samedi 21 novembre 2009

Barrack Obama: Le prix Nobel de la Honte

Montréal, samedi 21 novembre 2009

Monsieur Pierre Jasmin
Président des artistes pour la paix

L’an dernier, j’ai pris connaissance de certains de vos articles et déclarations dans les journaux tels que le Devoir et l’Autre Journal. J’ai aimé votre ton assez ferme sur plusieurs dossiers comme le nucléaire et la guerre en Afghanistan. J’ai proposé humblement mes services à la mesure de mes moyens qui sont pauvres en disponibilités, occupé comme artiste marginal, à lutter pour nourrir ma famille.

J’ai assisté à plusieurs débats à travers différents échanges de courriels. Cependant, après plusieurs mois d’efforts, et suite à votre appui à la candidature d’Obama au prix Nobel de la Paix, je dois me résoudre à l’inéluctable : je ne peux faire partie du CA d’une organisation telle que la vôtre.

Je veux réaffirmer que je partage plusieurs de vos analyses, que je félicite votre courage et votre abnégation et que je demeure à votre disposition pour participer à des manifestations. Mais le cadre de réflexion dans lequel vous travaillez me désespère.

Je comprends qu’une grande partie de l’humanité a besoin de croire qu’un président comme Barrack Obama peut changer des choses de manière significative dans la conduite des affaires de l’empire américain en déclin. Que ce dernier serait un nouvel Hadrien*1 qui, après des années de compromis et de jeux de coulisses, parviendrait à se rendre au faîte du pouvoir humain pour éventuellement « stabiliser » le monde et repousser la déchéance de l’empire de plusieurs décennies.

J’aimerais croire, aussi, que le fait qu’il ait conservé la majeure partie de l’équipe de son prédécesseur autour de lui, s’explique par les contraintes excessives imposées par sa fonction et que l’influence des Robert Gates, Geithner, Summers, Volcker, Bernanke et Paulson disparaîtra dans un avenir rapproché pour faire place à de véritables réformateurs. *2

J’aimerais croire que les trillions de dollars donnés aux banques dans la seconde partie du plan de sauvetage fédéral qu’il a cautionné, seront bientôt accompagnés de mesures pour redresser l’économie domestique afin de ralentir le pillage systématique des dernières industries de production réelle qui fonctionnent encore sur le continent, encadrer les pratiques frauduleuses à grande échelles que représentent les dérivatifs en les interdisant*3, plafonner les salaires des hauts-dirigeants d’entreprises *4, éliminer l’évasion fiscale systématique et sauver les plus démunis de la violence inouïe qui les affectent aujourd’hui. *5

J’aimerais croire que sa tentative de réforme de la santé est inspirée par une véritable compassion humaine et qu’elle mettra un terme à la dictature des compagnies pharmaceutiques *6 qui sont du nombre des généreux donateurs de sa campagne électorale et qui tentent, en ce moment, d’imposer par la persuasion ou la coercition, dans tous les pays du monde, un vaccin non-testé au mépris des plus élémentaires règles d’éthique médicale. *7

J’aimerais croire, bien sûr, que la recherche en biotechnologie qu’il présente comme un exercice stimulant pour l’économie est exempt de l’influence des compagnies les plus rapaces dans le domaine telle Monsanto (dont les états de services alimentent la majeur partie de la mobilisation des militants en environnement dans le monde) malgré le fait que son ancien vice-président vient d’être promu à la tête de la FDA (Food and Drug Administration).*8

J’aimerais croire que les contorsions fumeuses du président sur l’environnement et ses taxes au carbone bidons téléguidées par les pétrolières, empêcheront les pays du tiers-monde de déserter les tables de négociations. Que sa tentative de fermer la prison de Guantanamo sans enlever une once de muscle à l’infâme loi du Patriot Act qui proclame le droit de vie ou de mort sur tous les citoyens de la planète par un soldat américain en toute impunité et en toute circonstance, replongeant le monde 800 ans en arrière sur le plan légal, est un acte de courage politique. J’aimerais aussi croire que le retrait du programme d’installation de missiles à la frontière russe remplacé par un programme de missiles plus modernes installés sur des navires sillonnant les océans est un progrès significatif dans la « course au désarmement nucléaire ». * 9 Que le non-retrait des troupes d’Irak, l’augmentation des effectifs en Afghanistan, l’intensification des combats au Pakistan et de l’utilisation des drones contre les populations civiles lui permettent de mériter pleinement ce prix Nobel de la Paix offert par les éminents pacifistes d’Oslo pour honorer ses états de services encore à venir.

J’aimerais bien, mais je ne peux pas.

Dans un échange épistolaire, vous avez qualifié les détracteurs d’Obama de l’épithète honni de « gogauche ». À ce compte, un homme comme Noam Chomsky serait de « gogauche ». Pourtant ce terme est censé désigner à mes yeux, des gens comme Bernard Kouchner, artisan de la théorie du devoir d’ingérence, qui, au nom de la compassion humanitaire, permet à l’occident d’intervenir dans un conflit qu’elle a elle-même monté de toutes pièces pour punir les opposants à son hégémonie. À la suite de son intervention dans la guerre des Balkans, elle a ainsi pu imposer, à la tête d’un Kosovo indépendant, un mafieux notoire, marchand de drogue et terroriste recherché par Interpol. Les exemples sont légions. Est-ce cela, la gauche pragmatique qui me semble reprendre presque mot pour mot les motos de Georges Orwell, « la guerre c’est la paix », « l’ignorance, c’est la force » « la liberté, c’est l’esclavage » ? Au nom de quel principe bancal devrait-on sauver une humanité qui est incapable de se raconter à elle-même la dure réalité à laquelle elle doit faire face ?

Personnellement, j’en viens à la conclusion que je préfère encore vivre dans ma douleur, effaré et solitaire que de me livrer à ce simulacre d’engagement politique « humanitaire » digne de Quisling *10. Peut-être qu’à l’heure de me retrouver devant la bouche des canons, je n’aurai pas le courage de mourir debout et rentrerai dans le rang, mais en attendant, je préfère avoir les « yeux ouverts » pour reprendre l’expression de Marguerite Yourcenar et me taire définitivement plutôt que de cautionner ce prix Nobel de la Honte à Barrack Obama..

*1-Hadrien (…) né le 24 janvier 76 à Rome ou Italica et mort le 10 juillet 138 à Baïes, est un empereur romain de la dynastie des Antonins. Il succède en 117 à Trajan et règne jusqu'à sa mort. Empereur humaniste, lettré, poète, philosophe à la réputation pacifique, il rompt avec la politique expansionniste de son prédécesseur, s'attachant à pacifier et à organiser l'Empire tout en consolidant les frontières.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hadrien

*2 The Paulson-Bernanke-Geithner strategy was based on the realization that maintaining the flow of credit was essential for the economy. But it was also based on a failure to grasp some of the fundamental changes in our financial sector since the Great Depression, and even in the last two decades...(…)… Henry Paulson and company simply didn't understand that the banks had made bad loans and engaged in reckless gambling. (Joseph Stiglitz for CNN)
http://www.cnn.com/2009/POLITICS/01/26/stiglitz.finance.crisis/index.html

*3 The financial industry isn't leaving anything to chance, however. One sign of a newly assertive Wall Street emerged recently when a bevy of bailed-out firms, including Citigroup, JPMorgan and Goldman Sachs, formed a new lobby calling itself the Coalition for Business Finance Reform. Its goal: to stand against heavy regulation of "over-the-counter" derivatives, in other words customized contracts that are traded off an exchange...(…)…The "changes" will do virtually everything the derivatives industry asked for, including guaranteeing the big banks' profits in selling CDS by keeping out smaller competitors.Regulation of over the counter CDS has already failed.
http://www.washingtonsblog.com/2009/05/big-banks-have-already-killed-reform-of.html

*4 Goldman Sachs' 5,500 London staff can look forward to record average payouts of around 500,000 pounds ($800,000) each. Senior executives will get bonuses of several million pounds each with the highest paid as much as 10 million pounds ($16 million)(.London evening standard report)
http://www.thisislondon.co.uk/standard/article-23719394-goldman-sachs-average-pay-and-bonus-to-hit-500000.do

*5 About 2.5 million Americans slipped below the poverty line as recession and layoffs hammered the economy last year,(Joseph Weber)
http://www.washingtontimes.com/news/2009/sep/11/poverty-hits-1-in-8-americans/

*6 The majority of the American people want a single-payer health care system Medicare for all.
(but )…a single-payer health care plan would mean the death of the private health insurance industry and reduced profits for the pharmaceutical industry.(…)None of the declared Presidential candidates with the exception of Congressman Dennis Kucinich (D-Ohio) is supporting single-payer.
(Why Hillary, Obama, Edwards, Romney and Schwarzenegger Don't Support Single-Payer Health CareBy Corporate Crime Reporter)
http://www.counterpunch.org/ccr02212007.html

*7 By their own admission, the vaccine industrial complex has not even performed clinical studies on pregnant animals, let alone pregnant humans! The Canadian Health Ministry has confirmed that there is no data on the use of adjuvanted swine flu vaccine in pregnant women that would warrant administering it.[10] In fact flu vaccines, as with all other vaccines have not been fully tested to determine teratogenic effects, the dangers vaccines have on the fetus.(…). Dr. Marie-Paule Kieny, head of the WHO’s vaccine research department, has stated “Does that mean that it [adjuvanted vaccine] will be unsafe? No. It means that there is no hard evidence that it will be safe.”[11]
Dr. Jefferson states, “There is no study of the vaccines on pregnant women—no randomized clinical trials.”[12] The real impact of flu vaccines’ perils was summarized in an article in the Summer 2006 Journal of the American Physicians and Surgeons (Dr Gary Nuls, Global research)
http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=15669


*8 Michael R. Taylor’s appointment by the Obama administration to the Food and Drug Administration (FDA) on July 7th sparked immediate debate and even outrage among many food and agriculture researchers, NGOs and activists. The Vice President for Public Policy at Monsanto Corp. from 1998 until 2001, Taylor exemplifies the revolving door between the food industry and the government agencies that regulate it. He is reviled for shaping and implementing the government’s favorable agricultural biotechnology policies during the Clinton administration.(Isabelle Kenfield, couterpunch)
http://www.counterpunch.org/kenfield08142009.html.

*9 Le jour de l'annonce de l'abandon du système prévu par l'administration Bush, Washington avait précisé qu'il comptait déployer en 2015 en Pologne et en République tchèque des missiles SM-3, conçus pour détruire des missiles à courte et moyenne portée, dans le cadre d'un nouveau système antimissile. Mary Sibierky Agence France-Presse
VarsovieLa presse 21 octobre 2009
http://www.cyberpresse.ca/international/200910/21/01-913558-la-pologne-participera-au-nouveau-projet-de-bouclier-americain.php

*10 Vidkun Quisling, fils d'un pasteur de l'Église de Norvège, est issu d'une vieille famille du comté de Telemark. (…)De 1921 à 1925, attaché militaire à Petrograd puis Helsinki, il travaille pour des causes humanitaires, que ce soit au service des prisonniers de guerre allemands et austro-hongrois en Russie, des civils russes pris dans la tourmente de la guerre civile, ou des populations des Balkans. Il travaille notamment avec Fridtjof Nansen venu accomplir pour la croix-rouge des missions d'aide aux victimes de la famine en Russie soviétique (…) Ministre de la défense en Norvège de 1931 à 1933, il se distingue en envoyant la troupe pour réprimer une grève; cette action aboutit à son départ du gouvernement. Le tournant de sa carrière politique a lieu le 13 mai 1933 avec la fondation du parti Nasjonal Samling (Union Nationale), parti fasciste dont il est le chef, avec le titre de Fører.
.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Vidkun_Quisling

Jean-François Thibaud
19 novembre 2009

vendredi 20 novembre 2009

Crédibilité auto-proclamée des médias : Faut le woère pour le croère

Quelques infos cette semaine en journalisme :

"Le journaliste du Devoir Brian Myles a été déclaré élu au suffrage universel des membres de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), réunis en congrès cette fin de semaine à Sherbrooke."

http://trente.ca/2009/11/bryan-miles-est-le-nouveau-president-de-la-fpjq/comment-page-1/

Je comprends que les bons reporters sont occupés à travailler, mais il me semble que c’est pas une bonne raison pour mettre un des pires pousseux de crayon du Devoir à la tête de la fédération professionnelle des journalistes du Québec. À voir son article sur la théorie du complot du 6 mai 2009, « JFK,VIH, KGB, la désinformation a bien survécu à la guerre froide » j’affirme sans aucune preuve à l’appui, que ça sent les services secrets à plein nez. A qui le tour l’an prochain ? Un duo avec Patrick Lagacé et Richard Martineau ajouterait un peu plus de crédibilité à l’organisme très certainement.

En allant faire une tour sur le site de la FPJQ, on peut prendre connaissance d’un sondage sur la crédibilité des médias:

http://www.fpjq.org/index.php?id=single&tx_ttnews[tt_news]=6292&tx_ttnews[backPid]=1&cHash=28fa7cbd36

Sondage: Les médias sont crédibles

La Chaire de recherche en éthique du journalisme de l'Université d'Ottawa a rendu public un sondage d'opinion sur la crédibilité et la confiance que les Québécois accordent aux médias et aux journalistes.

Quelques résultats:

1-Les médias francophones offrant la meilleure qualité d'information:
Radio-Canada (39%), Quebecor (27%), Gesca (12%), Le Devoir (7%)
2-La crédibilité accordée aux types de médias (est-ce que les choses se sont vraiment ou à peu près passées comme le racontent les médias?):
Télévision (82%), Journaux (75%), Radio (74%), Internet (56%)
3--Est-ce que les journalistes résistent aux pressions du pouvoir politique?
Oui (40%) Non (50%)
4-Est-ce que les journalistes résistent aux pressions de l'argent?
Oui (39%) Non (50%)


Savourez le titre en le reliant aux résultats des questions 3 et 4.

Ensuite savourez les résultats de la première question sur la qualité de l’info :

No1 Radio-Cadenas qui en est rendu a écrabouiller une super-journaliste comme Dominique Poirier en lui faisant parler de tartes et de cosmétique à la radio en après-midi à la manière des années soixante.
No2 Quebecor, dont le journal principal est fabriqué par des scabs du patronat.
No3 La praisse qui obtient ce qu’elle mérite
No3 Le Devoir obtient 7%, lui, qui est pourtant le moins pire des maux.

Enfin, la question 2 se passe de commentaire : faut le woère pour le croère !

jeudi 19 novembre 2009

Claude Dubois, mon chum Dean et les tampons

Dean, le frère de ma voisine, vient coucher avec son fils de 15 ans chez elle assez régulièrement. C’est un ouvrier, un ex-soudeur, très habile menuisier qui boit sa caisse de douze par jour pi qui fume sa dose de pot. Il lui manque plusieurs dents. Il n’a pas de blonde depuis six ans. Son ex est sur le crack. Elle l’a déjà sacré à la porte de chez lui en pleine nuit avec son fils parce que c’était elle qui avait son nom sur le bail et qu’elle était cold-turkey je crois.

Ma blonde tient à faire in genre de mini abri-tempo en dessous du balcon qui donne sur la porte du sous-sol par où je passe avec mes instruments tout l’hiver. Bon. Ok bébé m’a t’faire ton abri. Je me débrouille pas si mal dans les travaux manuels mais pour faire un frame qui a pas d’l’air du diable, vu que c’est assez apparent, pi aussi pasque j’ai une montagne de truc à faire d’ici le début de ma rune de trente jours comme musicien de Nowell, je demande à Dean de me donner un coup de main. J’ai pu de scie ronde pasque je l’ai scrapé dans mon ancien logement en coupant un comptoir. Fa qu’Dean arrive avec sa scie pi sa drill pi y commence à faire le frame en bois pi finalement, je me rend compte que je sers pas à grand-chose. J’en profite pour aller patcher du J-Prock dans la chambre de ma fille pasqu’y’a eu de la grosse jobe de plomberie en octobre.

Fa qu’on travaille de même, lui dewors, su l’frame de bois, moé en d’dans, su les montants de 2X4 qu’y faut que je r’fasse en arrière du J-Prock. Un m'ment d'né, on s’met à jaser H1N1. J’y d’mandes
-Toé tu vas t’faire vacciner ?
-Moé, es-tu fou ? Y m’dit
On rigole, pi j’commence à parler des arnaques des pharmaceutiques pi de la mauvaise foi des journalistes… Pi Dean y s’met à vociférer contre Claude Dubois.

Claude Dubois, pour se mettre dans le contexte, y s’est fait traîner dans la boue la semaine dernière par tous les journalistes « sociaux-démocrates » comme Patrick Lagacé (lui, je l’hais tellement qu’y faut que j’aille dans la cyber-praisse à chaque fois que je veux me référer à lui pour me rappeler de son nom…) Pourquoi ils l’ont traîné dans la boue, Claude Dubois ? Pasque y’a passé devant tout le monde dans la ligne interminable des futurs vaccinés du H1N1 dans un centre commercial des Laurentides. Pi c’est kétchose qui s’fait pas tsé. Passer devant tout l’monde pi faire sa tite-vedette. C’est kétchose qui s’fait pas, c’est sûr, mais si y voulait dépenser trente millions pour aller dans l’espace, y’aurait pas d’problème n’est-ce pas ? Bon.

Claude Dubois, c’t’un homme d’une arrogance extrême. Je l’sais, je l’ai vu aller en arrière d’un stage et ça égalait Michel Pagliaro. C’est pas peu dire. Mais, tsé, moé j’m’en sac. Tout ce que je veux savoir de ce monde-là c’est : Est-tu bonne la toune ou est pas bonne ? Pi là, bin, ça dépend des goûts. Personnellement, je trouve que Pag, y’a fait les meilleures tounes de rock au Québec, pi que Dubois, même si ces textes sont souvent boiteux, y’a des tounes majeures dans not répertoire.

Fa que j'demandes à Dean :

-Tu viens pas d’me dire que le vaccin, c’est d’la marde ?
-Bin ouais
-Fa qu’veux-tu bien m’dire qu’est ce que ça crisse que Dubois y passe devant tout l’monde si l’vaccin y vaut in qu’d’la marde ?
-Euh….

Dans journée, j’m’adonne à écouter Planête-Jazz dans mon char pasque j’essaie de pas trop écouter Radio-Can de ces temps-ci pour préserver ce qui me reste d’équilibre mental. Le présentateur trouve le moyen de faire une joke sur Claude Dubois.

Tsé moé quand je parle du principe des tampons de Bernays* à des universitaires que je fréquente, y m’disent que je fais du délire paranoïde.

Dean,lui, y'a rien voulu savoir que j'y donne de l'argent pour son travail.

-Tu m'as bin aidé pour déménager mon poêle l'aut' fois, non ?

Ça fait drôle pareil, quand on y pense. Y'en a qui sont très bien payés pour fourrer l'monde à tour de bras dans les salles de presse pi les laboratoires pi y'en a d'autres qui sont pas loin de l'itinérance pi qui donnent leu' temps gratis pour donner un coup d'main.

Quelle fabuleuse époque quand même !

*Wikipedia
Edward Louis Bernays, né à Vienne en Autriche le 22 novembre 1891 et mort - à 103 ans - à Cambridge (Massachusetts) le 9 mars 1995, est considéré comme le père de la propagande politique institutionnelle dont il met au point les méthodes pour des firmes comme Lucky Strike et à laquelle il donne le nom de Relations publiques. Il est le neveu de Sigmund Freud. Ses livres abordent des thèmes communs avec ceux de Walter Lippmann, que ce soit la manipulation de l'opinion publique ou bien la fabrication du consentement.

En combinant les idées de Gustave Le Bon et Wilfred Trotter sur la psychologie des foules avec les idées sur la psychanalyse de son oncle maternel, Sigmund Freud, Eddy Bernays a été un des premiers à vendre des méthodes pour utiliser la psychologie du subconscient dans le but de manipuler l'opinion publique.

Pour lui, une foule ne peut pas être considérée comme pensante, seul le ça s'y exprime, les pulsions inconscientes. Il s'y adresse pour vendre de l'image dans des publicités, pour le tabac par exemple, où il utilise le symbole phallique. À la demande de l'industrie cigarettière, qui cherchait à faire tomber le tabou de la consommation du tabac par les femmes, il a notamment organisé des défilés très médiatisés de « fumeuses » jeunes et jolies qui affirmaient leur indépendance et leur modernité par l'acte de fumer en public ("Les torches de la liberté"...).

En politique, il « vend » l'image des personnalités publiques, en créant par exemple le petit-déjeuner du président, où celui-ci rencontre des personnalités du show-biz. Il considère qu'une minorité intelligente doit avoir le pouvoir « démocratique » et que la masse populaire doit être modelée pour l'accepter.

Il est l'une des sources des méthodes ultérieures de propagande. Joseph Goebbels s'est fortement inspiré de ses travaux.

Il a été identifié comme l'un des personnages les plus influents du XXe siècle par le magazine Life

jeudi 5 novembre 2009

Éthique et inepties

Il y'a tellement de textes indignés d'accumulés dans mon dossier de blogue à "pôster", que je ne sais pas par quoi commencer.

Alors pour faire court, je vous laisse avec deux extraits de textes que j'ai lus dans les journaux cette semaine qui me semblent particulièrement éclairants.

Le premier extrait est de Daniel Weinstock, directeur du Centre de recherche en éthique de l'Université de Montréal

http://www.ledevoir.com/2009/11/04/275442.html

Ceux qui remettent en question l'utilité d'une campagne de vaccination en utilisant des arguments qui à première vue méritent d'être discutés se font dire qu'ils seront responsables de morts si leurs propos devaient venir à convaincre quiconque de ne pas se faire vacciner. Il s'agit là d'une énormité qu'il convient de signaler.

On démonise ceux qui posent des questions. On préfère les assimiler faussement aux charlatans qui opposent tout vaccin en toute circonstance plutôt que de répondre calmement, dans le respect mutuel, et au profit de la population québécoise dans son ensemble, à leurs arguments concernant cette campagne de vaccination. Et surtout, on fait comprendre à ceux qui voudraient poser des questions, qui voudraient y voir clair, comme il est du droit de tous de le faire dans une démocratie, qu'ils ont intérêt à garder le silence. Plutôt se taire et emboîter le pas que se faire dire qu'on sera responsable de morts.(...)

Il est cependant essentiel que personne dans notre société ne cède devant la tentation de taire le débat public en installant un climat de peur. Nous avons à long terme plus à perdre de cette peur que de la grippe qui s'installe actuellement au sein de la population.


Le second extrait est tiré de la chronique du "dissident de service" de la Presse, Monsieur Pierre Foglia.

http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/pierre-foglia/200910/30/01-917028-composition-francaise.php

"Les jeunes gens de Projet Montréal, le parti de Richard Bergeron, ne sont pas contents de ma chronique de mardi. Je disais pourtant souhaiter la victoire de leur candidat, ajoutant il est vrai: «Même si c'est un joyeux tata, même si c'est l'homme d'une seule idée.»

Plusieurs s'étonnent douloureusement: vous étiez le dernier, dans les médias, dont on attendait un coup bas.Je vois, jeunes gens, qu'il y a un petit truc que vous ne savez pas à propos des médias. Un petit truc sur lequel les journalistes de tous les grands médias occidentaux s'entendent, qu'ils soient économistes, sportifs, artistiques, de droite, de gauche, écolos, fédéralistes, indépendantistes; ils s'entendent tous sur un truc, celui-ci: les gens qui croient que le 11 septembre 2001 a été orchestré par Washington sont des imbéciles (au mieux).

Dans Les Québécois au volant, c'est mortel, paru en 2005, page 104, M. Bergeron doute très, très fort de l'existence des deux autres avions, celui qui s'est écrasé sur le Pentagone et celui qui s'est écrasé en Pennsylvanie. M. Bergeron conclut: «Il se peut que ce fameux 11 septembre 2001, nous ayons été simplement (simplement!) témoin d'un acte de banditisme d'État aux proportions titanesques.»

Depuis, M. Bergeron nous a dit qu'il a changé d'avis. Soit. Tout le monde peut s'amender. Mais vous vous demandiez, jeunes gens, ce qui n'a pas cliqué avec les médias. C'est ça.

Mardi j'ai répété aussi, après d'autres, qu'il était l'homme d'une seule idée (fixe); ce disant, je ne faisais pas référence au 11 septembre. Je me suis pogné avec M. Bergeron en 1999. Il avait sorti à l'époque une énorme brique, Le dossier noir de l'automobile, qui n'est pas un livre mais un réquisitoire complètement déjanté contre l'automobile. Comme il insistait beaucoup pour que j'en parle, j'ai fini par l'envoyer chier"


Ça a le mérite d'être clair.

***********

Voici ce que j'ai envoyé à Monsieur Foglia ce matin

Votre commentaire sur Richard Bergeron de cette semaine serait seulement pathétique si il n'était pas profondément intellectuellement malhonnête. Son réquisitoire contre l'automobile, même si il vous déplaît, est un livre courageux qui soulève , entre autres, le problème bien concret du financement massif d'un journal comme le vôtre, (qu'on pourrait qualifier au mieux de torchon pour reprendre votre bon mot) par l'industrie de l'automobile.

Quand au 11 septembre, vous avez au moins eu l'honnêteté de parler d'un "consensus occidental", ce qui me laisse croire que vous puissiez envisager qu'il existe ailleurs qu'en occident, d'autres consensus sur cette question.

Peut-être qu'un retour sur les questions ethiques serait approprié pour que vous vous serviez de votre plume d'une façon moins démagogique.Je vous suggère ce texte de Monsieur Daniel Weinstock: H1N1, un climat éthique inquiétant.

samedi 31 octobre 2009

H1N1 prise 3, et ça continue

Cette semaine, la panique H1N1 a été portée à son comble à la suite de l'annonce par les autorités sanitaires de l'Ontario qu'un jeune hockeyeur était mort des suites de complications de la grippe H1N1. Moi qui me demandait par quel hasard incroyable, parmi le très petit nombre de décès à date, un jeune joueur de foootball américain se trouve aussi parmi les victimes.

Aujourd'hui, j'ai eu ma réponse assez raide. Ce sont de grossiers mensonges:

http://lcn.canoe.ca/lcn/infos/regional/archives/2009/10/20091031-133837.html

"Les autorités de la santé ont fait le point concernant les causes de la mort de Evan Frustaglio, ce jeune hockeyeur ontarien décédé la semaine dernière.

L'adolescent de 13 ans avait d'abord été diagnostiqué du virus de la grippe A (H1N1). Puis, on avait laissé entendre qu'il pouvait avoir été atteint de la méningite.

Comme il y avait bien de l'ambiguïté, le directeur national de la santé publique est revenu sur ce cas. Il nous a informés que les parents ne souhaitaient pas demander une autopsie.

Nous n'aurons donc pas de confirmation à savoir si la grippe A (H1N1) qui est à l'origine de son décès"


Les filés pour le vaccin sont de plus de six heures en plusieurs endroits. Les parents se précipitent à Sainte-Justine avec leur bébé au moindre signe de toux à tel point que les hôpitaux envoient des communiqués pour demander aux gens de rester chez eux en cas de symptômes bénins.

Moi, je compatis avec les infirmières. Je pense que c'est la dernière chose dont elles avaient besoin dans ce système de santé en train de s'écrouler. C'est Paul Desmarais qui doit se frotter les mains avec sa Great West et sa London Life qui n'attendent qu'à remplacer notre système universel d'assurance santé.

Si vous voulez vous fendre la pêche, allez voir le topo sur la grippe à l'émission satyrique de CIBL

http://www.musironie.com/

mercredi 28 octobre 2009

H1N1 prise 2, le délire continue

On appris hier qu'un jeune joueur de hockey est mort du H1N1 en Ontario. À l'émission édifiante de Benoit "Islam-religion stupide" Dutrisac, le midi, un chroniqueur a passé plusieurs minutes sur le sujet de la propagation du virus dans les arénas. En effet, selon lui, les cols bleus, qui sont affectés dans les arénas sont encore plus paresseux que lorsqu'ils sont à la voirie. C'est pour eux, le gros party, et c'est pour ça que les vestiaires sont mal mopés. Imaginez le scandale ! J'étais là, au volant de ma bagnole dans le trafic, à essayer de suivre son raisonnement, et, franchement, j'avais du mal. En résumé donc, si des jeunes joueurs de hockey québécois meurent éventuellement de la grippe H1N1 dans les prochains mois, ce sera la faute de ces maudits cols bleus....

Dans un autre ordre d'idée sur le même sujet, aujourd'hui, j'ai eu le temps d'entendre des interviews de spécialistes de la santé par des journalistes sur les retards de livraison de vaccins et les inégalités d'accès selon les régions. Aux lignes ouvertes de Radio-Can, les gens s'indignaient. "Ça tu du bon sang, les voisins vont être servis en premier !" Ce soir, j'ai eu à peine le temps de voir à la télé une demie-minute de topo. Le journaliste nous racontait que des citoyens se butaient à des portes closes, par manque de doses.

Décidément, j'ai vraiment hâte de voir la suite: des citoyens se battant dans les rangs pour avoir leur dose au plus vite. Et dans la file, la voix d'un clairvoyant quelconque qui lancerait: Hey chose ! Y'a 4.5 milliards de doses de prêtes. Attends ton tour comme les autres !...

lundi 26 octobre 2009

H1N1

Samedi dernier, à l'Assomption, je suis tombé sur le journal local. Je venais de me farcir les unes sur le fameux H1N1 toute la semaine. Mais là, je sais pas, ça m'a fait tout drôle...C'était écrit quelque chose du genre:

"la guerre contre la grippe est commencée"....

Encore une autre guerre, me suis-je dit.....

Sûrement basée sur des preuves scientifiques irréfutables, comme les autres, n'est-ce pas ?

Pourtant, y'a du monde aux States qui ont pas l'air d'accord. Ils ont réussit à faire invalider une loi qui forçait les employés des services de santé à se faire vacciner.Y'a même un médecin, Gary Nuls qui poursuit les phamaceutiques:

http://www.youtube.com/watch?v=y3XlJB7J5-o

Encore un "coucou", comme dirait l'autre.

Ce coucou raconte que l'étude des pharmaceutiques sur ce vaccin a écarté les femmes enceintes qui font au -dessus de 103 de fièvre dans les 72 heures suivant la prise du vaccin....

Moi, ça me rappelle cet avion qui rentre dans le pentagone dont les ailes se "vaporisent" sous la force de l'impact et dans lequel on a prélevé de l'ADN pour identifier tous les passagers.

Et tous ces "coucous" qui mettent en doute ces bons docteurs !!!Heureusement qu'ici, on a pas des fous comme ça et que des braves gens comme Amir Khadir montent au front pour donner l'exemple. Si Québec Solidaire était pas si de gauche, je voterais sûrement pour eux !

vendredi 23 octobre 2009

La campagne municipale

Ce qui se passe aujourd'hui à Montréal est un véritable tremblement de terre politique.

La bonne nouvelle c’est que depuis quelques temps, des journalistes de Radio-Canada, Pierre Gravel et Marie-Maude Denis, ont font fait un travail remarquable en exposant au grand jour une corruption municipale systémique gigantesque.

Ce qui prend le devant de la scène au moment où j’écris ces lignes, c’est le financement des partis politiques. C’est bien sûr un problème structurel grave. Les révélations de Benoit Labonté, qui a gagné la chefferie de Vision Montréal l’an passé grâce à des contributions « anonymes » de 200 000 $ achèvent de crever l’abcès. En principe, ce séisme devrait rebondir jusqu’à Québec. Je suppose que, s’il reste un minimum d’illusion démocratique en ce pays, Jean Charest ne pourra pas résister longtemps à la pression d’ordonner une enquête publique. Richard Bergeron dit qu’il y’a moyen de faire de la politique proprement comme Projet Montréal. Moi qui suis membre de son parti, je veux bien y croire, mais s’il remporte cette élection, c’aura été par un concours de circonstances absolument extraordinaires. Je crois quand même, que la démocratie devrait se payer au moins une partie du financement des partis, comme les locaux et les budgets de fonctionnement minimaux, directement à même les impôts.

Mais ce que l’enquête à révélé jeudi dernier c’est que la tarte des contrats d’infrastructures, est séparée à 80 % entre quatorze contacteurs mafiosi et que le dépassement de coûts que représente leur "ristourne" représente 35 % pour le payeur de taxe. En réalité, cette part de marché est obtenue ou maintenue en grande partie tout simplement parce que les soumissionnaires qui ne font pas partie de la « familias » se font casser les deux jambes. Les élus une fois en poste, arrosent leurs généreux donnateurs ou ferment les yeux, pour ne pas exposer ces liens au grand jour ou simplement, pour ne pas se faire exploser la cervelle.

Une autre bonne nouvelle, c’est que les médias devraient lâcher Richard Bergeron sur ses déclarations sur le 11 septembre pour quelques jours et que tout à coup, il deviendra un peu moins hurluberlu. Qui sait, peut-être que même les intérêts corporatistes ne réussiront pas à démolir son projet.

Ce qui me chagrine et qui est le corollaire de ce qui précède, c’est qu’on ne peut pas avoir de débat sur les problèmes encore plus graves de Montréal, ce qui, dans un système démocratique fonctionnel aurait été intéressant. Trois partis avec pour une fois, trois visions différentes.

Union Montréal avec son ex « sympathique » Gérald Tremblay n’est pas encore mort. Malgré sa mollesse, le maire Tremblay a fait quelques bons coups. Je retiens qu’il a réussit à retenir Ville St Laurent et quelques autres villes lors du référendum sur les défusions. Je retiens qu’il a résisté à la privatisation de l’eau que Vision Montréal était en voie de réaliser. Je n’excuse pas son minable appel d’offre des compteurs d’eau en PPP à Dessau, mais me méfie de la Lyonnaise des Eaux qui appartient à Paul Desmarais et qui, n’ayant pas eu le temps de faire un appel d’offre, pourrait mettre la main sur un juteux contrat dans l’avenir, si le prochain maire poursuit dans cette voie.

Suzanne Harel aura beau avoir choisi le mauvais cheval avec Vision Montréal,il faut reconnaitre que, c’est sa venue qui contribue à faire crever l’abcès. Architecte de la grande fusion des municipalités à la fin du dernier mandat du PQ, comme ministre des affaires municipales, elle a mal mesuré à l’époque, le cynisme de son adversaire Jean Charest qui s’est empressé de procéder à la « défusion » de Montréal. Il a même fallut inventer un mot pour décrire cette tragédie. Pendant le référendum, Gérald Tremblay, en voulant retenir les villes, a donné des pouvoirs démesurés aux arrondissements qui ont achevé de créer un monstre ingouvernable. La nouvelle chef, voudrait d’une certaine manière s’amender en redonnant plus de contrôle à la ville centre. C’est son principal cheval de bataille. C'est louable mais ça risque de laisser le simple citoyen complètement indifférent, en plus de concentrer beaucoup d’efforts sur la confrontation avec le mafiosi de Québec, bien en selle, pour au moins quatre ans. Pour le reste, sa venue sur la scène municipale est beaucoup trop précipitée et son programme en souffre.

Quand à Richard Bergeron de Projet Montréal, l’homme est un urbaniste brillant, déterminé et entouré d’une très bonne équipe, contrairement à ce que voulait nous faire croire les médias corporatistes avant la crise. S’il gagne la mairie, ce sera un miracle.

Enfin, malgré tout l’enthousiasme que j’ai pour le projet, il y’a bien des obstacles qui me font croire que sera extrêmement difficile d'obtenir un 1976 municipal. En premier lieu, il y’a la mauvaise volonté de Québec et d’Ottawa. En second lieu, les intérêts corporatistes immédiats liés à l’automobile qui ne se laisseront pas faire sans protester. Enfin, il y'a la crise économique dont on ne voit que le bout de l’iceberg. Il suffit simplement de s’imaginer la différence d’échelle. Pour chaque dollar de contrat de construction municipale, le citoyen doit payer 35 cent de plus à la pègre. Pour chaque dollar de l’économie réelle mondiale, Wall Street, elle, en inscrit 40 sur une ardoise virtuelle. Le produit intérieur brut de la planète tourne autour de 80 trillions. Soit quatre vingt mille milliard. La dette liée aux produits dérivés des banques avoisine cette année un quadrillion et demi. Soit un million de milliards de dollars. Seulement au Canada, le bail out de l'an passé est de 40 milliards.Le système au complet est au bord de l’implosion.

Mon petit doigt me dit qu'il n'y aura pas d'enquête publique sur les agissements des banques, des courtiers et des grandes entreprises dans cette arnaque structurelle endémique pas mal plus grave.

On se souhaite bonne chance.

mardi 20 octobre 2009

Le 11 septembre et le serment d’hypocrate

Adolescent, j’étais féru des romans d’Agatha Christie. Dans mon souvenir, un médecin se trouvant par hasard sur les lieux d’un incident, intervenait pour constater un décès ou porter secours à un blessé ou un malade. Invariablement, il sortait, de sa petite trousse de cuir, tantôt son stéthoscope, tantôt un cachet d’aspirine pour soulager une souffrance bénigne. Voilà pour moi, l’image fixée dans ma mémoire du statut particulier du médecin qui, depuis des siècles est tenu de soulager son prochain en toutes circonstances.

Nous sommes en 2009. J’assiste à un événement familial ou l’on célèbre l’anniversaire d’un médecin de 85 ans. Pendant le bien cuit, son beau-fils raconte l’épisode où, en passant les douanes américaines en 2008, ils sont arrêtés par une dizaine de douaniers en mode alerte rouge. Le motif : le médecin avait mis dans ses bagages, O sacrilège, sa trousse de médecin. Au bout d’une heure, les douaniers avaient finit par se calmer et, après avoir confisqué la trousse, avaient laissent passer les deux voyageurs. Ouf ! Dit le beau-fils, quelle mouche avait piqué, son beau-père ! Si des pirates de l’air sont capables avec des exactos de détourner quatre Boeing, de déjouer le système de défense aérien le plus sophistiqué de la planète, de détruire deux des plus hautes tours du monde et de pénétrer rien de moins que le Pentagone, imaginez ce qu’on pourrait faire avec un tel attirail de scalpels et de ciseaux !

Décidément, depuis ce matin fatidique du 11 septembre 2001, mine de rien, il n’y a pas que des traditions centenaires comme l’Habeas Corpus qui sont parti en fumée. Même le serment d’Hypocrate ne tient plus. Désormais, la petite trousse du médecin des romans d’Agatha Christie est beaucoup plus utile dans les musées.

mardi 12 mai 2009

Manif

Lundi midi je me suis pointé à une manif organisé par le Réseau de Résistance du Québécois contre la nomination de Michael Sabia à la Caisse de Dépôt. Le réseau est affilié au journal le Québécois, que pilote Patrick Bourgeois et Pierre-Luc Bégin. Je vois tout de suite le citoyen ordinaire grincé des dents juste à entendre parler de ce mouvement toujours décrit par les médias comme un "groupuscule d’agitateurs radicaux" qui fait pourtant un travail assez impressionnant avec des moyens minuscules.

Nous étions donc une poignée de zoufs, une soixantaine, avec Pierre Falardeau et son sourire narquois, une coupe de journalistes, deux, trois chars de polices. On a fait du bruit devant la caisse de dépôt, devant le siège social de Power Corporation et on a fini en se défoulant devant les locaux de la grosse Presse à Desmarais. Vraiment pas de quoi ébranler les colonnes du temple !

De quoi s'agit-il au juste ?

Michael Sabia, un homme de main de Power Corporation vient d’être nommé par Jean Charest à la tête de la caisse de Dépôt. Cette caisse, vient de perdre 40 milliards dans la débâcle boursière, grâce aux bons soins de Monsieur Henri-Paul Rousseau, un ex-nationaliste recruté par l’ex-premier ministre Bernard Landry et qui, comme par hasard, a quitté le navire juste avant la débâcle, avec parachute doré juteux, pour aller se placer les pieds avec un salaire faramineux chez… Power Corporation.

La Caisse de Dépôt, c’est essentiellement, l’œuvre de Jacques Parizeau, l’un des économistes le plus important du dernier demi-siècle au Québec. Le mandat initial de la caisse était de centraliser les fonds de pensions de tous les travailleurs et de se servir de ce fond pour investir majoritairement dans les entreprises québécoises.

Jean Charest en prenant le pouvoir, a changer radicalement le mandat de la caisse et sa structure : le sous-ministre des finances qui administrait le fond est dégommé au profit d’un conseil d’administration autonome. De plus, ordre lui est donné de privilégier le supposé « rendement » au détriment des investissements au Québec. Résultat, la caisse investit désormais un maigre 10 % au pays, et dilapide le reste dans des projets d’oligarques mafieux en Russie ou d’aéroport privatisé en banqueroute en Angleterre ! Il investit la part du lion à l’automne 2008 dans les fameux PCAA qui s’écroulent, comme par hasard la semaine suivante.

Dans le livre l’État Desmarais, Robin Philot explique comment, du petit acheteur de compagnie d’autobus en Ontario, Paul Desmarais, en se servant principalement des leviers financiers offert par la nouvelle force de l’état québécois est devenu aujourd’hui actionnaire majoritaire de Total Elf Fina, la troisième compagnie pétrolière au monde. C’est lui qui a fait élire Jean-Charest au Québec et Sarkozy en France. Le père Bush lui rend visite dans son domaine de Sagard. Toute sa vie est consacrée à la démolition du mouvement indépendantiste québécois.

Michael Sabia, lors de sa nomination, est allé négocier au nom de l’État québécois dans les locaux de Power ! Un fait sans précédent dans l’histoire du pays.

Et les honnêtes citoyens qui lisent les journaux, répètent que tout ceci ne s’explique que par l’appât du gain. (greed en Anglais). Nul doute que les bandits cravatés agissent sans aucune pensée pour les dégats qu’ils causent aux travailleurs du Québec. Mais de là à dire qu’il n’y’a aucune planification dans ces manœuvres grossières, il y’a un pas que je refuse obstinément de franchir.

Et voilà pourquoi je manifeste comme un cave avec soixante pelés et deux tondus au coin d’une rue… pendant que j’ai encore le droit de le faire.

Et j’imagine, du haut de leur tour à Bureau, Paul Desmarais, Jean Charest et Michael Sabia en train de se marrer.

Mais comme l’a bien dit Guillaume d’Orange : il n’est point besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer.