personnage."

Dans le Devoir, on mentionne que Sarko n'est pas un Gaulliste pur et dur... Un bel euphémisme.

Il faut le faire quand même ! Un promoteur actif de l'OTAN, probable agent de la CIA, qui profane la tombe de Charles De Gaulle, lui qui fut le chef d'état d'occident le plus farouchement opposé à l'OTAN et qui échappa miraculeusement à de multiples tentatives d'assassinat par la CIA.

Allez les jeunes, professeur Sarko va vous donner une bonne leçon d'histoire !

mardi 9 novembre 2010

Le boni-cadeau (la magie de nowell 3)

Comme j’achève ma tournée de centre d’achats, je vous promet que c’est ma dernière chronique sur le sujet…(euh.. promesse d’ivrogne peut-être...)

En commençant mes petites rénovations, il y’a trois semaines, je me suis rendu compte que la scie sauteuse que j’avais achetée usagée il y’a quelques années dans un pown-shop avait rendu l’âme. Je m’étais dit que je m’en passerais. Mais finalement, à force de gosser avec mon égouïne, je me suis tanné et suis donc retourné au Rona m’en procurer une. Et vive la carte de crédit !

Le quincailler-partenaire-associé (je sais pas si c’est répandu, ce genre d’appellation, c’est Wal-Mart qui a introduit ce concept, me semble-t-il, pour éviter le terme tout simple d’employé, ce qui exige des charges sociales de la part des boss) le gars donc, me suggère une Dewalt en spécial à 100 $.

Je vous jure que Mario Pelchat braille son Minuit Chrétien encore une fois dans les speakers. J’ai pas le goût d’achaler le monde avec Noël cette fois-ci, alors je sers les dents en espérant que ça se passe le plus vite possible. La fille au comptoir me demande :

-Carte Air Miles ?

-Non que je réponds.

-Nous avons un spécial de remise de dix dollars sur tout achat de 100 $ pour le temps des fêtes et je vois que vot' facture avec la taxe, ça monte à 99,99 $, me dit la fille presque catastrophée. Voulez –vous achetez un petit quelque chose pour profiter du boni-cadeau ?

-Bin quoi par exemple ?

-Je sais pas moi, n’importe-quoi !

Je suis interloqué… Y’a une file d’attente en arrière de moi et faudrait que je trouve kétchose dont j’aurais besoin dans les prochaines vingt secondes ou prendre mon temps et me résoudre à refaire la file pour profiter de ce super cadeau.

Comme ça fait déjà quelques secondes que je réfléchis, un bon samaritain tente de me venir en aide. C’est le type de québécois plutôt affable, bel homme dans la quarantaine légérement bedonnant, le regard franc, un jeans propre et un manteau de sport de bonne qualité, mais sans logo voyant, les cheveux court, le genre de gars que tout le monde voudrait avoir comme ami, voisin ou beau-frère.

-Bin r’garde là. Ça te tente pas d’acheter n’importe quoi, (il balaye le présentoir du revers de la main) un p’tit cadenas, une revue de rénovation? Tu pourrais l’donner en cadeau à un voisin ou à ta famille pi tu vas gagner dix piasses. !!!

Je regarde la file qui s’allonge en arrière, abasourdi.

Je dis :

-Je ne suis pas très riche et c’est sûr que ça m' fait pas plaisir de me passer d’un rabais de dix piasses.

En moi-même, je me dis que je ne suis pas assez pauvre pour en avoir désespérément besoin ni assez riche pour me foutre de perdre dix minutes de ma journée pour du niaisage. Et je continue sur ma lancée :

-Pi j’vas vous dire kétchose : je ne vais pas très bien. Mais personnellement, j’aimerais mieux que les gars de marketing, y nous côlissent la paix un p’tit peu . On pourrait payer un juste prix et arrêter de niaiser dans les files d’attentes en écoutant des tounes de Noël à faire vomir pour s’acheter des objets dont on a pas besoin et profiter de pseudo-rabais à la con.

J’ai payé ma Dewalt, sous le regard amusé du bon gars.

Je suis sûr qu’il n’a rien compris à ce que j’ai essayé de lui expliquer.

Encore heureux, la toune qui jouait dans les speakers rendu-là, c’était pas une toune de Noël. Y’a des signes encourageants quand même.

samedi 6 novembre 2010

Magie de nowell bis

Je me dois d'insister à propos de Noël.

Je suis sur un choc nerveux.

Comme je suis dans une période creuse avant le mois de décembre en musique, je réaménage mon petit studio maison, mon lieu de travail et en plus, je prépare la maison pour l'hiver et équipe ma petite famille de manteaux , bottes etc. Faut dire que je suis en retard. Il me faut rentrer le boyau, protéger des arbustes, rentrer la table du jardin, faire le ménage de la cour, mettre les plastiques sur les fenêtres etc. Pour le studio, je change mon système de tablette, reconverti mon "rakc-mount" en bois etc... Donc bricolage mais aussi loadage de cartes de crédit. Mais heureusement, il y'a de cela plusieurs années, j'ai décidé que j'allais récolter le maximum de cette folie collective qui s'appelle Noël en chantant partout ou je pourrais tant que je pourrais jusqu'à l'épuisement total. Le deux janvier, je devrais arriver flush....

C'est donc ma troisième visite dans les magasins cette semaine, mais on est samedi. Et j'ai eu le malheur de rentrer dans un Mall. Et là, c'était la folie collective telle que je me rappelais du temps de la dernière semaine de Noël. Stationnement rempli à craquer. Sapins partout. Employés habillés en rouge. Musique de Noël mur à mur. Mais on est le 5 novembre !!!!!
Les Femmes de 15 à 60 ans sont habillées comme des magasines ...j'allais dire de mode, mais on pourrait dire de cul selon les standars de l'époque de mon adolescence... mettons.

J'ai foncé fébrilement jusqu'au Sport Expert pour acheter des Crocs pour mon fils et suis ressorti en courant pour terminer ma visite au Rona. Là, j'avais des tablettes à faire couper et j'ai eu le temps d'entendre plusieurs horribles chansons de Noël. Quand je suis arrivé dans la file, Mario Pelchat vociférait le minuit chrétien. Je me suis accroupi, les pieds à plat, la tête entre les genoux en déroulant ma colone vertébrale et en me concentrant sur ma respiration. L'attente a durer le temps de la chanson, ce qui m'a paru interminable. Rendu à mon tour j'ai demandé au caissier:
-Est-ce que vous entendez beaucoup de chansons de Noël toute la journée ?
-Ou...oui. U...u..une cinquantaine au..au..mmoins me répond-il.
C'est un gar bien bâti avec des yeux doux et timides qui bégaye sa réponse.
-Est-ce que c'est dur ?
-Oui.
-Et on est que le 5 novembre !
-Oui...J..j..je ss..sais
-Je te souhaite bon courage !
-Bon..bo..bonne journée.

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Quand j'ai commencé à chanter dans les centres d'accueils pendant le temps des fêtes avec mon folklore québécois il y'a dix ans, il y'avait encore quelques vieilles bâtisses historiques difficiles à chauffer avec des équipes hospitalières pas encore complêtement démolie par le rouleau compresseur de l'extrême-droite économique . Je faisais des tours de chant de chambres en chambres pour des grabataires sur le bord de la tombe qui parfois remuaient pour la première fois depuis des semaines au son du Sainte Nuit. Certains pleuraient. Dans ma profonde solitude d'être humain déphasé de mon époque, je me sentais utile, loin des lumières des sapins et des paillettes.

Mais là. Puisque les CHSLD sont en train de fermer et que ceux qui restent n'ont plus de budgets. Maintenant que les centres ou je peut me produire sont construits flambants neufs pour des gens en forme qui ont de l'argent, à quoi me servira de leur chanter le Sainte Nuit le 24 décembre alors qu'ils auront entendu le minuit chrétien à coeur de jour depuis cinquante cinq jours ?

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Nous traversons la plus grande dépression économique de l'ère moderne et nous faisons face à la possible extinction de l'espèce. Et les gars de marketing eux, y s'colisse bin de toutt. Rien n'est sacré: ni l'enfance, ni la vielliesse, ni la vie, ni la mort, ni la musique, ni le silence, ni la tradition et surtout pas noël.

L'extinction de l'espèce.... Ne serais-ce pas mérité ?

jeudi 4 novembre 2010

La magie de nowell

Pour faire écho à Guillaume sur son blogue, qui nous annonçait (déjà!) le retour massif des atroces tounes de Noël dans les magasins, j'ai du affronter la réalité ce matin. J'avoue que j'ai un faible pour certains cantiques traditionnels quand ils sont chantés (parfois) avec grâce et bon goût par de bonnes chorales dans la semaine précédent le 24, spécialement si il y'a un peu de neige.

Mais là, j'ai eu droit à un minuit chrétien chanté par une chanteuse à appogiature sur un syrop dégoulinant de synthé un 4 novembre dans un Rona !!! De quoi se flinguer.!!! Les gars du marketing sont vraiment substils comme dirait Elvis Gratton. J'ai laissé une plainte. La fille au service à la clientèle m'a tendu la feuille avec empressement. Et je compte bien récidiver tout le mois de novembre à chaque fois que je pourrai.

À moins qu'on annonce la loi martiale d'ici là.

La caricature est de Garnotte dans le Devoir

lundi 1 novembre 2010

Le four conventionnel

On l’a acheté y’a trois ans. Pas trop cheap, pas haut de gamme non plus. Pas de plaques chauffantes. Blanc. Un Maytag bin standard. La seule particularité qui, à première vue, semblait un avantage, c’est que l’élément chauffant du bas est recouvert d’une plaque de métal, donc plus facile à nettoyer.

Pas de troub’ avec. Y fait sa job de poêle depuis ce temps. La seule affaire poche, c’est que le tiroir du bas dans lequel les poêles en fontes aboutissent toujours en temps normal…bin… c’est un calvaire à chaque fois pour l’ouvrir, pi c’est encore pire quand y faut le r’fermer. Pas de bérignes après ça comme avec les anciens. Bon. On a d’autres chats à fouetter, fa que les poêles en fontes, j’ai z-utilisent pas souvent vu qu’on en a en téflon dans l’armoire de thermoplastique. Ouin..je sais, y disent que c’est cancérigène le téflon…mais bon.. faut bin mourir de kétchose.

L’aut dimanche, je r’conduis ma fille à Ville St-Laurent pour l’Haloween chez une amie dont le père travaille pour les guichets automatiques Diebold …Y’était surpris l’bonhomme de voir que j’connaissais le siège social de sa compagnie en Ohio. Ouain.. une histoire de machine à voter pas très nette, mais là, ça va faire la digression.

De retour chez nous, avec ma blonde, on s’prépare un poulet à la moutarde pour le griller au four. En attendant que ça cuise, je joue une game de Donjon avec mon fils et ses trois chums. Comme mes enfants sont rendu tous les deux au secondaire, c’est la première année depuis une décennie que je peux enfin me passer de l’Halloween et je suis méchamment content de cette bonne nouvelle. Arrive l’heure du souper. La température dans l’four arrive pas à grimper plus haut que 150 degré Celsius. On gosse après. Check voir si y’a des fusibles. L’élément du haut semble fonctionner mais le bas… pas sûr. Faut dire qu’on peut pas vraiment voir c’qui s’passe en dessous de la fameuse plaque de métal. On finit par passer l’poulet au micro-onde une coupe de minutes pi on le termine à la poêle. Les légumes sont frettes mais bon, on a déjà vu pire.

Le lendemain matin, j’appelle le réparateur d’électro-usagé. Le v’là qui entre avec son coffre à outil. E’rgarde le four. Fait une tite moue résigné pi, comme en s’parlant tout haut, y dit:
-Ouain ! un Maytag. Ça fait trois ans ? C’est pas si pire. Mais les éléments chauffants end’sours de t’ça, ça arrive souvent que ça chauffe trop.

Y défait la plaque de métal pi y nous montre l’élément carbonisé à deux endroits.

-Ouan. Au moins c’modèle-là, j’devrais être capable de trouver la pièce qu’y dit.
-Fais que comme ça, ça arrrive souvent ? que j’demandes un brin incrédule.
-Bin oui. À cause de la plaque de métal. C’est pas un bin bon design. Est-ce que vous utilisez l’autonettoyant ? qu’y d’mande.
-Pas souvent que j’dis.
-Bin c’est mieux pas trop souvent, qu’y dit l’réparateur. Mais surtout utilisez la fonction sur plusieurs heures pour que ça chauffe pas trop fort. Si non le mieux c’est de faire ça à 'main avec un SOS.
-Gloups que je déglutis. Est-ce que ça veut dire que ça peut recommencer ?
-Bin d’ici deux trois ans, oui, ça peut. Si ça arrive que l’élément y pogne en feu, le mieux c’est de toutt éteindre pi d’laisser la porte du four fermée pour pas laisser entrer l’oxygène.
-….?!!!?....Euh…Ça veut dire que c’est vraiment nul comme poêle ? que j’affirme sous forme de questionnement.
-Non pas vraiment qu’y répond. Y’ont toutte kétchose qui marche pas bin astheure.
-À part le haut de gamme que j’ose avancer ?
-Non, le haut de gamme, c’est pareil. C’est souvent les mêmes morceaux cheaps avec un beau crémage.
-Bon. Au moins ça vous fait de l’ouvrage tentai-je d’affirmer en badinant.
-Y fronce les sourcils, hausse les épaules pi y dit : bin les pièces, pour les trouver c’est de plus en plus difficile. Les compagnies, une année y’achêtent en Italie, un autre année en Allemagne, au Mexique ou en Chine. C’est pas évident de trouver l’bon morceau pi on perd beaucoup d’temps.

Fais qu’y remballe ses affaires pi y dit :

-En téka, j’vas vous rappelez d’ici deux jours quand j’vas avoir la pièce. Bonjour là.
-Bonjour à vous.
….???!!!???

C’est ça qu’on appelle aujourd’hui, un four conventionnel : t’es sûr qu’y va briser dans les trois ans, pi si y met pas l’feu à ta maison, t’es bin chanceux si tu trouves les pièces pour le faire réparer.

Moi …tu suite, j’ai pensé au rendement de 30 % des actionnaires de Maytag. Pi aussi à des millions de fours quasiment neufs dans les dompes d’occidents, à Stephen Guilbeault, à Greenpeace, à la fondation Suzuki, pi à leu-z-esti d’taxe du carbone su’l’marché boursier. J’me suis dis en moi-même : y’a des coups de pieds au cul qu’y s’pardent en tabarnak !