mardi 22 juin 2010

Témoignages des survivants du Mavi Marmara

Voici deux témoignages de pacifistes engagés sur le Mavi Marmara,ce bateau turc humanitaire qui a subit les attaques meurtrières des Israléliens, il y'a trois semaines.

D'abord celui de Jamal Elshayyal,

Jamal Elshayyal, collaborateur d’Al Jazeera, fait ici le poignant récit de l’assaut barbare d’Israel contre la Flottille de la Liberté. A sa lecture, chacun peut imaginer le traumatisme qu’ont subi les 600 passagers du Mavi Marmara. Ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie ont laissé des familles et des amis endeuillés. Cependant, après ce énième carnage, qui a violemment choqué l’opinion publique, Israël ne pourra plus occulter ses crimes passés ; ni échapper au jugement de l’histoire. Cette fois, dans le monde entier, les gens ont pu voir de leurs propres yeux ce qu’Israël a toujours réussi à camoufler : la sauvagerie de ce qu’il qualifie d’ « armée la plus morale du monde ». Et ils peuvent commencer à comprendre ce que subit quotidiennement – en pire – la population palestinienne, hommes femmes, enfants et malades confondus, en Cisjordanie et à Gaza. – Silvia Cattori

Et puis celui de Ken O’Keefe, (désolé, celui-ci est en anglais)

Ken Okeefe, former US Marine, Gulf War veteran, and now survivor of the Mavi Marmara massacre, has issued a remarkable and searing statement from Istanbul.

In conclusion; I would like to challenge every endorser of Gandhi, every person who thinks they understand him, who acknowledges him as one of the great souls of our time (which is just about every western leader), I challenge you in the form of a question. Please explain how we, the defenders of the Mavi Marmara, are not the modern example of Gandhi’s essence? But first read the words of Gandhi himself.

I do believe that, where there is only a choice between cowardice and violence, I would advise violence…. I would rather have India resort to arms in order to defend her honour than that she should, in a cowardly manner, become or remain a helpless witness to her own dishonour. – Gandhi

And lastly I have one more challenge. I challenge any critic of merit, publicly, to debate me on a large stage over our actions that day. I would especially love to debate with any Israeli leader who accuses us of wrongdoing, it would be my tremendous pleasure to face off with you. All I saw in Israel was cowards with guns, so I am ripe to see you in a new context. I want to debate with you on the largest stage possible. Take that as an open challenge and let us see just how brave Israeli leaders are.

jeudi 3 juin 2010

Un anglais impeccable

J’apprécie l’effort de Monsieur Mathieu Bock Côté qui, s'opposant à la loi 103, souffle désespérément dans le cornet de la survie de la langue française en Amérique du nord. Même sa posture de pseudo-modéré anti-égalitariste et de post-colonisé affranchi me plaît quasiment tant elle transpire la bonne volonté du tâcheron sincère. Mais c’est peine perdue mon pauvre vieux.

Quand on voit que, pour lui donner la réplique, Madame Maréchal donne du temps de micro à ce scab d’extrême-droite du Journal de Montréal, Éric Duhaime, on se dit qu’on est aussi bien de devenir Papou ou Marsien ou canard boiteux dans le golf du Mexique. Ce misérable nabot pleurniche sur l’injustice criante que les vestiges putréfiés de la loi 101 représentent à ses yeux envers la jeune génération montante qui a tant besoin de l’anglais pour s’épanouir et s’ouvrir au monde dans la diversité mondialisée. Il se permet de mettre sur le même pied l’attractivité du finlandais, du serbo-coate du français et de l’anglais en Amérique du nord comme si le libre choix de la langue d’enseignement devait se comparer au libre choix du consommateur dans une épicerie.

On aura donc compris que Jean Charest ne va pas assez loin avec sa loi 103, en officialisant la loi des écoles passerelles qui permettent le passage des rejetons de riches francophones vers l’école anglophone de leur choix. Face aux arguments de cet ardent défenseur de la liberté de faire du fric à tout prix, même celui de l’auto-destruction anthropologique, les éditoriaux de la Gazette sont des parangons de modération, et les élucubrations de Richard Martineau, des modèles de rigueur intellectuelle.

C’est ce même Éric Duhaime qui, il y’a deux semaines nous vantait les mérites de l’Alberta et enjoignait les québécois de remercier à genoux l’industrie des sables bitumineux qui nous permet de vivre si grassement au Québec grâce à la généreuse péréquation fédérale. Rappellons pour mémoire qu'il affirmait, sans rire, que ..

..l’actuelle hystérie verte contre le pétrole albertain menace notre bien-être économique .

Cet humoriste diplomé des campagnes électorales de l’ADQ dont il a été l’organisateur avant de devenir « professeur de démocratie » en Irak., nous disait aussi que

..nous produisons le pétrole le plus éthique de la planète, en utilisant les technologies les plus environnementalistes…

Avec une élite aussi convaincante, on peut être rassuré quand à l’avenir de nos petits-enfants. Si ils sont encore en vie pour profiter des forêts canadiennes dévastées, ils pourront au moins se consoler en parlant un anglais impeccable.

Le traitement "objectif" de la nouvelle

Julie Miville Deschêne
Ombudsman de Radio – Canada

Madame

Le traitement de la nouvelle sur le massacre des militants de flotille de la paix par l’armée Israélienne ne cesse de m’indigner chaque jour. Ce matin encore, le reporter de la maison prétendait que personne ne connaissait la vérité sur les événements qui se sont produits à bord du bateau, la version Israélienne différant, il va sans dire, de celle des militants désarmés qui ont survécu à l'agression meurtière, effectuée sans sommation, par une unité militaire dans des eaux internationales.

En adoptant une telle posture, la « communauté internationale » et les journalistes occidentaux font preuve d’une mauvaise foi proprement inadmissible tant sur le plan légal, en regard du droit international, que sur le plan de l’objectivité journalistique. Et je ne parle pas ici du plan moral. Il y’a longtemps que le journalisme occidental a dépassé les limites de l’acceptable sur le plan des valeurs les plus élémentaires de respect de la dignité humaine . Par contre, ce qui représente un fait nouveau d'après moi, c'est l'ampleur de la condescendance occidentale envers le régime Israélien qui pourra désormais assassiner impunément des militants pacifistes en dehors de son territoire.

Je suis profondément attristé de constater un tel manque de rigueur et de courage de la part des journalistes de Radio-Canada dans ce dossier.

Jean-François Thibaud

*************

Monsieur Arcand

Votre traitement de la nouvelle concernant l'assaut d'Israel sur la flotille de la paix est plus courageux que celui de la plupart des journalistes des autres médias canadiens, de mon point de vue.

Cependant, je veux porter à votre attention un détail. À la fin du topo sur le sujet ce matin, vous avez cru bon d'ajouter "en espérant que les palestiniens se détournent du Hamas"" Peut-être n'avez-vous pas le choix, dans le monde tel qu'il est, de faire ce genre de commentaire pour éviter de vous faire taxer d'anti-sémitisme.

Je ne veux pas ici faire l'apologie du Hamas. Mais le problème demeure que, dans l'état actuel des choses:
1-Le Hamas demeure une entité politique démocratiquement élue. Les jugements de valeurs sur les choix politique d'une nation entière devraient être traités sur le même plan que les choix politiques de toutes les autres nations du monde, ce qui n'est manifestement pas le cas lorsqu'il s'agit des palestiniens.
2-Rien ne prouve, pour le moment, que la faction terroriste du Hamas ait pris part à cet envoi humanitaire.
3-Quand bien même, des terroristes se seraient trouvés à bord, absolument rien ne justifie une telle manière de procéder.
4-Les circonstances entourant cette agression Israélienne sont sans équivalents dans l'histoire moderne d'un pays supposément "démocratique".

Par conséquent, cette phrase, que vous avez dites est hors sujet. Nous savons tous pourquoi le peuple palestinien a élu le Hamas: à situation extrême, réponse politique extrême.

Le sujet cette semaine, ce ne devrait pas être le Hamas, mais la complicité objective de l'Occident envers un régime qui maintient une population entière dans un camp de concentration urbain et l'agression meurtrière d'un pays supposément démocratique envers un convoi humanitaire citoyen et multilatéral.

Bien à vous

Jean-François Thibaud

mardi 1 juin 2010

Ça suffit l'Alberta Bashing

Monsieur Éric Duhaime, ce grand démocrate qui sévit dans le journal de Montréal et le journal de Québec, nous faisait un topo objectif il y'a deux semaines sur le thème de l'Alberta Bashing.

Voici quelques affirmations éclairantes, tirées de cet article:

Les sables bitumineux constituent la plus grande richesse du Canada tandis que l’actuelle hystérie verte contre le pétrole albertain menace notre bien-être économique.

Le Canada détient la deuxième plus importante réserve de pétrole au monde. Nous produisons le pétrole le plus éthique de la planète, en utilisant les technologies les plus environnementalistes.


(...)

L’énergie étant une compétence des provinces, le Québec devrait être le plus grand allié de l’Alberta et son principal partenaire pour développer cette richesse. Le moins Ottawa réglemente et taxe notre secteur énergétique, le mieux on s’en porte.

Bien des libéraux et péquistes ont l’épiderme sensible et n’hésitent pas à taxer quiconque s’attaque au modèle québécois de s’adonner à du Québec bashing. Le temps serait peut-être venu de se regarder dans le miroir et cesser immédiatement de s’acharner sur nos généreux compatriotes de l’Ouest…


Il est intéressant de savoir que ce Monsieur Duhaime, qui a été le directeur de campagne de Mario Dumont et de l'ADQ aux dernières élections est aussi un "professeur de démocratie" au Maroc, en Mauritanie et en...Irak.

Voir cet article de juillet 2009 dans le soleil.

Un véritable combattant de la liberté et de la démocratie:

Après avoir été le conseiller politique de Mario Dumont de 2003 à 2008, Éric Duhaime vient de s'attaquer à une tâche politique colossale, alors qu'il a participé, depuis le printemps, à la transition de l'Irak d'une dictature vers un pays démocratique.
«J'avais déjà travaillé comme consultant en développement démocratique au Maroc et en Mauritanie durant deux ans et demi, mais l'Irak, c'est mon plus grand défi en carrière. C'était vraiment fascinant», explique-t-il.
Celui qui s'est envolé pour le Moyen-Orient après le dernier scrutin provincial devait préparer les élections du 25 juillet au Kurdistan et les élections générales qui devraient avoir lieu en janvier 2010.
«J'étais directeur du programme des partis politiques pour un organisme sans but lucratif voué au développement de la démocratie à travers le monde», poursuit celui dont la mission était d'aider les partis à s'organiser en vue des prochains scrutins.


Heureusement que nous avons des élites si clairvoyantes pour nous éclairer, nous, le bon peuple ignorant.