samedi 28 novembre 2009

Le mythe de la rationalité

Cette année, nous vivons la grande crise de la grippe H1N1.

Pas un jour ne se passe depuis deux mois sans que notre vie quotidienne n’en soit affectée. Au travail, dans les loisirs, dans tous les aspects de la vie humaine, ce sujet est au centre des préoccupations. Allons nous faire vacciner? Le vaccin est-il ou non efficace? Le vaccin arrivera-il à temps ? Sera-t-il distribué équitablement ? Est-ce un manque de solidarité de ne pas se faire vacciner ? Exagérons-nous ses dangers ? Son taux de mortalité, même si il est ridiculement bas, doit-il nous empêcher de prendre des mesures aussi radicales ? Pourquoi certains activistes anti-vaccins sont-ils aussi irrationnels avec leur théories du complot absurdes? Voilà des questions récurrentes que l’on entend sur la place publique.

D’autres questions sont moins souvent entendues dans l’espace public officiel. Combien coûtent ces vaccins ? Quelles sont les compagnies qui en bénéficient ? Sur quelles études se basent les décideurs pour implanter les programmes de vaccination ? Pourquoi l’OMS a-t-elle demandé d’arrêter de comptabiliser les cas au mois de juillet dernier ? Comment les services de santé mondiaux font-ils pour avancer des taux de contagion au virus du H1N1 sans faire d’études cliniques comparatives et sans faire d’autopsies ? Pourquoi des cas de décès de sportifs font les une aux Etats-Unis, au Canada et en France au moment précis où leurs campagnes de vaccination respectives stagnent, alors qu’aucune preuve de la relation directe entre ces décès et le virus n’a été étayée ? Peut-il y’avoir un lien entre la vaccination des enfants et la montée dramatique des cas d’autismes ? Pourquoi autant d’emphase médiatique sur ce dossier et si peu, en comparaison, sur la dépression économique mondiale ou les conflits militaires majeurs qui se déploient sous nos yeux ? Pourquoi diable, les médias tirent-ils à boulet rouge sur les citoyens qui s’interrogent sur ce phénomène ?

Cette réflexion grossière que je me fais en ce calme dimanche après-midi, alors que les enfants sont partis chez leur grand-mère, il a aussi une source plus profonde. Je m’interroge sur l’importance de la rationalité et de l’objectivité dans la vie moderne.

La définition sommaire de wikipedia sur la rationalité tourne autour de la « conduite cohérente voire optimale» des individus par rapport à leurs « intérêts supposés ». La rationalité économique, plus précisément, pose les balises d’une « fonction d'utilité qui prend en compte les revenus et les temps de loisirs » et qui est « une hypothèse centrale du modèle d'équilibre général.» On admet que « les agents économiques ne se comportent pas toujours rationnellement mais qu'ils ne bénéficient pas de toute l'information pour prendre leur décision» Et aussi que «La finance comportementale en particulier étudie les biais cognitifs et les techniques de manipulation qui peuvent affecter la rationalité économique.»

La rationalité telle que décrite ici fait donc face à plusieurs défis:
le caractère « cohérent » et « optimal » de la conduite des individus. Le caractère aléatoire des décisions économiques individuelles lors que l’information n’est jamais complète et souvent biaisé par les techniques de manipulation.

C’est pas moi qui invente. C’est sorti tout droit du dictionnaire.

Avec l’objectivité, on entre plus avant dans la philo pure dans laquelle je ne suis pas ferré. Mais la difficulté fondamentale m’apparaît celle-ci :
« L'un des critères d'objectivité les plus courants est celui de l'indépendance à l'égard d'un quelconque sujet connaissant. »

Je constate que, généralement, les critère d’objectivité les plus courants utilisés par les scientifiques et les journalistes pour déterminer le niveau d’indépendance du "sujet connaissant" qui avance des hypothèses ou des théories ou de celui qui pose des actions ou applique des politiques à partir de ces hypothèses ou théories concernent l’approbation d’une majorité de pairs dans le domaine d’activité ou de recherche concerné et la qualité de l’institution qu’il représente. Autrement dit, le consensus entraîne le consensus. La confiance entraine la confiance, dans un monde objectif où hélas, il faut bien le répéter, «les techniques de manipulation (…) peuvent affecter la rationalité (…) » (d’après moi pas seulement économique). On me rétorquera que c’est toujours mieux de se baser sur le jugement des pairs pour juger de l’indépendance du "sujet connaissant" que de ne se baser sur aucun critère. Un peu comme en politique, on prétend généralement que la démocratie est le moins pire des systèmes inventés à ce jour…

Et pourtant, ici s’achèvent pour moi les limites de ma tolérance à la rationalité érigée en dogme qui détermine la « conduite cohérente voire optimale» des individus par rapport à leurs «intérêts supposés».

Ici, comme on le voit, j’atteins mes limites comme philosophe à cinq sous et j’entre de plein pieds dans le monde qui m’est plus familier des instincts et des émotions alors que mon effort de réflexion se transforme rapidement en révolte et en colère.

Je redeviens artiste.

Et je constate alors l’extrême contradiction entre la suprématie de la rationalité dans notre vie courante et l’importance démesurée accordée à l’artiste moderne, érigé en demi-dieu dans la société du spectacle, alors qu’il vit principalement son art à travers l’expression de ses instincts et de ses émotions.

Ce contraste m’apparaît d’une évidence extrême dans des anecdotes comme celle qui concerne Marion Cotillard au lendemain de son couronnement comme interprète aux Oscar. Pour mémoire, des journaux de gauche ont ressortis des propos assez badins qu’elle avait fait sur le 11 septembre quelques années auparavant mais qui mettait en doute la version officielle des événements. Une logorrhée de papiers a secoué les médias pendant deux semaines sur ce non événement. En gros, on aime bien Manon Cotillard quand elle joue magnifiquement Édith Piaf, cependant, on veut lui rappeler gentiment, (ou pas) mais avec un lourde condescendance, que la manière d’aborder les questions politiques avec les seuls arguments de ses doutes irrationnels ne sera absolument pas tolérée.

Par contraste, encore, lorsqu’un scientifique comme Hubert Reeves nous affirme, sans rire, dans une émission populaire, avec sa grande compétence objective sur les sujets politiques, que Ronald Reagan a fait des efforts remarquables pour réduire le nombre de têtes nucléaires au moment de la chute du mur de Berlin, personne dans les médias ne prend note de l’énormité de cette affirmation. Bien qu’elle soit vraie objectivement, cette affirmation ne prend pas en compte une quantité phénoménales de données qui, si elles étaient exposées arriveraient à brosser un tableau totalement à l’opposé de ce que suggère cette dite affirmation. Ronald Reagan a bien effectué une diminution du nombre de têtes nucléaires à cette époque, mais elles ont été remplacées par d’autres beaucoup plus performantes et ses politiques en général ont été un prélude à une militarisation sans précédent dans toute l’histoire humaine.

Je ne suis pas ferré en philo, mais me débrouilles en histoire. Je ne connais Descartes que dans les grandes lignes. J’ai retenu ce qui m’arrangeait des lumières, surtout Voltaire. J’ai retenu que beaucoup de ces théoriciens français étaient des nobles qui reniaient leurs castes parce qu’ils croyaient sincèrement aux progrès, à la science, au libre commerce, à la fin de la dictature de la noblesse et du clergé. J’ai retenu que les anglais n’ont jamais fait de révolutions. Que leur histoire est marquée par une réforme majeure à l’intérieur de la caste dominante, des nobles contre le roi qui a donné naissance au premier parlementarisme. Que celui-ci est demeuré presque inchangé jusqu’à ce jour. J’ai retenu que les révolutions françaises et américaines sont, au contraire, une alliance entre les bourgeois et le peuple contre la noblesse. J’ai retenu aussi que les principes des lumières de la rationalité et de l’objectivité ont été mis en pièces instantanément par la bourgeoisie qui a pris le pouvoir en Europe parce qu’elle a soigneusement refusée de s’attaquer au vice fondamental du système économique qu’elle a mis en place, à savoir la concentration monopolistique et l’oligarchie financière. J’ai retenu enfin que c’est précisément contre cela que la constitution américaine a voulu lutter en incarnant mieux que les autres cet esprit des lumières dans ces institutions. Voilà pour une compréhension généralement acceptée par tous des événements qui ont façonnés les siècles précédents.

Mais pour comprendre ce qui s’est passé par la suite, il a bien fallut aller chercher ailleurs que dans les livres d’écoles au risque bien sûr de tomber dans le sacrilège des sacrilèges contre la rationalité c'est-à-dire le « révisionnisme historique».

Pour aller plus loin, il a fallut que je cherche pour en arriver à comprendre que malgré la constitution plus rigoureuse des États-Unis, l’oligarchie économique occidentale s’en est bien torché en rigolant et en se servant des leviers de la superbe force financière de cet « état modèle » pour en faire son principal acteur dans une pièce de théâtre sanglante qui durera pendant 100 ans en fabriquant de toutes pièces des ennemis idéologiques contre qui se battre, pour vendre des armes, continuer à se saisir des ressources comme dans le colonialisme classique, faire des profits, détournés les débats, et ériger une science totalitaire pseudo objective dont les figures de proues sont en général incapables d’autocritique sérieuse. Ceci fait partie désormais de mes convictions profondes. Je suis donc devenu un «conspirationiste » fini, irrécupérable pour une vie intellectuelle partagée socialement et pour participer à des débats d’idée.

Fine. J’assume.

Alors je cherche des hypothèses. Tout seul dans la pénombre qui tombe sur ce Montréal frileux de la fin novembre.

La contamination de l’esprit critique des lumières s’est peut-être passée en deux temps. Dans une première phase, en travestissant les travaux de Darwin et en transposant une partie de son analyse sur la survie des espèces dans la sphère sociale, le colonialisme européen s’est conforté dans une justification de sa brutalité par la loi du plus fort semblable aux empires classiques. Puis est venu la phase du socialisme, hérité du christianisme, qui me semble une philosophie du plus faible au sens nietzschéen. Une façon finalement plus subtile de faire accepter l’inacceptable d’un système oligarchique foncièrement vicié. Certaines sciences humaines comme les sciences sociales, me semblent, a posteriori, avoir été crées de toutes pièces pour faire fonctionner ce système.

Les véritables critiques du XXème siècle sont venus généralement des artistes et des écrivains, de certains philosophes. Tous ces irrationnels qui n’acceptaient pas les compromis d’un système qui allait forcément conduire l’humanité à sa perte. Leurs œuvres ont été rabrouées ou encensées, mais il importait d’abord qu’elles s’insèrent dans un système de marchandisation à travers la société du spectacle pour que nécessairement, elles ne fassent aucun dommage. Bah, ce n’est qu’un roman. Ce n’est qu’une toile. Ce n’est qu’un artiste. Ahahah. Y’est tu spécial lui….

L’argument suprême contre toutes ces critiques des irrationnels aura été presque invariablement le même. Des chiffres et des statistiques pour démontrer que globalement, la condition de vie des êtres humains se sera amélioré au cours du siècle passé de manière sans précédent : allongement de la longévité, meilleure condition sanitaire, accès à l’alphabétisation croissante, meilleure condition de travail et surtout suprématie des droits individuels. Certains optimistes iront même jusqu’à dire que les conflits auront été moins meurtriers

Cependant lorsqu’il faut poser la question fondamentale : oui mais dans quel but ? C’est le silence radio.

On avance souvent, que la société amérindienne était superstitieuse et brutale comparée à la nôtre. Les arguments rationnels pleuvent pour étayer cette thèse qui me laisse pantois. J’essaie donc d’admettre que de se casser la tête à coup de tomahawk entre guerriers est bien pire que de larguer des bombes à l’uranium appauvri sur des civils du haut d’un F18 de 35 millions de dollars.

Mais nonobstant ces subtils argumentaires, il demeure en moi une conviction profonde. Une des pierres d’achoppement de la civilisation amérindienne était l’héritage transmis aux générations futures. Un troupeau de bison ne pouvait être abattu pour le simple plaisir. La responsabilité du chef de la tribu était de s’assurer que ses descendants dans les dix prochaines générations allaient pouvoir compter sur une sage utilisation des ressources de leurs ancêtres. Par contraste, le monde entier qui a désormais adopté le modèle occidental est régi pas la religion du rendement trimestriel boursier qui, comme chacun sait, est le principal responsable non seulement de l’état de délabrement psychologique des êtres humains qui sont atteints dans leur dignité fondamentale (l’apparition d’une drogue tel que le crystal-meth est pour moi un signe objectivement indéniable de cet état de fait) mais aussi de l’état lamentable dans laquelle la planète se trouve et qui menace la survie de l’espèce.

Aujourd’hui, mon instinct, mes antennes, me crient chaque jour que le progrès humain est un mythe. Dans ce contexte, la rationalité scientifique m’apparaît, elle aussi, un mythe.

En attendant de trouver une arène pour débattre de ces questions avec des gens sensés, je ferme la radio qui me déverse sa propagande mortifère jours et nuits.

jeudi 26 novembre 2009

Visite de Malalaï Joya à Montréal : la « démocratie afghane », le même âne avec une selle différente.

Malalai Joya, cette jeune députée Afghane de 31 ans était de passage à Montréal mardi dernier dans le cadre d’une tournée de conférence nord-américaine, pour demander le retrait des troupes occidentales de son pays.

Élue en 2005 dans Farâh, sa province natale, elle a siégé au parlement afghan, dénonçant sans relâche l’extrême corruption du gouvernement Karzai jusqu’à son éviction en mai 2007 par le parlement à la suite de propos très critiques qu’elle a tenus sur une chaîne de télé américaine :

Le gouvernement américain a débarrassé l’Afghanistan du régime violent et ultra-réactionnaire des talibans mais plutôt que de se fier au peuple afghan, il nous a fait sauter de la marmite aux flammes et a choisi ses alliés parmi les criminels les plus retors et infâmes de l’Alliance du Nord. Une Alliance où grouillent les ennemis jurés de la démocratie et des droits de l’homme et dont les idées sont aussi noires, diaboliques et cruelles que celles des talibans.
Pendant que les médias de l’Occident parlent de démocratie et de la libération de l’Afghanistan, l’Amérique et ses alliés criminalisent notre pays blessé, en font une terre où sévissent les guerres tribales et où le pouvoir appartient aux propriétaires de champs de pavots.


L’événement, chapeauté par le Collectif Échec à la guerre et la Fédération des femmes du Québec (FFQ), avait lieu à l’Uqam, dans un auditorium archi-plein.

En ouverture, Alexa Conradi, la présidente de la FFQ a tenu à souligner que, malgré la situation désastreuse qui prévalait en Afghanistan avant l’entrée en scène du Canada sur le théâtre du conflit militaire, son organisation avait refusé de cautionner la décision du gouvernement de se joindre à cette opération de l’OTAN, doutant des retombées positives de cette action.

Une fois derrière le micro, Malaïa Joya, cette petite femme de cinq pieds, qui a survécu à quatre tentatives d’assassinat, a livré un message d’une limpidité déconcertante. Concernant le départ des Talibans et la mise en place du régime d’Hamid Karzai, elle déclare simplement : « c’est le même âne, avec une selle différente ». À l’aide de multiples exemples très concrets, elle s’est employée à démontrer que, depuis l’entrée en guerre des troupes de l’OTAN, la situation dans son pays, loin de s’améliorer, s’est considérablement aggravée.

Les viols systématiques qui prévalaient sous les Talibans sont aujourd’hui pratiqués en toute impunité par les seigneurs de l’Alliance du Nord, des fondamentalistes islamiques, dont plusieurs sont des criminels de guerre qui ont des postes importants au cabinet ministériel afghan. L’exemple de Baïsha, cette fille de 14 ans qui a été violée par le fils d’un membre du parlement est éloquent. Demandant publiquement des comptes aux autorités et refusant de se rétracter devant les menaces des violeurs, le père de la jeune fille, s’est retrouvé à l’hôpital après s’être fait battre sauvagement. Le violeur, bien sûr n’a jamais été arrêté. Les exemples sont légions.

En ce qui concerne la culture du pavot, elle rappelle que les talibans avaient pratiquement éradiqué cette culture. Aujourd’hui, l’Afghanistan est redevenu le principal producteur d’opium avec plus de 90 % du marché mondial.

À propos des dernières élections, elle souligne que la plupart des Afghans ont refusé de se prêter à ce simulacre de démocratie puisque les deux principaux candidats Hamid Karzaï et Abdullah Abdullah sont des marionnettes notoirement connues pour leurs allégeances pro-américaines.

Commentant les récentes révélations du diplomate canadien Richard Colvin sur le transfert des prisonniers afghans par les forces canadiennes dans des centres de tortures et l’obstination de Stephen Harper à tenter de minimiser ces faits, elle a rappelé que le premier ministre canadien, qui se trouvait en Afghanistan lorsque elle-même s’est fait bannir du parlement, n’a pas levé le petit doigt pour défendre la fragile démocratie afghane.

À propos des soldats canadiens morts sur le terrain et des contribuables canadiens qui financent ces opérations, elle répète qu’ils sont victimes d’une manipulation médiatique qui consiste à faire croire que si les troupes se retirent, la situation dégénérera en guerre civile. « Mais nous sommes déjà en guerre civile ! s’exclame-t-elle ! »

Finalement, elle met en garde les canadiens qui refusent d’admettre la dure réalité de ce conflit en invoquant l’histoire exceptionnelle de son pays. Dans les siècles précédents, les afghans ont repoussé par deux fois l’empire britannique et ont contribué à l’écroulement de l’empire soviétique.

Dans un livre à paraître sous sa version française à l’hiver prochain, Malalaï Joya écrit ceci :

« Les Afghans sont parfois dépeints par les médias comme un peuple arriéré, rien d'autre que des terroristes, des criminels et des hommes de main. Cette fausse représentation est extrêmement dangereuse pour l'avenir de mon pays et de l'Occident. La vérité c'est que les Afghans et les Afghanes sont des gens braves, épris de liberté, qui ont une culture riche et une fière histoire. Nous sommes capables de défendre notre indépendance, de nous gouverner nous-mêmes et de déterminer notre propre avenir. »

Suzanne Loiselle, du Collectif Échec à la guerre est venue chlore l’exposé. Elle a rappelé ce qui se trouve en substance sur le site du collectif :

La tournée de conférences de Malalaï Joya aux États-Unis et au Canada se déroule alors que le président Obama devrait bientôt annoncer une augmentation des troupes étasuniennes en Afghanistan et que le gouvernement Harper cherche comment nous faire avaler l'extension de la participation canadienne à cette guerre au-delà du mois de juillet 2011.

Considérant que la salle Marie-Gérin-Lajoie de l’Uqam était pleine à craquer en ce mardi de novembre, on peut constater que plusieurs citoyens canadiens commencent à se poser de sérieuses questions sur la façon dont leur gouvernement actuel opère sa transition en relations internationales, s’éloignant de plus en plus de sa tradition de négociation diplomatique pour privilégier les guerres d’occupation.

(Cet article paraîtra prochainement dans l'aut journal)
http://www.lautjournal.info/

Fédération des femmes du Québec
http://www.ffq.qc.ca/

Collectif échec à la guerre
http://www.echecalaguerre.org/index.php?id=196

Site officiel de Malalaï Joïa
http://www.malalaijoya.com/index1024.htm

samedi 21 novembre 2009

Barrack Obama: Le prix Nobel de la Honte

Montréal, samedi 21 novembre 2009

Monsieur Pierre Jasmin
Président des artistes pour la paix

L’an dernier, j’ai pris connaissance de certains de vos articles et déclarations dans les journaux tels que le Devoir et l’Autre Journal. J’ai aimé votre ton assez ferme sur plusieurs dossiers comme le nucléaire et la guerre en Afghanistan. J’ai proposé humblement mes services à la mesure de mes moyens qui sont pauvres en disponibilités, occupé comme artiste marginal, à lutter pour nourrir ma famille.

J’ai assisté à plusieurs débats à travers différents échanges de courriels. Cependant, après plusieurs mois d’efforts, et suite à votre appui à la candidature d’Obama au prix Nobel de la Paix, je dois me résoudre à l’inéluctable : je ne peux faire partie du CA d’une organisation telle que la vôtre.

Je veux réaffirmer que je partage plusieurs de vos analyses, que je félicite votre courage et votre abnégation et que je demeure à votre disposition pour participer à des manifestations. Mais le cadre de réflexion dans lequel vous travaillez me désespère.

Je comprends qu’une grande partie de l’humanité a besoin de croire qu’un président comme Barrack Obama peut changer des choses de manière significative dans la conduite des affaires de l’empire américain en déclin. Que ce dernier serait un nouvel Hadrien*1 qui, après des années de compromis et de jeux de coulisses, parviendrait à se rendre au faîte du pouvoir humain pour éventuellement « stabiliser » le monde et repousser la déchéance de l’empire de plusieurs décennies.

J’aimerais croire, aussi, que le fait qu’il ait conservé la majeure partie de l’équipe de son prédécesseur autour de lui, s’explique par les contraintes excessives imposées par sa fonction et que l’influence des Robert Gates, Geithner, Summers, Volcker, Bernanke et Paulson disparaîtra dans un avenir rapproché pour faire place à de véritables réformateurs. *2

J’aimerais croire que les trillions de dollars donnés aux banques dans la seconde partie du plan de sauvetage fédéral qu’il a cautionné, seront bientôt accompagnés de mesures pour redresser l’économie domestique afin de ralentir le pillage systématique des dernières industries de production réelle qui fonctionnent encore sur le continent, encadrer les pratiques frauduleuses à grande échelles que représentent les dérivatifs en les interdisant*3, plafonner les salaires des hauts-dirigeants d’entreprises *4, éliminer l’évasion fiscale systématique et sauver les plus démunis de la violence inouïe qui les affectent aujourd’hui. *5

J’aimerais croire que sa tentative de réforme de la santé est inspirée par une véritable compassion humaine et qu’elle mettra un terme à la dictature des compagnies pharmaceutiques *6 qui sont du nombre des généreux donateurs de sa campagne électorale et qui tentent, en ce moment, d’imposer par la persuasion ou la coercition, dans tous les pays du monde, un vaccin non-testé au mépris des plus élémentaires règles d’éthique médicale. *7

J’aimerais croire, bien sûr, que la recherche en biotechnologie qu’il présente comme un exercice stimulant pour l’économie est exempt de l’influence des compagnies les plus rapaces dans le domaine telle Monsanto (dont les états de services alimentent la majeur partie de la mobilisation des militants en environnement dans le monde) malgré le fait que son ancien vice-président vient d’être promu à la tête de la FDA (Food and Drug Administration).*8

J’aimerais croire que les contorsions fumeuses du président sur l’environnement et ses taxes au carbone bidons téléguidées par les pétrolières, empêcheront les pays du tiers-monde de déserter les tables de négociations. Que sa tentative de fermer la prison de Guantanamo sans enlever une once de muscle à l’infâme loi du Patriot Act qui proclame le droit de vie ou de mort sur tous les citoyens de la planète par un soldat américain en toute impunité et en toute circonstance, replongeant le monde 800 ans en arrière sur le plan légal, est un acte de courage politique. J’aimerais aussi croire que le retrait du programme d’installation de missiles à la frontière russe remplacé par un programme de missiles plus modernes installés sur des navires sillonnant les océans est un progrès significatif dans la « course au désarmement nucléaire ». * 9 Que le non-retrait des troupes d’Irak, l’augmentation des effectifs en Afghanistan, l’intensification des combats au Pakistan et de l’utilisation des drones contre les populations civiles lui permettent de mériter pleinement ce prix Nobel de la Paix offert par les éminents pacifistes d’Oslo pour honorer ses états de services encore à venir.

J’aimerais bien, mais je ne peux pas.

Dans un échange épistolaire, vous avez qualifié les détracteurs d’Obama de l’épithète honni de « gogauche ». À ce compte, un homme comme Noam Chomsky serait de « gogauche ». Pourtant ce terme est censé désigner à mes yeux, des gens comme Bernard Kouchner, artisan de la théorie du devoir d’ingérence, qui, au nom de la compassion humanitaire, permet à l’occident d’intervenir dans un conflit qu’elle a elle-même monté de toutes pièces pour punir les opposants à son hégémonie. À la suite de son intervention dans la guerre des Balkans, elle a ainsi pu imposer, à la tête d’un Kosovo indépendant, un mafieux notoire, marchand de drogue et terroriste recherché par Interpol. Les exemples sont légions. Est-ce cela, la gauche pragmatique qui me semble reprendre presque mot pour mot les motos de Georges Orwell, « la guerre c’est la paix », « l’ignorance, c’est la force » « la liberté, c’est l’esclavage » ? Au nom de quel principe bancal devrait-on sauver une humanité qui est incapable de se raconter à elle-même la dure réalité à laquelle elle doit faire face ?

Personnellement, j’en viens à la conclusion que je préfère encore vivre dans ma douleur, effaré et solitaire que de me livrer à ce simulacre d’engagement politique « humanitaire » digne de Quisling *10. Peut-être qu’à l’heure de me retrouver devant la bouche des canons, je n’aurai pas le courage de mourir debout et rentrerai dans le rang, mais en attendant, je préfère avoir les « yeux ouverts » pour reprendre l’expression de Marguerite Yourcenar et me taire définitivement plutôt que de cautionner ce prix Nobel de la Honte à Barrack Obama..

*1-Hadrien (…) né le 24 janvier 76 à Rome ou Italica et mort le 10 juillet 138 à Baïes, est un empereur romain de la dynastie des Antonins. Il succède en 117 à Trajan et règne jusqu'à sa mort. Empereur humaniste, lettré, poète, philosophe à la réputation pacifique, il rompt avec la politique expansionniste de son prédécesseur, s'attachant à pacifier et à organiser l'Empire tout en consolidant les frontières.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hadrien

*2 The Paulson-Bernanke-Geithner strategy was based on the realization that maintaining the flow of credit was essential for the economy. But it was also based on a failure to grasp some of the fundamental changes in our financial sector since the Great Depression, and even in the last two decades...(…)… Henry Paulson and company simply didn't understand that the banks had made bad loans and engaged in reckless gambling. (Joseph Stiglitz for CNN)
http://www.cnn.com/2009/POLITICS/01/26/stiglitz.finance.crisis/index.html

*3 The financial industry isn't leaving anything to chance, however. One sign of a newly assertive Wall Street emerged recently when a bevy of bailed-out firms, including Citigroup, JPMorgan and Goldman Sachs, formed a new lobby calling itself the Coalition for Business Finance Reform. Its goal: to stand against heavy regulation of "over-the-counter" derivatives, in other words customized contracts that are traded off an exchange...(…)…The "changes" will do virtually everything the derivatives industry asked for, including guaranteeing the big banks' profits in selling CDS by keeping out smaller competitors.Regulation of over the counter CDS has already failed.
http://www.washingtonsblog.com/2009/05/big-banks-have-already-killed-reform-of.html

*4 Goldman Sachs' 5,500 London staff can look forward to record average payouts of around 500,000 pounds ($800,000) each. Senior executives will get bonuses of several million pounds each with the highest paid as much as 10 million pounds ($16 million)(.London evening standard report)
http://www.thisislondon.co.uk/standard/article-23719394-goldman-sachs-average-pay-and-bonus-to-hit-500000.do

*5 About 2.5 million Americans slipped below the poverty line as recession and layoffs hammered the economy last year,(Joseph Weber)
http://www.washingtontimes.com/news/2009/sep/11/poverty-hits-1-in-8-americans/

*6 The majority of the American people want a single-payer health care system Medicare for all.
(but )…a single-payer health care plan would mean the death of the private health insurance industry and reduced profits for the pharmaceutical industry.(…)None of the declared Presidential candidates with the exception of Congressman Dennis Kucinich (D-Ohio) is supporting single-payer.
(Why Hillary, Obama, Edwards, Romney and Schwarzenegger Don't Support Single-Payer Health CareBy Corporate Crime Reporter)
http://www.counterpunch.org/ccr02212007.html

*7 By their own admission, the vaccine industrial complex has not even performed clinical studies on pregnant animals, let alone pregnant humans! The Canadian Health Ministry has confirmed that there is no data on the use of adjuvanted swine flu vaccine in pregnant women that would warrant administering it.[10] In fact flu vaccines, as with all other vaccines have not been fully tested to determine teratogenic effects, the dangers vaccines have on the fetus.(…). Dr. Marie-Paule Kieny, head of the WHO’s vaccine research department, has stated “Does that mean that it [adjuvanted vaccine] will be unsafe? No. It means that there is no hard evidence that it will be safe.”[11]
Dr. Jefferson states, “There is no study of the vaccines on pregnant women—no randomized clinical trials.”[12] The real impact of flu vaccines’ perils was summarized in an article in the Summer 2006 Journal of the American Physicians and Surgeons (Dr Gary Nuls, Global research)
http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=15669


*8 Michael R. Taylor’s appointment by the Obama administration to the Food and Drug Administration (FDA) on July 7th sparked immediate debate and even outrage among many food and agriculture researchers, NGOs and activists. The Vice President for Public Policy at Monsanto Corp. from 1998 until 2001, Taylor exemplifies the revolving door between the food industry and the government agencies that regulate it. He is reviled for shaping and implementing the government’s favorable agricultural biotechnology policies during the Clinton administration.(Isabelle Kenfield, couterpunch)
http://www.counterpunch.org/kenfield08142009.html.

*9 Le jour de l'annonce de l'abandon du système prévu par l'administration Bush, Washington avait précisé qu'il comptait déployer en 2015 en Pologne et en République tchèque des missiles SM-3, conçus pour détruire des missiles à courte et moyenne portée, dans le cadre d'un nouveau système antimissile. Mary Sibierky Agence France-Presse
VarsovieLa presse 21 octobre 2009
http://www.cyberpresse.ca/international/200910/21/01-913558-la-pologne-participera-au-nouveau-projet-de-bouclier-americain.php

*10 Vidkun Quisling, fils d'un pasteur de l'Église de Norvège, est issu d'une vieille famille du comté de Telemark. (…)De 1921 à 1925, attaché militaire à Petrograd puis Helsinki, il travaille pour des causes humanitaires, que ce soit au service des prisonniers de guerre allemands et austro-hongrois en Russie, des civils russes pris dans la tourmente de la guerre civile, ou des populations des Balkans. Il travaille notamment avec Fridtjof Nansen venu accomplir pour la croix-rouge des missions d'aide aux victimes de la famine en Russie soviétique (…) Ministre de la défense en Norvège de 1931 à 1933, il se distingue en envoyant la troupe pour réprimer une grève; cette action aboutit à son départ du gouvernement. Le tournant de sa carrière politique a lieu le 13 mai 1933 avec la fondation du parti Nasjonal Samling (Union Nationale), parti fasciste dont il est le chef, avec le titre de Fører.
.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Vidkun_Quisling

Jean-François Thibaud
19 novembre 2009

vendredi 20 novembre 2009

Crédibilité auto-proclamée des médias : Faut le woère pour le croère

Quelques infos cette semaine en journalisme :

"Le journaliste du Devoir Brian Myles a été déclaré élu au suffrage universel des membres de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), réunis en congrès cette fin de semaine à Sherbrooke."

http://trente.ca/2009/11/bryan-miles-est-le-nouveau-president-de-la-fpjq/comment-page-1/

Je comprends que les bons reporters sont occupés à travailler, mais il me semble que c’est pas une bonne raison pour mettre un des pires pousseux de crayon du Devoir à la tête de la fédération professionnelle des journalistes du Québec. À voir son article sur la théorie du complot du 6 mai 2009, « JFK,VIH, KGB, la désinformation a bien survécu à la guerre froide » j’affirme sans aucune preuve à l’appui, que ça sent les services secrets à plein nez. A qui le tour l’an prochain ? Un duo avec Patrick Lagacé et Richard Martineau ajouterait un peu plus de crédibilité à l’organisme très certainement.

En allant faire une tour sur le site de la FPJQ, on peut prendre connaissance d’un sondage sur la crédibilité des médias:

http://www.fpjq.org/index.php?id=single&tx_ttnews[tt_news]=6292&tx_ttnews[backPid]=1&cHash=28fa7cbd36

Sondage: Les médias sont crédibles

La Chaire de recherche en éthique du journalisme de l'Université d'Ottawa a rendu public un sondage d'opinion sur la crédibilité et la confiance que les Québécois accordent aux médias et aux journalistes.

Quelques résultats:

1-Les médias francophones offrant la meilleure qualité d'information:
Radio-Canada (39%), Quebecor (27%), Gesca (12%), Le Devoir (7%)
2-La crédibilité accordée aux types de médias (est-ce que les choses se sont vraiment ou à peu près passées comme le racontent les médias?):
Télévision (82%), Journaux (75%), Radio (74%), Internet (56%)
3--Est-ce que les journalistes résistent aux pressions du pouvoir politique?
Oui (40%) Non (50%)
4-Est-ce que les journalistes résistent aux pressions de l'argent?
Oui (39%) Non (50%)


Savourez le titre en le reliant aux résultats des questions 3 et 4.

Ensuite savourez les résultats de la première question sur la qualité de l’info :

No1 Radio-Cadenas qui en est rendu a écrabouiller une super-journaliste comme Dominique Poirier en lui faisant parler de tartes et de cosmétique à la radio en après-midi à la manière des années soixante.
No2 Quebecor, dont le journal principal est fabriqué par des scabs du patronat.
No3 La praisse qui obtient ce qu’elle mérite
No3 Le Devoir obtient 7%, lui, qui est pourtant le moins pire des maux.

Enfin, la question 2 se passe de commentaire : faut le woère pour le croère !

jeudi 19 novembre 2009

Claude Dubois, mon chum Dean et les tampons

Dean, le frère de ma voisine, vient coucher avec son fils de 15 ans chez elle assez régulièrement. C’est un ouvrier, un ex-soudeur, très habile menuisier qui boit sa caisse de douze par jour pi qui fume sa dose de pot. Il lui manque plusieurs dents. Il n’a pas de blonde depuis six ans. Son ex est sur le crack. Elle l’a déjà sacré à la porte de chez lui en pleine nuit avec son fils parce que c’était elle qui avait son nom sur le bail et qu’elle était cold-turkey je crois.

Ma blonde tient à faire in genre de mini abri-tempo en dessous du balcon qui donne sur la porte du sous-sol par où je passe avec mes instruments tout l’hiver. Bon. Ok bébé m’a t’faire ton abri. Je me débrouille pas si mal dans les travaux manuels mais pour faire un frame qui a pas d’l’air du diable, vu que c’est assez apparent, pi aussi pasque j’ai une montagne de truc à faire d’ici le début de ma rune de trente jours comme musicien de Nowell, je demande à Dean de me donner un coup de main. J’ai pu de scie ronde pasque je l’ai scrapé dans mon ancien logement en coupant un comptoir. Fa qu’Dean arrive avec sa scie pi sa drill pi y commence à faire le frame en bois pi finalement, je me rend compte que je sers pas à grand-chose. J’en profite pour aller patcher du J-Prock dans la chambre de ma fille pasqu’y’a eu de la grosse jobe de plomberie en octobre.

Fa qu’on travaille de même, lui dewors, su l’frame de bois, moé en d’dans, su les montants de 2X4 qu’y faut que je r’fasse en arrière du J-Prock. Un m'ment d'né, on s’met à jaser H1N1. J’y d’mandes
-Toé tu vas t’faire vacciner ?
-Moé, es-tu fou ? Y m’dit
On rigole, pi j’commence à parler des arnaques des pharmaceutiques pi de la mauvaise foi des journalistes… Pi Dean y s’met à vociférer contre Claude Dubois.

Claude Dubois, pour se mettre dans le contexte, y s’est fait traîner dans la boue la semaine dernière par tous les journalistes « sociaux-démocrates » comme Patrick Lagacé (lui, je l’hais tellement qu’y faut que j’aille dans la cyber-praisse à chaque fois que je veux me référer à lui pour me rappeler de son nom…) Pourquoi ils l’ont traîné dans la boue, Claude Dubois ? Pasque y’a passé devant tout le monde dans la ligne interminable des futurs vaccinés du H1N1 dans un centre commercial des Laurentides. Pi c’est kétchose qui s’fait pas tsé. Passer devant tout l’monde pi faire sa tite-vedette. C’est kétchose qui s’fait pas, c’est sûr, mais si y voulait dépenser trente millions pour aller dans l’espace, y’aurait pas d’problème n’est-ce pas ? Bon.

Claude Dubois, c’t’un homme d’une arrogance extrême. Je l’sais, je l’ai vu aller en arrière d’un stage et ça égalait Michel Pagliaro. C’est pas peu dire. Mais, tsé, moé j’m’en sac. Tout ce que je veux savoir de ce monde-là c’est : Est-tu bonne la toune ou est pas bonne ? Pi là, bin, ça dépend des goûts. Personnellement, je trouve que Pag, y’a fait les meilleures tounes de rock au Québec, pi que Dubois, même si ces textes sont souvent boiteux, y’a des tounes majeures dans not répertoire.

Fa que j'demandes à Dean :

-Tu viens pas d’me dire que le vaccin, c’est d’la marde ?
-Bin ouais
-Fa qu’veux-tu bien m’dire qu’est ce que ça crisse que Dubois y passe devant tout l’monde si l’vaccin y vaut in qu’d’la marde ?
-Euh….

Dans journée, j’m’adonne à écouter Planête-Jazz dans mon char pasque j’essaie de pas trop écouter Radio-Can de ces temps-ci pour préserver ce qui me reste d’équilibre mental. Le présentateur trouve le moyen de faire une joke sur Claude Dubois.

Tsé moé quand je parle du principe des tampons de Bernays* à des universitaires que je fréquente, y m’disent que je fais du délire paranoïde.

Dean,lui, y'a rien voulu savoir que j'y donne de l'argent pour son travail.

-Tu m'as bin aidé pour déménager mon poêle l'aut' fois, non ?

Ça fait drôle pareil, quand on y pense. Y'en a qui sont très bien payés pour fourrer l'monde à tour de bras dans les salles de presse pi les laboratoires pi y'en a d'autres qui sont pas loin de l'itinérance pi qui donnent leu' temps gratis pour donner un coup d'main.

Quelle fabuleuse époque quand même !

*Wikipedia
Edward Louis Bernays, né à Vienne en Autriche le 22 novembre 1891 et mort - à 103 ans - à Cambridge (Massachusetts) le 9 mars 1995, est considéré comme le père de la propagande politique institutionnelle dont il met au point les méthodes pour des firmes comme Lucky Strike et à laquelle il donne le nom de Relations publiques. Il est le neveu de Sigmund Freud. Ses livres abordent des thèmes communs avec ceux de Walter Lippmann, que ce soit la manipulation de l'opinion publique ou bien la fabrication du consentement.

En combinant les idées de Gustave Le Bon et Wilfred Trotter sur la psychologie des foules avec les idées sur la psychanalyse de son oncle maternel, Sigmund Freud, Eddy Bernays a été un des premiers à vendre des méthodes pour utiliser la psychologie du subconscient dans le but de manipuler l'opinion publique.

Pour lui, une foule ne peut pas être considérée comme pensante, seul le ça s'y exprime, les pulsions inconscientes. Il s'y adresse pour vendre de l'image dans des publicités, pour le tabac par exemple, où il utilise le symbole phallique. À la demande de l'industrie cigarettière, qui cherchait à faire tomber le tabou de la consommation du tabac par les femmes, il a notamment organisé des défilés très médiatisés de « fumeuses » jeunes et jolies qui affirmaient leur indépendance et leur modernité par l'acte de fumer en public ("Les torches de la liberté"...).

En politique, il « vend » l'image des personnalités publiques, en créant par exemple le petit-déjeuner du président, où celui-ci rencontre des personnalités du show-biz. Il considère qu'une minorité intelligente doit avoir le pouvoir « démocratique » et que la masse populaire doit être modelée pour l'accepter.

Il est l'une des sources des méthodes ultérieures de propagande. Joseph Goebbels s'est fortement inspiré de ses travaux.

Il a été identifié comme l'un des personnages les plus influents du XXe siècle par le magazine Life

jeudi 5 novembre 2009

Éthique et inepties

Il y'a tellement de textes indignés d'accumulés dans mon dossier de blogue à "pôster", que je ne sais pas par quoi commencer.

Alors pour faire court, je vous laisse avec deux extraits de textes que j'ai lus dans les journaux cette semaine qui me semblent particulièrement éclairants.

Le premier extrait est de Daniel Weinstock, directeur du Centre de recherche en éthique de l'Université de Montréal

http://www.ledevoir.com/2009/11/04/275442.html

Ceux qui remettent en question l'utilité d'une campagne de vaccination en utilisant des arguments qui à première vue méritent d'être discutés se font dire qu'ils seront responsables de morts si leurs propos devaient venir à convaincre quiconque de ne pas se faire vacciner. Il s'agit là d'une énormité qu'il convient de signaler.

On démonise ceux qui posent des questions. On préfère les assimiler faussement aux charlatans qui opposent tout vaccin en toute circonstance plutôt que de répondre calmement, dans le respect mutuel, et au profit de la population québécoise dans son ensemble, à leurs arguments concernant cette campagne de vaccination. Et surtout, on fait comprendre à ceux qui voudraient poser des questions, qui voudraient y voir clair, comme il est du droit de tous de le faire dans une démocratie, qu'ils ont intérêt à garder le silence. Plutôt se taire et emboîter le pas que se faire dire qu'on sera responsable de morts.(...)

Il est cependant essentiel que personne dans notre société ne cède devant la tentation de taire le débat public en installant un climat de peur. Nous avons à long terme plus à perdre de cette peur que de la grippe qui s'installe actuellement au sein de la population.


Le second extrait est tiré de la chronique du "dissident de service" de la Presse, Monsieur Pierre Foglia.

http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/pierre-foglia/200910/30/01-917028-composition-francaise.php

"Les jeunes gens de Projet Montréal, le parti de Richard Bergeron, ne sont pas contents de ma chronique de mardi. Je disais pourtant souhaiter la victoire de leur candidat, ajoutant il est vrai: «Même si c'est un joyeux tata, même si c'est l'homme d'une seule idée.»

Plusieurs s'étonnent douloureusement: vous étiez le dernier, dans les médias, dont on attendait un coup bas.Je vois, jeunes gens, qu'il y a un petit truc que vous ne savez pas à propos des médias. Un petit truc sur lequel les journalistes de tous les grands médias occidentaux s'entendent, qu'ils soient économistes, sportifs, artistiques, de droite, de gauche, écolos, fédéralistes, indépendantistes; ils s'entendent tous sur un truc, celui-ci: les gens qui croient que le 11 septembre 2001 a été orchestré par Washington sont des imbéciles (au mieux).

Dans Les Québécois au volant, c'est mortel, paru en 2005, page 104, M. Bergeron doute très, très fort de l'existence des deux autres avions, celui qui s'est écrasé sur le Pentagone et celui qui s'est écrasé en Pennsylvanie. M. Bergeron conclut: «Il se peut que ce fameux 11 septembre 2001, nous ayons été simplement (simplement!) témoin d'un acte de banditisme d'État aux proportions titanesques.»

Depuis, M. Bergeron nous a dit qu'il a changé d'avis. Soit. Tout le monde peut s'amender. Mais vous vous demandiez, jeunes gens, ce qui n'a pas cliqué avec les médias. C'est ça.

Mardi j'ai répété aussi, après d'autres, qu'il était l'homme d'une seule idée (fixe); ce disant, je ne faisais pas référence au 11 septembre. Je me suis pogné avec M. Bergeron en 1999. Il avait sorti à l'époque une énorme brique, Le dossier noir de l'automobile, qui n'est pas un livre mais un réquisitoire complètement déjanté contre l'automobile. Comme il insistait beaucoup pour que j'en parle, j'ai fini par l'envoyer chier"


Ça a le mérite d'être clair.

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Voici ce que j'ai envoyé à Monsieur Foglia ce matin

Votre commentaire sur Richard Bergeron de cette semaine serait seulement pathétique si il n'était pas profondément intellectuellement malhonnête. Son réquisitoire contre l'automobile, même si il vous déplaît, est un livre courageux qui soulève , entre autres, le problème bien concret du financement massif d'un journal comme le vôtre, (qu'on pourrait qualifier au mieux de torchon pour reprendre votre bon mot) par l'industrie de l'automobile.

Quand au 11 septembre, vous avez au moins eu l'honnêteté de parler d'un "consensus occidental", ce qui me laisse croire que vous puissiez envisager qu'il existe ailleurs qu'en occident, d'autres consensus sur cette question.

Peut-être qu'un retour sur les questions ethiques serait approprié pour que vous vous serviez de votre plume d'une façon moins démagogique.Je vous suggère ce texte de Monsieur Daniel Weinstock: H1N1, un climat éthique inquiétant.