(On est pas des sauvages !!!)
La semaine dernière, j’ai jeté au panier plusieurs textes indignés sur Haïti en me disant que ça dépassait tellement l’entendement qu’il valait mieux garder le silence. Avec mes années d’observation de l’impérialisme américain, je n’aurais pas du être étonné de ce qui allait arriver. Mais, toujours prêt à croire que la compassion humaine peut parfois triompher, je m'étais dit, en voyant les dix milles marines dépêchés sur place que, bon, c’est peut-être normal que l’ONU n’ait pas les moyens de faire ce travail colossal. N’avais-je pas critiqué l’absence de mobilisation pour Katrina ? Alors, va pour les marines ! Pourvu qu’ils fassent vite pour déblayer la voix et laisser passer les soins !!
Et pourtant, sidéré, je l’ai été à fond en voyant se déployer le cauchemar: des avions humanitaires empêchés d'atterrir sur la piste sous contrôle américain parcequ'on a priorisé un scientologue millionnaire!!!Les premières bouteilles d'eau distribués après trois jours !!! Aujourd’hui encore, après 20 jours, le camp principal de Port-aux-Princes n’existe tout simplement pas !!!! Et des journalistes comme Mario Roy qui pilonnent les critiques faites aux américains:
http://www.cyberpresse.ca/opinions/editorialistes/mario-roy/201001/19/01-940528-yankee-go-home.php
Chose sûre, aucune autre nation au monde ne peut - ni ne veut, d'ailleurs - assumer un tel déploiement. Et, en la circonstance, il est répugnant que cela nourrisse les vieux démons de la haine idéologique
Alors samedi matin, plein de bonnes résolutions, j’ai décidé de ne pas ouvrir les journaux mais plutôt d’écouter le Bigot avec mon café en me disant que, lui au moins, avec ses tomates et ses voiliers, il n'allait pas me faire grimper dans les rideaux. Mais un chroniqueur mal à l’aise a signalé le papier de Patrick Lagacé, (PatLag pour les intimes) et j’ai pas résisté à aller voir.Hélas.
http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/patrick-lagace/201001/30/01-944655-haiti-malade-de-ses-charades.php
J'ai l'air brutal. Mais c'est une partie de la charade: de peur d'être taxé d'insensibilité ou de racisme, personne n'est jamais brutal avec Haïti
Les Haïtiens, de toute façon, ne le prendraient pas. Brutaux entre eux, ça va, de dictateurs en putschistes, ils tolèrent. Et quand un président élu leur coupe les couilles, ce sont les marines américains qui le sacrent dehors. Pas les Haïtiens.
Faut-il rappelé que « un » président élu, c’est Aristide, qu’il fut le seul, et qu’il peut probablement se compter chanceux d’être en vie. Allende au Chili, n’a pas eu cette veine.
Mais si la critique vient d'un étranger, alors là, c'est le tollé, c'est le fleuve de courriels, c'est le verbiage sans fin à la radio, c'est l'accusation de visées colonialistes.
Un accordéoniste de folklore que je connais me tenait le même discours sur l’Afrique : « On veut les aider, mais ils se bousillent eux-mêmes !… » Un gars que j’ai connu, un ex-soldat canadien revenu d’Afghanistan et qui avait œuvré en Haiti était moins subtil : « On devrait bombarder, tout raser, et transformer l’ile en parking pour les touristes. »
J'en ai assez des charades. J'ai eu le coeur suffisamment brisé par suffisamment d'enfants affamés, cette semaine. Je crois avoir décrit l'urgence avec suffisamment de compassion pour avoir le droit, ici, juste une fois, de dire que les Haïtiens participent activement à leur malheur. Par passivité, justement. Et nous? Continuer à aider Haïti exactement comme avant le 12 janvier, c'est créer une autre génération de misère, d'orphelins et de bullshit.Assez, s'il vous plaît. Assez.
Sur cela, je tombe d’accord avec Patblague : Assez c’est assez ! Rien à faire avec ce dossier. Avec les minerais et le pétrole qui se trouvent dans le coin, on assiste à un démantèlement dans le genre du Congo mais en pire comme si c’était possible. À pleurer.
Et puis aujourd’hui c’est sur le front domestique que ça se déchaîne !!!
La chef du Parti Québécois, Pauline Marois, vendredi dernier, a voulu se positionner comme une modérée dans les négociations avec le secteur public en qualifiant « d’un peu élevée » la demande de rattrapage de 11 %. En entendant René Homier Roy applaudir des deux mains, j’ai bien compris que tout le monde veut pousser Pauline avec une tape dans le dos : « Enwaye Pauline, t’es capab d’avoir l’air raisonnable en rabrouant gentiment les syndicats! » Bon. C’est la game dans le monde néo-libéral et malgré tout, même si je sais qu’elle nous enfoncera le déficit dans la gorge si elle est élue, je me dis qu’il faut bien lui donner une chance dans la real politic. Mais Marc Laviolette, du SPQ libre, ne l’entendait pas de cette oreille, et il avait bien raison, car c’est sa job de se battre contre les néo-libéraux à l'intérieur du PQ.
Il n’en fallait pas plus pour que le Scab du journal de Montréal, exilé en Espagne, Joseph Facal, rapplique
http://lejournaldemontreal.canoe.ca/journaldemontreal/chroniques/josephfacal/archives/2010/02/20100201-093322.html
Cela n'a pas empêché le SPQ Libre, un groupuscule syndicalo-gauchiste au sein du PQ, dont la composition exacte est assez mystérieuse, de s'indigner des propos de Mme Marois
Et plus loin
ou le PQ continue à faire des compromis avec ces hurluberlus qui lui causent énormément de tort, ou il y met fin, casse des oeufs et déplaira aux syndicats dans une conjoncture particulièrement délicate. Il faudra choisir.
Moi, j’ai un frère, prof de CEGEP qui n’a pratiquement pas eu d’augmentation depuis dix ans…Et que dire des infirmières qui ont eu des 0% et des 1% alors que les médecins eux, ont eu dans les 25 % récemment. Les Hurluberlus dont Facal nous parle, sont financés, certes par les syndicats, mais ils sont les héritiers des Lazure, Laurin et Godin qui ont révolutionné le québec. Mais parce qu’ils n’écrivent pas dans le journal de Montréal ni ne passent à René-Homier Roy, ce sont donc des Hurluberlus. Et surtout, il faut qu'ils disparaissent.
Le caniche de poche, Richard Martineau a poursuivi la profonde réflexion :
Comme m'a dit un ami hier : «Les péquistes sont barrés à 40.»Leur marge de manoeuvre pour critiquer les syndicats et tout ce qui touche la gauche est pratiquement nulle. Résultat : les gens ont de plus en plus de difficulté à voir la différence entre le PQ et Québec Solidaire. La seule façon de les distinguer est que les péquistes gardent leurs souliers à leurs pieds et ne les lancent pas sur des affiches de George W. Bush, c'est tout. Pour le reste, c'est rouge bonnet, bonnet rouge.
Woo ! Marx, Trotsky et Che Guevarra, sortez de ce corps ! comme il est de bon ton de badiner chez les modérés . Comme on le sait, le Parti Québécois, depuis Lucien Bouchard est un repaire de dangereux communistes hurluberlus.
Pour finir, je me suis même infligé Dutrisac cet après-midi dans le traffic. Il nous a nommé le conseil d’administration du SPQ libre au complet pour démontrer à quel point ces militants syndicalistes ont un pouvoir immense sur la société québécoise. Il interviewait Facal bien sûr, en nous rappelant que tout ça, c’est de la faute à Bernard Landry, ce gauchiste, qui à l’époque, avait autorisé la venue du SPQ libre au sein du PQ pour lutter contre Québec Solidaire.
Ça me rappelle que Landry, à cette époque, était tout heureux qu’on ait découvert du pétrole dans le Saint-Laurent
À ce rythme-là, une dizaine d’années encore et on est bon pour un ti-tremblement de terre. Mais, nous au moins, on aura les gars de Vacartiers pour prendre le contrôle de l’aéroport Pierre Trudeau. On n’est pas des sauvages !!!
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