lundi 23 février 2009

Citation du jour

I'm saying that the moral climate within the ruling class in this country is not that different from the moral climate within the ruling class of Hitler's Germany." - David Clennon, star of the CBS series "The Agency"

Tirer d'un blogue de constipationiste.

http://aconstantineblacklist.blogspot.com

mercredi 18 février 2009

Des restrictions budgétaires affectent la CIA

Signe des temps, une restructuration majeure est encours au sein de la Central Intelligence Agency. « Étant donné les difficultés budgétaires du gouvernement en ces temps de récession, une rationalisation des opérations est à l’ordre du jour » a commenté l’officier XXX XXXXX en point de presse au quartier général de Langford à Washington. « Tout sera passé au peigne fin à tous les niveaux de l’Entreprise. » L’officier a évoqué les efforts déjà entamés dans les derniers mois pour les opérations de recrutement des agents de renseignements à l’étranger désormais sous-contracté en PPP à des agences privées. De même les opérations courantes comme l’élimination des témoins gênants sont aussi affectés par les coupures. « Nous devons apprendre à maximiser nos efforts a insisté l’officier »

Des exemples ?« Dans le cas de l’attentat de l’avion de Buffalo jeudi dernier (12/02/08), plutôt que de se contenter de faire disparaître Alison Desforges, la spécialiste du Rwanda de Human Right Watch qui revenait dans sa ville natale, nous avons fait en sorte que Beverley Eckert, la veuve de 11 septembre, qui poursuit le gouvernement, puisse être du voyage en lui proposant l’inauguration d’une fondation bidon à la mémoire des victimes du World Trade Center. Ce genre d’économie d’échelle permettra à long termes de continuer le monitoring de la dissidence à des coûts de plus en plus concurrentiels » se réjouit le fonctionnaire des services secrets américain qui prendra sa retraite à la fin du mois pour se consacrer à une nouvelle carrière de consultant pour la firme Black Water.

dimanche 15 février 2009

Gilbert Rozon: juste pour rire

Jeudi dernier, (12/02/09), l’ineffable Gilbert Rozon, a tenu un point de presse devant les médias montréalais pour exprimer son point de vue sur les politiques culturelles que Montréal et Québec devraient adopter pour faire face à la crise. Avec un aplomb d’un inénarrable optimisme, il a livré ce qui, selon lui, serait la recette du succès pour la revitalisation de la culture à Montréal. Il est vrai que, quand on a le bras assez long pour sortir indemne d’un procès pour harcèlement envers une mineure pour la seule raison qu'une condamnation même minime aurait été trop préjudiciable à sa carrière d’homme d’affaire, on peut effectivement envisager l’avenir avec les lunettes de l’humoriste.

La première recette miracle serait de changer des articles de loi 101 pour, non seulement permettre, mais encourager le bilinguisme des immigrants :

Canoé (13/02/2009)
Biculturel…Il aimerait que nos lois sur l'immigration changent et exigent l'apprentissage de deux langues, et l'anglais et le français…«Le français c'est bien, mais deux langues dans le monde actuel, c'est essentiel. »

Signalons que sur le même sujet, dans la presse, le journaliste use plus habilement de la tournure suivante :

Cyberpresse(13/02/09)
Le patron de Juste pour rire veut attirer plus d'immigrants polyglottes…

Vraiment ? On aimerait savoir en quoi le renforcement des mesures incitatives au « bilinguisme» pour les immigrants va renforcer la culture québécoise. Dans un pays ou la force d’attraction de l’anglais dépasse les 90 %, c’est un argument de clown assez grotesque.

La seconde stratégie est d’une originalité très appropriée en ces temps d’écroulement du modèle néo-libéral :

Canoé (13/02/2009)
« Dans le même esprit, il faudrait trouver des incitatifs fiscaux pour attirer les créateurs à Montréal, un peu comme l'Irlande l'a fait», rappelle-t-il.

C’est assez fort, pour un gars qui a bénéficié de toutes les largesses de l’état-providence pour se bâtir un empire de l’humour. Il est vrai qu’à sa décharge, cette mesure permettrait de ramener en ville de grands « créateurs », tel que Luc Plamondon, qui s’est justement expatrié en Irlande pour éviter de payer des impôts à un état québécois qu’il jugeait trop gourmand. Qu'est-ce qu'on rigole !

Cependant, dans le journal des affaires, on ne fait pas mention de ces subtiles stratégies, peut-être parce qu’elles vont tout simplement de soi. Par contre on peut prendre la mesure de son sens éthique qui flirte avec le darwinisme social:

Les affaires (12/02/09)
Gilbert Rozon, président-fondateur du Groupe Juste pour rire, veut plus que jamais exporter l’humour à l’étranger. Et ce, même si la récession mondiale pousse les gens à moins dépenser pour des billets de spectacle. Il est même prêt à enregistrer un déficit pour la première année du festival à Chicago, qui débutera cet été, a-t-il indiqué en marge d’un déjeuner-causerie du Conseil des relations internationales de Montréal (Corim).
«Cela étant, moi, j’aime ça, la crise. Ça permet de remettre tout à plat, d’arrêter les abus. C’est un beau défi à surmonter. Et les spectateurs vont en sortir gagnant, car seuls les artistes qui feront de la « qualité » survivront», ajoute-t-il.

Qu’est-ce à dire ? Gilbert Rozon anticipe-t-il que grâce à son sceau de « qualité », il va pouvoir déterminer lui-même qui seront les heureux rescapés ? Et nous annonce-t-il que son empire va traverser le séisme économique complètement ravigoté ? Qu’est-ce qu’on se marre ! Mais sur quoi se base-t-il pour afficher cet optimiste bon enfant ?

Une partie de la réponse se trouve peut-être dans l’article qui suit et qui date de l’automne dernier, soit juste avant les élections fédérales. .

L'Étoile, www.journalletoile.com (07-10/08)
Gilbert Rozon dans le camp de Michael Fortier : De nombreux décideurs de la région appuient le candidat conservateur.(…)
Le fondateur, président du conseil et chef de la direction du Festival Juste pour rire, Gilbert Rozon, a tenu à affirmer son soutien à (Michael Fortier) qu’il qualifie de vrai et d’authentique.(...)

« Je l’appuie inconditionnellement, d’autant plus que comme ministre il a le sens du service. C’est quelqu’un de joignable. Tu l’appelles, il te rappelle et il est là pour t’aider. Il est très direct cependant, et avec lui il n’y a pas de fausses promesses. Tu n’es pas toujours d’accord, mais ce qu’il te dit, c’est ça », explique le père de Juste pour rire (…) qui s’y connaît plus que quiconque en matière de culture. (….)
« Dans le débat actuel, avec tout ce qui se dit sur la culture et les coupes, il y a des choses qui ont été déclarées et qui sont indéfendables, mais, ce gars-là, il veut aider le Québec et la grande région de Montréal. Et c’est sans aucun doute qu’il l’a fait en culture. Il l’a fait pour les musées, les théâtres, le quartier des spectacles, de nombreux festivals. Je le sais, j’étais là, et il est venu à notre rescousse ».

Il est vrai que Michael Fortier, malgré l’appui éhonté d’une certaine élite médiatique, a été battu à plate couture dans son compté. Gilbert Rozon n’aura pas son retour d’ascenseur directement des mains de ce vautour conservateur, mais je ne doute pas de sa capacité à aller chercher tous les « leviers » dont il a besoin pour continuer à exporter ses clowns à Dubaï comme le fait Guy Laliberté. Tandis que la crise va permettre au système de se purger des « abus » des artistes en danse, en théâtre, en littérature, en cinéma d’art et d’essai et tutti quanti, ces parasites qui, comme on le sait, sont toujours à quémander et ne se contentent jamais de leur salaire situé, en moyenne, en dessous du niveau de l’indigence.

Le parti conservateur, faut-il le rappeler, vient, entre autres, de couper de manière drastique les fonds à l’exportation de la culture à la grandeur du pays pour le remplacer par des prix «Canada» dont on ne sait encore ni d’Ève ni d’Adam quels seront les critères de sélections et qui sont destinés à récompenser des « artistes étrangers » Je suppose que ce seront sûrement les critères de « qualités » auquel Monsieur Rozon faisait si judicieusement référence.

Effectivement, sur le plan culturel, la crise va certainement permettre de « remettre tout à plat». Par contre , pour ce qui est des « abus », m’est avis qu’ils vont plutôt atteindre de nouveaux sommets…

Souriez !

****************

Épilogue

Aujourd'hui,( 17/02/09) James Moore, le controversé ministre de la culture conservateur vient d'annoncer un pactole de subventions de un million de dollars à Gilbert Rozon.

Rozon, en point de presse, en a profité pour commenter le retrait du projet de la commission des champs de bataille nationaux de tenir cet été un "festival de la défaite des plaines" devant le tollé général que ce projet a suscité au Québec. Je cite de mémoire à peu près:"C'est bien dommage qu'on doive annuler cet événement mais je comprends qu'on le fasse pour des raisons de sécurité."

J'aurais voulu être un artiste....

vendredi 13 février 2009

Cerné de toutes parts (la séquelle)

Je suis à un souper chez ma tante, un peu après le temps des fêtes.

Sa copine travaille aux droits de la personne. Nous discutons de la controverse entourant le By By de cette année. Pour faire court, cette revue humoristique produite par Radio-Canada a été, au dire de plusieurs, franchement ratée. En charge de la chose : Véronique, fille du tristement célèbre impresario-pédophile Guy Cloutier. Son chum, humoriste, fait un gag sur la surexposition médiatique de Nathalie Simard, la victime de son propre beau-père. Jean-François Mercier, auteur des Bougons, que j’apprécie pourtant, fait un sketch raté au deuxième degré sur Obama : un noir facile à viser sur une maison blanche. Bref, manque de flair, manque de tact, manque d’intelligence, ça saute aux yeux à quelqu’un comme moi qui n’a pas vu le truc.

La copine des droits de la personne m’explique que tout ça est surdimensionné et qu’au fond, c’est la guerre de clans entre Radio-Canada et Québécor qui prévaut. L'empire Péladeau pèse de tout son poids dans la controverse avec René Angélil dans le rôle de la vierge offensée en première page du journal de Montréal ou la Bombardier qui sévit jusqu’au Devoir (même si exceptionellement, je souscris aux arguments de cette dernière). Grosse poutine inintéressante au final, et bon, je conviens que ça sent le règlement de compte à plein nez.

La discussion bifurque vers la crise économique. Sur la bulle spéculative immobilière aux Etats-Unis, plus particulièrement, les fameux "subprime". Ma tante a un avis assez proche du mien, à savoir que c’est une arnaque pyramidale classique à la sauce obscurantiste incompréhensible. Et pour cause, en tant qu’évaluatrice agrée d'Hydro-Québec, ma tante a déjà prononcé des discours dont elle-même ne comprenait strictement rien. Complice de ce système, elle a au moins le mérite, à mes yeux, de l’avoir fait en connaissance de cause, sans trop savoir comment s’en sortir autrement qu’en prenant sa retraite au plus vite. Cependant, à cause des objections de sa copine, la discussion s’envenime au point qu’il m’a faille dérouter la conversation sur un autre sujet.

Je choisis Bernard Kouchner. Ce jour-là, en effet, je suis bien aise d’avoir vu ce donneur de leçon humanitaire pendant quelques minutes aux nouvelles en train de se défendre contre des accusations de conflits d’intérêts en Afrique. Ah ! L’espoir est toujours irrépressible au cœur de l’indien pas encore mort !

« Mais qui est Kouchner ?» Me demande la copine des droits de la personne.

J’explique… Fondateur de Médecin Sans Frontière… Machin…Inventeur de la formule « devoir d’intervention » pour justifier l’intervention au Kosovo…bidule…transfuge de gogauche au gouvernement de Sarkozy…trucmuche…conflits d’intérêt au Rwanda et au Congo... Le gars est un manuel à lui tout seul du parfait trou de cul vendu aux plus offrants pour bousiller toutes résistances de l’intérieur.

« Oui, mais Médecin Sans Frontière, c’est bien ça, non ? Et la guerre au Kosovo, y’avait pas des méchants serbes ? Ne fallait-il pas intervenir ? Est-ce que tu as demandés aux populations qu’est ce qu’elles en pensaient » J’avoue ici que je triche pas mal en amalgamant plusieurs objections du genre parce qu’en réalité la discussion ne s’est jamais aventurée dans de telles subtilités.

J’explique patiemment.

Les intérêts… L’OTAN….La partition de l’ancien empire soviétique, les pétrolières et la mer Caspienne…Les anciennes positions Gaulliste anti-OTAN de la France… Sarko qui balaie tout du revers de la main…re-kouchner au front pour défendre ce merdier… La guerre en Afghanistan…

Cette guerre et les détails… les mudjahidins financés par Zbigniew Brzezinski sous Carter à la fin des années 70, pour piégé l’URSS… les mudjahidins, ancêtres d’Al Quaida…la guerre et la défaite soviétique en 90… les talibans en négociation pour le pipe-line … Karzaï sur le conseil d’adminisration de Carlyle Group qui s’occupe du pipe-line et géré, entre autres par Georges Bush père, Thatcher, Carlucci etc….le 11 septembre 2001… Ben Laden, agent de la CIA mais jamais officiellement recherché par le FBI, encore à ce jour…la guerre…l’uranium appauvri… les 200 milliards en héroïne cette année dont une partie dans les poches des proches de Karzaï et l’autre à la CIA…Le triplement des effectifs prévu sous Obama…

« Oui, je comprends… » me dit la défenderesse des droits de la personne, qui a un petit verre dans le nez… « Mais la musique Afghane !… Et les grands bouddhas !… Il fallait bien aller la sauver la musique afghane !…Non ?... »

Cerné de toutes parts, je vous dis.

mercredi 11 février 2009

Cerné de toutes parts

C’est dimanche soir. Ma blonde regarde Star Académie. Je viens la rejoindre en toute fin d’émission pour feindre de m’intéresser objectivement à la chose. Elle voit bien à ma moue que j’asseille d’y trouver des qualités. Le chanteur Kali braille sa chanson « Mille cœurs debout » qui sera la chanson thème de l’émission cette année. Objectivement, elle n’est pas si mal cette toune. Mais ça me fait penser à Jocelyn Coulomb qui travaille au CERIUM et qui passe à Radio-Can pour nous parler de "maintien de la paix" en Afghanistan et de "reconstruction". A quoi bon faire semblant que les mots veulent dire quelque chose ?

Ma blonde me dit : il y’a des beaux talents ! Moi je ne vois que les barreaux de la cage de l’empire Péladeau. Pour tout dire, ça m’horrifie. Je ne me rappelle pas ce que je dis mais il me semble que ça se traduit par une faible protestation polie.

Elle me dit : tu es jaloux !

Quoi faire ? Quoi faire ? Comme dirait Sol.

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J’appelle mon copain collaborateur pour planifier de terminer mon disque qui dort depuis dix ans dans les tiroirs. Je lui dis que j’ai envie de retourner au combat et d’écrire des nouvelles tounes. Il me dit : « Essaye d’écrire des belles mélodies ! Si tu veux que ça passe, il faut que ça puisse tourner à la radio. »

Ça ne lui vient même pas à l’esprit qu’après avoir enduré dix ans de galère dans les marges en dehors des subventions gouvernementales et du circuit commercial, je m’en tape comme de ma première chemise de l’avis des radios.

Quoi faire ? Quoi faire ? Comme dirait Sol.

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Je suis en répétition avec mes musiciens dans mon groupe de rock Québécois. On joue deux fois par année depuis dix ans, les 23 et 24 juin. En dehors de ces dates, la culture pop québécoise en groupe n’est diffusée sur scène que selon des paramètres assez étroits.

Je suggère une phrase pour introduire Opium de Daniel Bélanger

-Marx a dit: la religion est l’opium du peuple !

Je conviens que c’est pas un peu décalé pour un stage de rock mais bon, qui dit mieux…

Mon bassiste, qui est sociologue, réplique en disant:

-Marx, c’est l’opium des intellectuels.

Je suis scié. Je peux comprendre que ce docteur en sociologie qui défend la "social-démocratie" a pu souffrir d’un certain discours marxiste étroit à l’université. Mais franchement, après 30 ans de néo-libéralisme continu, fesser sur Marx comme sur un cheval mort, quel beau passe-temps bien à la mode !

Quoi faire ? Quoi faire ? Comme dirait Sol.

Cerné de toutes parts

lundi 9 février 2009

Un changement dans lequel nous pouvons croire

Samedi soir. La speakerine avec un sourire invitant nous annonce les grands titres :

« Changement de régime, changement de ton. La politique étrangère américaine s’assouplit. »

Il faut bien ouvrir sur une « bonne nouvelle » avant l’avalanche de fermetures d’usines, de licenciements massifs et tutti quanti. Je reste tout de même médusé devant l’audace du grand titre qui concerne une visite « diplomatique » du Vice–Président Joe Biden en Allemagne.

«La diplomatie américaine montre un nouveau visage. Les états-unis affiche une ouverture qui tranche avec l’administration Bush !

Le reportage d’Alexis de Lancerre :

…Devant un parterre de hauts dignitaire venu des quatre coins du monde, Jo Biden s’est fait le messager d’une diplomatie qui se réinvente…Les ennemis d’hier deviennent les «interlocuteurs» d’aujourd’hui .

« Nous dialoguerons directement avec l’Iran mais nous exigeons que son gouvernement abandonne son programme nucléaire. C’est le temps de peser sur le bouton « reset » ! »

À la Russie, le vice-président américain promet de faire table rase des tensions des dernières années. Mais pour l’instant, pas question de reléguer aux oubliettes le controversé projet de bouclier anti-missile. Aux antipodes de l’approche unilatérale de l’administration Bush, Joe Biden sollicite au nom de son gouvernement les propositions de la « communauté internationale ».

« Il nous invite à collaborer et c’est de bonne augure » croit le ministre britannique des affaires étrangères David Milband.

Mais au-delà de cette diplomatie d’ouverture, le message de Washington à ses alliés est sans équivoque : d’avantage d’efforts seront exigés notamment dans les épineux dossiers de l’Afghanistan et du « rapatriement » des prisonnier de Guantanamo.

??????? !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Le mot clé dans le slogan de la campagne d’Obama n’est pas le nom commun « changement » mais le verbe « croire ». Croire n’importe quoi qui provient de la novlangue qui se déploie en temps réel sous nos yeux, comme un remake orwellien : « La continuité c’est le changement ! Les ennemis d’hier sont les « interlocuteurs » d’aujourd’hui ! La table-rase sur les tensions, c’est l’implantion de missiles à la frontière de ces nouveaux « interlocuteurs ». Les collaborateurs d’hier sont invités à collaborer davantage dans l’optimisme désintéressé. Plus d’efforts, plus de bombes, plus d’ « ouverture » !!

Un ti gratteux a’ec ça !

Yeah !!!

mercredi 4 février 2009

Michel Vézina n’a pas démissionné.

Tel que demandé par Christian Mistral, voici le communiqué de Michel Vezina qui s'est fait slaqué par québécor

Communiqué: Michel Vézina n’a pas démissionné.


Thu 2:06pm

Comme vous avez pu le constater dans l’édition du ICI du 29 janvier 2009, j'y signe ma dernière chronique. Le paragraphe suivant l’intertitre This is the end (air connu), se lit comme suit : ''C’est fini. Nous n’aurons plus le plaisir de nous croiser, du moins ICI, chers lecteurs.
Pour des raisons hors de mon contrôle et de ma volonté, je ne tiendrai malheureusement plus cette chronique.''
Veuillez noter que la version envoyée au journal a été modifiée, et qu’elle aurait du se lire comme suit : ''C’est fini. Nous n’aurons plus le plaisir de nous croiser, du moins ICI, chers lecteurs. Vous avez été nombreux à avoir remarqué que mon nom n’apparaissait pas sur la liste des chroniqueurs, en une du dernier numéro du ICI. J’ai cru bon poser la question à mon patron, lundi dernier. Pour toute réponse, il m’a signifié que le temps était venu que nous nous séparions.
J’aurais «fait le tour».''
Cette coupure intempestive relève de la censure pure et simple.
Selon la version publiée par l’hebdomadaire ICI, propriété de Québécor, on a l’impression que je rends les armes, que je baisse les bras, bref, que je démissionne. Or la vérité est toute autre. Sylvain Prévate, éditeur adjoint de l’hebdo, m'a signifié que mes services n’étaient plus requis, en me donnant pour toute raison que j'avais « fait le tour », et ce, à peine six semaines après m'avoir assuré être très satisfait de mon travail de chroniqueur littéraire.
À noter, Je n’avais pas encore signé le contrat de cession de droit, non-négociable, qu’impose depuis peu Québécor à tous ses pigistes.

Dernier Bord en bord, intégral!

Thu 10:25am

Le tour

Ma chronique de la semaine dernière vous a apparemment interpellé. Vous avez été nombreux à me signifier qu’elle vous avait fait réfléchir, qu’elle vous avait obligé à vous questionner sur la liberté d’expression, sur le courage, sur le droit à la parole, sur la place des médias, sur leur responsabilité, sur la critique, le second degré, l’ironie.
Dans toute cette saga du Byebye, tout le monde s’est accordé, dans une belle unanimité – médias, public, ligue des noirs, celle-là même qui avait demandé le retrait de l’affiche du film Le Neg’ il y a quelques années – pour vilipender les auteurs de la revue de l’année. Mais personne ne s’est levé pour dire que ces attaques passaient carrément à côté du sens du monde.
Libre? Qui peut encore se dit libre, aujourd’hui?
Accuser quelqu’un de racisme quand celui-ci s’attaque justement à cette tare qui gruge profondément notre monde, ici et ailleurs, est un geste grave. Ces accusations ont généralement des répercussions très importantes dans les vies personnelles des auteurs. Et malgré tout le non-sens de cette surenchère médiatique, aucun «bien-pensant», aucun «intellectuel libre», aucun artiste «anti-langue de bois» n'est sorti publiquement contre cette grossièreté digne des pires travers journalistique et sociétal.
Les Québécois sont-ils plus cave qu'en 1969, quand Yvon Deschamps faisait son monologue Nigger Black, ou qu’en 1975, Plume chantait Vieux neg’? Bonne question. Même si je pense que la sensibilité au second degré n’est pas donnée à tous le monde, j’ai du mal à croire que quatre millions de téléspectateurs ne soient pas à même d’en saisir un aussi peu subtil que celui du Bye bye.
En se faisant l'amplificateur des névrosés, des imbéciles et des exaltés, et ce à des fins purement commerciales, les médias ont été très peu édifiants, pour ne pas dire scandaleux. Au contraire du silence, les intellos de service se sont joints au carnage en crachant sur le travail de caricature et en parlant de «nivellement par le bas».
De mauvais goût? Peut-être. Mais aux yeux d’un de mes lecteur assidu, il est de plus mauvais goût encore d'obtenir une entrevue avec Ingrid Bétancourt pour lui montrer une infopub de Jean Charest. D’ailleurs, saviez-vous que Jean Charest était sur le point d’être décoré de la Légion d'honneur par le chum de Desmarais, Sarkozy, celui-là même à qui Bétancourt prétend en devoir beaucoup. Et saviez-vous qu’une des grosses têtes du think-tank de Charest était un des patrons de Zone 3, le producteur d’Infoman? Grossier?
Enfin, pour l’anecdote: quinze jours après le Bye Bye, Denis Lévesque recevait un transexuel. Il lui a demandé, texto, s'il avait profité de l'opération pour en demander une plus grande…
De mauvais goût?

This is the end… (Air connu)

C’est fini. Nous n’aurons plus le plaisir de nous croiser, du moins ICI, chers lecteurs. Vous avez été nombreux à avoir remarqué que mon nom n’apparaissait pas sur la liste des chroniqueurs, en une du dernier numéro du ICI. J’ai cru bon poser la question à mon patron, lundi dernier. Pour réponse, il m’a signifié qu’il le temps était venu que nous nous séparions.
J’aurais «fait le tour».
Merci pour l’intérêt que vous avez porté à cette chronique au fil des six dernières années et quelques mois. Merci à ceux qui ont commenté mes textes. D’ailleurs, un de mes lecteurs assidus m’a écrit il y a quelques jours pour me dire qu’il n’était pas souvent d’accord avec moi, mais que mes textes le forçaient toujours à réfléchir. Ça m’a touché.
Merci aussi à ceux avec qui j’ai eu le plaisir et le bonheur de travailler, au pupitre de votre section préférée pendant quatre ans (2002 – 2006): tous les pigistes, mes collègues des autres pupitres, les correctrices, réviseures, les gens des ventes, ceux de la production, les réceptionnistes et personnel d’entretien! Ce sont eux et eux seuls qui rendent vivable le quotidien d’un hebdo…
Merci aussi à Maxime Catellier, qui a su prendre le relais avec panache et grandeur depuis deux ans et demi. Merci à la plupart des chroniqueurs avec qui j’ai partagé ces pages. Certains n’ont fait que passer, d’autres ont été et sont encore des complices.
Et surtout, surtout, merci à Robert Lévesque, qui a été, reste, et sera toujours mon maître es chronica.
Allez, je pars faire un tour(1)

(1) Vous pouvez continuer de me lire dans Le Libraire et dans le Mouton Noir, et aussi de m’entendre à Vous êtes ici, sur les ondes de la Première chaîne de Radio-Canada.

dimanche 1 février 2009

La faillite de l’Islande

La faillite de l’Islande

Quel microcosme étonnant que l’histoire de l’Islande ! Après 500 ans de domination Danoise, le pays accède à son indépendance en 1944 à la faveur de la fin de la deuxième guerre mondiale. Il prend alors en main son économie, revendique des droits d’usage territoriaux maritimes pour développer son industrie de pêche, diversifie son économie, investit dans la culture. Résultat : l’Islande est considérée en 2008 comme le pays ayant le plus haut indice de développement humain de la planète.

Mais il y’a un couac. De 1991 à 2004, le président David Odsson, un néo-libéral radical, dirige le pays. Il privatise tout, déréglemente les banques et la finance. En 2005, il devient gouverneur de la banque centrale.

Aujourd’hui, l'Islande est en faillite. Une dette de 70 milliards pour 300 000 habitants.

Ici, je me permets une petite digression anecdotique.

Je suis musicien et chante régulièrement dans une cabane à sucre à Rigaud au Québec. Cette cabane en bois rond est une des plus grosses au pays et se spécialise dans l’accueil des «charters » de touristes corporatifs venus de partout à travers le monde. En 2006, je suis engagé pour une grosse soirée. Les deux salles principales sont pleines, et sont animées chacune par un chanteur et un violoniste. Moi, j’assure l’animation pour la troisième salle. Pas loin de 700 convives. On a donc affaire à des Islandais. À chaque table, un viking cravaté que l’on soupçonne, chef d’équipe ou de division. Comment sont-ils arrivés là ? En bavardant avec des employés, on me raconte que la direction les a pratiquement kidnappés, jetés dans des avions pour atterrir à Montréal, dirigés ensuite par autobus jusqu’à Rigaud, où ils doivent subir une séance de méga motivation. Je n’ai pas retenu le nom de la compagnie, mais je me rappelle que l'atmosphère était à couper au couteau. Ils sont repartis aussi sec,en fin de soirée, pour retourner d’où il venait.

Je ne suis pas versé dans ce genre d’événement, mais j’ai peine à croire que l’aventure ait pu coûter moins de 500 000 $. J’ai bien de la difficulté à croire aussi que des profits issus de l’économie réelle puissent justifier de telles extravagances. Est-il possible que le modèle mis en place par cette idéologie néo-libérale au plus haut niveau de la finance ait pu contaminer l’ensemble de la société Islandaise au point que tous ces citoyens aient été, en quelques sortes, piégés ? N’est-ce pas aussi ce qui se passe actuellement partout sur la planète ?

En tout cas, ce soir là, quand j’ai vu les Islandais qui repartaient dans la nuit, je trouvais qu’il y’avait quelque chose qui ne tournait pas rond et que ça ne pourrait pas durer encore très longtemps…

Je ne croyais pas si bien dire….